Tractations gouvernementales. Voici le scénario le plus probable
Médias24 n’a pas l’habitude de se livrer aux spéculations, ni aux conjectures. Si nous évoquons des probabilités, c’est bien parce que tous les indices vont dans le même sens. Voici, de sources concordantes, le scénario le plus probable.
>Un gouvernement sans Istiqlal.
Sans Chabat, cela aurait pu être possible. Avec Chabat, c’est impossible.
Hamid Chabat ne démissionnera pas dans les prochains jours, ou alors ce serait le coup de théâtre du siècle.
Benkirane a compris que Chabat ne peut pas entrer au gouvernement, ni l’Istiqlal tant qu’il est dirigé par lui.
L’homme est imprévisible et versatile, on le savait (voir vidéo ci-dessous). Mais là, son entrée au gouvernement se heurte à un intérêt supérieur, celui du Maroc engagé dans le processus de retour au sein du cénacle africain. Même le président mauritanien a diplomatiquement exprimé ses réserves au sujet d’un gouvernement marocain dans lequel siègerait un homme qui remet en cause les frontières de son pays.
Le soir du jeudi 29 décembre, à l’issue d’une rencontre avec Benkirane, Nabil Benabdellah a exprimé l’état d’esprit dans lequel se trouve ce dernier. On en comprend que le contexte a changé, les déclarations de Chabat ont créé un nouveau contexte qui délie Benkirane de ses engagements. Chabat a fini par donner raison au RNI qui se méfiait de lui.
>Un gouvernement comprenant six partis.
Le gouvernement sera probablement constitué du: PJD, PPS, RNI, UC, MP et USFP. Cela lui donnera une majorité très confortable.
L’idée de base est la reconduction de la majorité sortante. Mais le RNI est dans un processus de rapprochement qui devrait aboutir à une fusion avec l’UC. Et l’USFP élargirait le champ de la majorité, surtout que le courant passe bien entre Lachguar et Benkirane.
>Les prochaines étapes.
Le PJD réunit ce week end son secrétariat général et devrait délier Benkirane de son engagement à l’égard de Chabat.
Ensuite, dernier tour de piste pour conclure avec les différentes composantes.
Des sources bien informées évoquent l’éventualité d’une charte éthique et d'une plate-forme d'actions signée par tous.
Les différentes composantes évoqueront alors l'architecture du gouvernement, le nombre de portefeuilles et au final leur répartition.
Le gouvernement pourrait être installé à la mi-janvier au plus tard, sachant que le contexte international est pressant.
>Le sort de Chabat.
Le sort de Chabat est entre les mains de ses troupes. Et le sort de l’Istiqlal est entre les mains de Chabat.
La défiance à l’égard de Chabat grandit et les rumeurs les plus folles courent au sein du parti.
Samedi 31 décembre, doit se tenir un Conseil national convoqué par le secrétaire général, Hamid Chabat. Le président Taoufik Hejira récuse la légalité de cette convocation.
Hejira ne viendra pas, ne présidera pas la réunion, et d’autres dirigeants boycotteront la session.
On ne sait pas ce qu’il adviendra de ce conseil, dans quelles conditions il aura lieu ni ce qu’il décidera. Ce qui est certain, ce sont les innombrables rumeurs et spéculations qui alimentent les conversations.
Si Hamid Chabat ne démissionne pas (c’est hautement improbable), il ne pourra être démis que par un congrès. Le 17e congrès est prévu pour le mois de mars. Mais Chabat peut gagner une année supplémentaire sur la durée de son mandat en convoquant rapidement un congrès extraordinaire.
Le sort de l’Istiqlal dépendra de ses militants. Dans les prochaines semaines, il y aura beaucoup de polémiques et de violence. Chabat ne se laissera pas faire. Mais ce n’est le sort de Chabat qui se décide, c’est celui de l‘Istiqlal.
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