Hamid Addou: “La nouvelle stratégie de la RAM s’inscrira dans la rupture”
Pour la première fois depuis sa nomination, le PDG de la RAM a rencontré la presse pour une séance de questions-réponses. En janvier 2017, la compagnie nationale proposera une nouvelle vision stratégique que le gouvernement devra valider.
Lors d’une rencontre avec des journalistes, ce mardi 20 septembre, Hamid Addou a annoncé que sa compagnie a lancé le 1er août dernier, une étude qui servira de base à une vision stratégique de la RAM.
Les recommandations qui seront prêtes en janvier 2017 seront ensuite transmises au gouvernement, qui devra les examiner et les valider pour servir de base à un nouveau contrat-programme RAM-Etat.
Interrogé par Médias 24, sur la différence entre le mandat de Driss Benhima et le sien, le président a salué l’action de son prédécesseur, qui "a su résoudre les problèmes financiers de la RAM", en ajoutant que son action à lui s'inscrira dans la rupture, concernant la relation de la RAM avec sa clientèle".
Le PDG a expliqué son silence médiatique par une volonté de prendre ses marques et de prendre le temps de faire des propositions constructives pour l’avenir de la compagnie qu’il préside.
Achat d’avions, création de lignes vers de nouvelles destinations (Chine, Russie …), participation de Qatar airways au capital de la RAM, le président a préféré botter en touche et attendre la publication de la future feuille de route, qui déterminera les marchés et la clientèle à développer.
Rédigé par les équipes de la RAM, de l’ONMT, du ministère de tutelle du transport et d’un cabinet étranger de conseil, le contenu de la vision sera transmis au gouvernement, qui tranchera en juin ou juillet 2017.
Ce n’est donc qu’après la validation des recommandations de l’étude par le gouvernement, que l’on saura si la RAM restera dans une logique de rentabilité ou changera de modèle, avec une politique plus agressive que celle du dernier contrat-programme 2011-2016 de l’ère Driss Benhima.
Malgré sa prudence sur le scénario final, Addou avance que sa compagnie devrait suivre les traces de la Turkish Airlines: "C’est un exemple à suivre, car en moins de 10 ans, elle est passée d’une flotte de 54 avions, comme la RAM actuellement, à plus de 300, qui desservent le monde entier".
Selon lui, la grande question que posera la future stratégie sera de transformer ou pas la RAM, en un acteur majeur du tourisme et des investissements étrangers.
Concernant le déficit d’image de la compagnie auprès de ses clients, il a affirmé qu’une nouvelle stratégie de communication serait engagée pour que le client ne se sente plus abandonné. Il s’est cependant félicité du fait qu’en neuf mois (depuis son arrivée donc), le taux de ponctualité des avions était passé de 80 à 84% et que les réclamations étaient traitées en 10 jours au lieu de 28.
"Nous avons créé un pôle client, car nous avons un vrai déficit de communication dans les moments de crise (période de pointe, avion annulé ou en retard) mais nous avons dû gérer une année catastrophique avec les grèves des aiguilleurs en France et les attentats", précise notre hôte.
Répondant à une question sur la polémique des jeunes pilotes qui payent la compagnie pour piloter ses avions, le président a affirmé que cette pratique de "stage" était courante dans la profession.
"A l’heure actuelle, la RAM a deux pilotes qui payent environ 100.000 DH pour obtenir leur certification par l’aviation civile, après un stage d’un an. Nous n’en avons pas repris d’autres, mais dans la passé, nous en avons recruté plusieurs, qui se sont distingués par leur compétence".
Le président a déclaré que pour remédier au déficit de pilotes (dû à la fermeture de l’école de la RAM), la compagnie garantissait les prêts étudiants des futurs pilotes de l’ENAC (Toulouse) et leur accordait une bourse pour leurs études.
Revenant sur les grandes lignes de la future feuille de route, il a poursuivi que la compagnie nationale proposera pour le long terme "l’ouverture d’une école marocaine de pilotage, mais que c’était au gouvernement de trancher cette question, car la RAM ne peut pas l’assumer seule".
Il faudra donc attendre l’année 2017 pour en savoir plus sur la feuille de route des cinq prochaines années du nouveau président, qui a révélé que la compagnie serait légèrement bénéficiaire en 2016.
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