La classe moyenne est en crise dans l'indifférence du gouvernement, accuse Nizar Baraka
Lors d’une rencontre avec les militants du parti de l’Istiqlal dans la région de Casablanca-Settat, le samedi 21 juillet, Nizar Baraka a livré un exposé des plus critiques sur les actions du gouvernement envers la classe moyenne.
«S’intéresser à la classe moyenne ne veut pas dire laisser de côté la lutte contre la pauvreté et la réduction des disparités sociales. Pour nous, accorder une attention particulière à la classe moyenne, l’élargir, l’agrandir et la renforcer, contribue justement à la réduction des disparités sociales et la création d’opportunités d’ascension sociale», explique le secrétaire général du parti de l’Istiqlal.
Pour lui, «la classe moyenne est importante, car c'est elle qui assure la stabilité du pays. Dans le monde entier, elle est considérée comme la soupape de sécurité d’un pays. C’est un acteur majeur pour la croissance».
Or force est de constater que cette «classe moyenne souffre aujourd’hui». La demande qui augmentait de 5% a ralenti son rythme à 3 %, c’est ce qui fait que notre croissance a également baissé.
Au cours des sept dernières années, la classe moyenne a été ciblée alors qu’elle n’est pas assez forte, tance le SG du parti de la balance. Sur cette même durée, son pouvoir d’achat a baissé à cause de plusieurs facteurs dont:
- La suppression des subventions sur les hydrocarbures et la libéralisation des prix,
- L’augmentation des prix de l’eau et l’électricité,
- L’augmentation des loyers (10% tous les trois ans),
- L’augmentation chaque année des tarifs des écoles privées. Il y a une particularité à Casablanca. Alors que le pourcentage des enfants dans le primaire privé est de 16% au niveau national, il est de 40% à Casablanca et de 71% à Anfa.
- Les frais de santé ont augmenté. Même si les familles disposent d’une couverture médicale, elles assument 40% des frais liés à la santé.
Tous ces facteurs, cités par Nizar Baraka, font en sorte, selon lui, que la classe moyenne est en crise.
«Le phénomène du boycott est une forme d’expression de cette classe moyenne pour dire qu’elle n’a plus la capacité de supporter, et que le gouvernement doit jouer son rôle pour dépasser cette crise», explique Baraka.
Ce dernier rappelle qu’en réponse à ce cri d’alerte, le parti, à travers ses deux groupes parlementaires, a déposé un mémorandum au chef du gouvernement dans lequel il propose «de répondre aux attentes des Marocains, améliorer leurs revenus, stopper la hausse des prix, développer l’emploi, baisser l’impôt sur le revenu…»
«Quelle a été la réponse du gouvernement? Merci pour cette initiative citoyenne. Vos propositions sont intéressantes, une partie est actuellement en discussion dans le cadre du dialogue social», avance Baraka.
Et d’ajouter: «Le gouvernement nous dit: on va y aller doucement. On attendra 2019 et on verra ce qu’on peut faire».
Le secrétaire général du parti de l’Istiqlal va jusqu’à remettre en cause certaines des propositions du gouvernement: «l’augmentation proposée par le gouvernement ne concerne qu’une partie des fonctionnaires et elle est de 300 DH à raison de 100 dirhams par année en 2019, 2020 et 2021 qui est une année législative. Est-ce qu’une augmentation de trois dirhams par jour est une réponse aux problèmes quotidiens que vit la classe moyenne? Est-ce ainsi que nous démontrons qu’il y a une véritable volonté d’interagir avec les attentes des Marocains? Bien sûr que non. C’est désolant».
Pour l’ex-ministre des Finances, le gouvernement a ignoré les citoyens et toutes leurs protestations. «Le mouvement de boycott a démarré il y a trois mois, et le gouvernement n’a toujours pas apporté de réponse».
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