Zénata. Le relogement in situ ne concernera que les cabanoniers permanents et vulnérables
Le torchon brûle une nouvelle fois entre les 650 cabanoniers de Zenata et la SAZ, société d'aménagement de Zénata. La brouille entre les deux parties? Le relogement et le barème d'indemnisation. Sur les 1.660 ha constituant l’assiette foncière destinée au projet de la ville nouvelle de Zénata, les 650 cabanons occupent 50 ha appartenant aux Domaines.
Mardi 28 novembre, une marche de protestation a été organisée par l’association des cabanoniers de la plage Ouled Hmimoun. Elle fait suite à un courrier envoyé quelques jours auparavant au directeur des Domaines. Dans ce courrier, l'association expose de graves accusations: le 4 novembre, une équipe de quatre malfrats accompagnés d’un garde de la SAZ ont pénétré dans un cabanon avec des massues et l’ont détruit en partie et qu’une plainte a été déposée.
"L’association a le droit de porter plainte si elle le souhaite, mais nous insistons sur le fait que toutes les procédures d’expropriation ont respecté la réglementation en vigueur et ont été faites en partenariat avec les autorités locales, mais aussi suite aux différents jugements rendus par les tribunaux de Casablanca", commente la SAZ, dans une déclaration à Medias24. Les décisions d’expropriations ont été publiées au B.O. en 2013.
En dehors de cet incident, le principal point de discorde entre les deux parties concerne les barèmes d’indemnisation.
La commission d’évaluation composée de la direction des Domaines, de l’autorité locale, d’un représentant du ministère de l’Habitat et de l’Agence urbaine de Casablanca avait fixé 600 DH/m2 pour les cabanons en préfabriqué et 1.000 DH/m2 pour les cabanons construits en béton.
"Après un jugement en première instance favorable aux cabanoniers, suite au rapport d’un expert assermenté, la cour d’appel s’est prononcée en faveur de la direction des Domaines pour l’ensemble des cabanons dont certains sont allés en cassation. C’est toujours en cours", raconte Jean-Michel Raynaud, président de l’association.
Pour réviser les barèmes des indemnisations, ces cabanoniers mettent en avant le fait qu’ils sont installés sur place depuis plus de 50 ans, pour certains à titre de résidence principale.
Le relogement, autre source de division
Dès les années 60, les Eaux et forêts avaient délégué aux habitants l’autorisation de bâtir, à condition de construire des digues pour protéger les cultures et fermes avoisinantes. Un grand nombre de résidents détiennent à cet effet des documents délivrés par les autorités de l’époque", poursuit-il.
"La direction des Domaines procède à l'exécution des ordonnances des prises de possession prononcées par le tribunal administratif", répond la SAZ.
A date d’aujourd’hui, les cabanoniers réitèrent les doléances de 2013, hiérarchisées par ordre de priorité:
-Relogement par l’intégration au projet de la ville nouvelle.
-Octroi à chaque propriétaire d'une superficie entre 150 et 200 m2 sur la même plage, avec obligation de leur part de respecter le plan type proposé.
-Révision de l’indemnisation.
"La loi 7-81 ne permet pas une solution de relogement. Pour leur part, les variations des prix d’expropriation ne sont pas gérées par la direction des Domaines, ni par une autre entité, mais sont plutôt arrêtées par les juges", précise la SAZ.
Seuls les cabanoniers jugés vulnérables et résidents permanents profiteront d’une solution de réinstallation in situ dans le cadre d’un plan d’action de réinstallation globale, "lui-même intégré dans la politique de villes sans bidonville", tient à préciser la SAZ.
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