Cession de la Samir: indécision, impasse et impatience!
Tous les acteurs sont excédés. La Samir appartient désormais à la collectivité. La liquidation bat de l'aile. L'impasse menace. Les audiences vont de report en report. L'Etat devra-t-il intervenir? Après tout, une partie des créances, la plus importante, appartient aux contribuables.
"Rien de nouveau", "statu quo", "une question de temps", "y'en a marre!"… Ce lundi 9 octobre, les tenants du dossier la Samir résument, chacun à sa manière, l'état dans lequel se trouve le processus de la cession. Aucun candidat au rachat n'a déposé de garantie. A l'issue d'une nouvelle séance d'examen des offres, le juge-commissaire a rallongé le délai au 16 octobre. Et il n'y avait pas foule à l'audience du lundi 9 octobre. Il y avait même très peu de monde.
D'une rallonge à l'autre, les prémisses de l'échec se précisent, tandis que la prorogation judiciaire de l'activité de l'entreprise s'achève le 21 octobre. Au tribunal de commerce de Casablanca, on pouvait croiser, à intervalle régulier, les équipes ou les avocats de tel ou tel candidat. Ces occasions deviennent de plus en plus rares.
L'impasse est claire, mais ses causes sont floues et chacun désigne un coupable. Pour cette source proche du dossier, "la cession pouvait être bouclée dès le premier mois. Mais on a trop tergiversé."
La "complexité" et "l'opacité" de la procédure, "les conditions posées" conjuguées à "la réticence des banques", "la rétention et la sélectivité de l'information", mais aussi "les contraintes liées aux multiples déplacements" ont découragé beaucoup de candidats, estiment nos différents interlocuteurs.
Mais les offreurs ne sont pas en reste. "Aucun n'a réussi à convaincre sa banque de lui fournir une caution. Ce qui interroge la crédibilité des candidats eux même", indique une source informée.
Le montant de la caution a été fixé à 1% de l'offre globale, alors que les offres oscillent entre 25 et 30 MMDH. "L'un des candidats a affirmé avoir obtenu une caution auprès de la Banque centrale populaire, mais ne l'a jamais déposée. Personne ne s'est présenté, même en sachant que le paiement de la somme principale serait échelonné dans le temps", insiste notre source.
Constatant le blocage, le juge-commissaire avait pourtant assoupli ses conditions, en réclamant une autre forme de garantie. A défaut de cautions, les candidats ont été invités à déposer, par chèque ou en espèces, un pourcentage négociable du montant total. Là aussi, avec échelonnement du paiement sur plusieurs années. Mais également, sans succès.
Pour le juge-commissaire, auquel certains reprochent une certaine rigidité, difficile de faire plus. La cession judiciaire est un processus très cadré. La garantie est une condition légale. Son défaut vicie la vente.
Selon une autre source, le blocage s'explique par le profil même de la Samir, peu attractif aux yeux des investisseurs étant donné la situation actuelle d'un marché marocain tourné vers l'import. "Pour un investisseur, il est inconcevable de déposer des milliards en sachant qu'il ne les rentabiliserait que sur dix ans minimum", observe-t-elle, ajoutant "que la relance ne peut être justifiée que dans le cadre de la politique générale de l'Etat".
Pour schématiser, le tribunal veille au respect de la loi. Il est censé obtenir le meilleur prix de ce bien. Mais cela n'exclut pas le recours à des experts de la vente.
La Samir est un outil industriel périssable. Chaque semaine qui passe menace son existence. Le délai de péremption d'un yaourt est de deux ou trois jours jours. Celui d'un sac de grenades est d'une semaine. Celui d'une voiture, de quelques années. Celui d'une raffinerie est entre les deux, lorsqu'elle est à l'arrêt.
Une raffinerie à l'arrêt ne se stocke pas. Elle s'entretient et se vend aussi vite que possible.
Le syndic s'est retrouvé presque seul. Il n'avait pas les moyens d'acheter du pétrole pour faire tourner, a minima, "sa" raffinerie et lui donner davantage de valeur. L'Etat ne semble pas l'y avoir aidé.
Mais il s'y est également mal pris.
Une vente est un processus dont les étapes sont connues: valoriser le produit, le rendre attractif, le faire connaître (road show à l'étranger et, pourquoi pas, mesures réglementaires pour le rendre plus séduisant), une mise en concurrence, un appel d'offres, un contrat juridiquement inattaquable, des précautions pour être sûr de se faire payer.
Les choses n'ont pas été faites ainsi. L'Etat risque de perdre au moins 15 ou 16 milliards de créances. Sans compter les créanciers privés. Est-il trop tard pour que l'Etat intervienne? Non, juridiquement il le peut. Politiquement et socialement, il le doit.
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