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Mostafa Yahyaoui: “La FGD a supplanté l'USFP dans 13 grandes villes”

Une semaine après le scrutin, certains résultats (voix par parti, abstention …) ne sont pas encore connus. Interrogé par Médias24, Mostafa Yahyahoui, expert en géographie sociale, livre sa première grille de lecture.

Mostafa Yahyaoui: “La FGD a supplanté l'USFP dans 13 grandes villes”
Samir El Ouardighi
Le 14 octobre 2016 à 16h47 | Modifié 14 octobre 2016 à 16h47

Médias24: Sur quelle base, avancez-vous un chiffre non publié par le ministère de l’Intérieur?

Mostafa Yahyahoui: Les bulletins nuls et ou blancs lors du scrutin du 7 octobre 2016, étaient de 942.155, selon les résultats des listes nationales que j'ai obtenues auprès de sources partisanes.

Lorsqu'on croise les résultats de la liste nationale avec un échantillon de 35% de ceux des listes locales, on atteint 1,1 million de bulletins nuls ou blancs. C'est un chiffre temporaire, mais je pense que la marge d’erreur statistique n’excèdera pas les 5%.

La comparaison avec les scrutins précédents montre d’ailleurs que le nombre de ces bulletins n’a pas vraiment changé, car il oscillait entre 1,3 million de nuls ou blancs en 2011 et 0.9 million en 2015.

-Certains résultats du 7 octobre dernier reflètent ceux des précédents scrutins?

-Effectivement, ils étaient prévisibles, car ceux du scrutin régional en septembre 2015 montraient déjà une recomposition du champ partisan marocain, où le PJD et le PAM avaient obtenu plus de 2,9 M de voix, soit 47% du volume total des voix exprimées pour l’ensemble des partis politiques.

Leur score de 2015 laissait déjà augurer leur prééminence actuelle et un bouleversement de l’espace conventionnel par une consolidation électorale des deux gagnants.

-L’année 2015 a donc donné le signal de la recomposition du champ politique?

-Le changement structurel du 7 octobre dernier est une grande nouveauté, mais ce mouvement a été amorcé lors du scrutin des régionales et des communales de 2015.

Le principal enseignement de cette transformation est que les deux partis gagnants ont stabilisé la confiance de leurs électeurs en 2016. Au final, il n’y a pas de vraie surprise, mais une simple opération de fidélisation et de mobilisation électorale que ces partis ont menées à bien pendant une année.

Je pense que cette dynamique partisane va se confirmer dans l’avenir, car les autres partis ont perdu la main face au PJD et au PAM.

-Comment expliquez-vous l’avancée de ces deux partis?

-Concernant le PJD, ce parti a su indéniablement renouveler son réservoir électoral, car il est passé de 1 million d’électeurs en 2011 à 1.670.364 voix lors des élections régionales du 4 septembre 2015. Lors du scrutin du 7 octobre 2016, selon les résultats des listes nationales, il a eu 1.208.103 voix, sachant que le taux de participation était inférieur à celui de 2015.

Le PAM a négocié l’intégration d’un électorat classiquement acquis à d’autres partis comme ceux de l’ex-Koutla (USFP, PPS, PI) qui ont perdu 32 positions géographiques ou de l’ex-G8 (RNI,UC,MP) qui ont perdu 16 territoires. C’est donc le recul de ces anciens blocs qui expliquent l’avancée du PAM.

-Quels sont les partis qui risquent de pâtir de cette reconfiguration électorale?

-La montée en puissance du PAM et la participation de la FGD au dernier scrutin risquent de nuire considérablement à la gauche traditionnelle et aux partis dits de l’administration.

L’intégration politique de la FGD a surtout fait du mal à l’USFP et au PPS. Ainsi, dans 38 circonscriptions, le nouveau venu a réalisé un meilleur score que l’USFP et l’a empêché de décrocher des sièges habituellement à sa portée. Idem pour le PPS,, qui a été bousculé dans 39 circonscriptions. La FGD a supplanté le parti de la rose dans 13 grandes villes comme Casa, Tanger, Oujda, Settat …

-C’est donc la gauche traditionnelle qui doit se sentir le plus menacée?

-La montée en puissance du PAM qui lui fait de la concurrence sur le terrain et la montée en douceur de la FGD constituent les défis auxquels elle devra faire face pour survivre.

-Qu’en est-il des autres partis?

-Hormis ceux de la gauche traditionnelle, il y a incontestablement un danger qui guette les partis de l’administration, car à terme, ils peuvent être absorbés par le PAM.

Le récent choix tactique ou stratégique d’une possible fusion RNI-UC n’est qu’une tentative de résister à la recomposition en cours. La création d’un groupe parlementaire commun est une anticipation pour éviter une OPA du PAM et contrecarrer son leadership sur les partis de l’administration. 

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Samir El Ouardighi
Le 14 octobre 2016 à 16h47

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