Décharge de Médiouna: des associations interrompent les travaux d'une session du Conseil de la ville
Jeudi 18 octobre, les travaux de la session ordinaire du Conseil de ville de Casablanca ont été interrompus par un collectif associatif pour la protection de l’environnement, qui dénonce la situation de la décharge de Médiouna et la pollution qu'elle cause. De leur côté, les membres du Conseil estiment avoir fait le nécessaire pour trouver une solution à cette "bombe écologique". Les détails.
Portant des masques chirurgicaux, une vingtaine de personnes ont perturbé les travaux du Conseil de ville de Casablanca qui tenait sa session ordinaire ce jeudi 18 octobre, afin de montrer leur exaspération quant aux promesses non tenues dans le dossier de la fermeture de la décharge sauvage de Médiouna et de mise en place d'une nouvelle décharge contrôlée.
«En dépit de nos multiples sollicitations, la question de la décharge de Médiouna ne figure même pas à l’ordre du jour, ce qui montre le peu de cas qu’en fait le Conseil de ville. Pour ses membres ce n’est pas un dossier prioritaire, alors que pour les riverains – et les Casablancais de manière générale - c’est un crime contre la nature et l’humanité», tempête Hanane Bouzil, présidente du Collectif pour la protection de l’environnement (CPE), très actif à Bouskoura.
Qualifiant la décharge de bombe écologique, Hanane Bouzil pointe du doigt ses effets néfastes: odeurs pestilentielles, recrudescence des maladies respiratoires, menace pour la nappe phréatique, danger pour la forêt de Bouskoura et les terres agricoles limitrophes,… Autant de maux qui accablent aussi bien Bouskoura que Casablanca. La présidente du CPE appelle d’ailleurs les Casablancais à «se mobiliser et à manifester, car on veut juste respirer».
Fait nouveau, le CPE a été rejoint par des associations actives à Casablanca. Une trentaine d’entre elles étaient représentées aujourd’hui lors de cette action de protestation. Le maire de Casablanca, Abdelaziz El Omari, a tenté d’en minimiser l’impact en pointant du doigt les velléités politiques de certains membres associatifs…
Mais qu’en est-il réellement de l’évolution du dossier de la décharge ? Lors d’une réunion tenue en janvier 2018, en présence de l’ancien wali Khalid Safir, les membres du CPE s’étaient vu promettre la construction d’une plateforme de stockage en juin 2018 et la fermeture de l’ancienne décharge en décembre 2018, ainsi que la construction de 2 unités de valorisation à Mohammédia et Berrechid pour un coût de 2 MMDH.
A ce jour, aucune de ces promesses n’a été tenue. Mohamed Haddadi, 3e vice-président en charge du nettoiement à Casablanca, a refusé de s'exprimer à chaud, privilégiant programmer une rencontre pour traiter le sujet en profondeur.
Abdessamad Haiker, 1er vice-président du Conseil de ville de Casablanca, a tenté de relativiser le retard accusé: «Nous sommes confiants en l’aboutissement prochain du dossier de la décharge, probablement début 2019. Les dossiers présentés par les 11 sociétés, ayant répondu à l’appel à manifestation d’intérêt, sont à l’étude actuellement. Le Conseil de ville insiste particulièrement sur le choix d’une méthode de valorisation adéquate. Des membres ont d’ailleurs visité des capitales européennes pour benchmarker les meilleures techniques en la matière. Les déchets sont une source de richesse lorsqu’ils sont valorisés, et il est anormal que Casablanca se prive d’une partie de ces richesses».
Ce qui est certain c’est que la solution retenue devra prendre en compte aussi bien les problématiques environnementales actuelles que futures. Casablanca produira en effet plus d’un million et demi de tonnes de déchets ménagers par an dès 2020, et plus de 2 millions de tonnes par an à l’horizon 2035…
Ci-dessous la vidéo de l’interview complète de Abdessamad Haiker, 1er vice-président du Conseil de ville de Casablanca (la problématique de la décharge de Médiouna est abordée à la 19è minute).
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