Mezouar: “Durant les cinq dernières années, le politique a pris le dessus sur l'économique”
Ce vendredi 16 septembre, le mouvement Damir a invité au débat le numéro 1 du RNI au complexe culturel Al Hamadani à Casablanca. D'autres leaders des principales formations politiques devront à leur tour débattre avec le mouvement, du 19 au 23 septembre. Florilège.
Salaheddine El Ouadie, Ahmed Assid et Mohammed Benmoussa ont à tour de rôle interpellé Salaheddine Mezouar. Hormis les journalistes et les leaders du parti de la colombe, la salle était quasi-déserte.
"Le taux de remplissage de cette salle est à l'image de celui de la participation aux législatives" a lancé sur un ton ironique Mohammed Benmoussa, trésorier du mouvement Damir et chargé du pôle économique et social des débats. Et pourtant, le débat était intéressant, à en juger par les questions des modérateurs et les réponses du patron du RNI.
Voici notre sélection des propos tenus par Mezouar:
>Politique.
"Je rappelle que le gouvernement sortant est une coalition et non pas une alliance."
"Il reste encore du chemin à parcourir pour consolider la culture démocratique. C'est la condition essentielle pour qu'on soit à la hauteur de la Constitution de 2011."
"Nous militons pour une société moderne sans complexes. L'enjeu est de préserver notre identité, en étant ouverts. Halte au retour dans les méandres du passé".
"Certes, il y a des champs qui dépassent le gouvernement; manque de maturité des acteurs politique oblige. Notamment, celles relatives à l'Etat à l'instar de la sécurité, la diplomatie ou le champ religieux. Mais il est malhonnête et absurde de vendre aux citoyens une visée hégémonique (Attahakoum, ndlr), d'autant plus que rien ne s'impose."
"L'islamisme de nos jours à l'instar de l'idéologie marxisante de la dictature du prolétariat, sera rejeté par les Marocains."
"L'alternance au Maroc ne veut pas dire cohabitation".
"Le contexte des législatives de cette année est différent de celui de 2011. La différence en termes de sièges des premières formations politiques sera minime."
Culture, éducation et jeunesse.
"L'école est au cœur du combat sociétal. Il suffit de se rappeler les attaques à l'encontre de Rachid Benmokhtar pour comprendre de quoi je parle".
"Nous estimons que le Conseil supérieur est le mieux placé pour réformer l'éducation. Si nous voulons plus de cohérence et d'efficacité, il faut lui faire confiance puisque chaque parti a sa propre vision de la dite réforme".
"Un ministre aussi compétent soit-il, ne peut pas réussir une réforme sans être soutenu. Figurez-vous que, dans un ministère, il y a plusieurs courants, dont ceux qui sont hostiles au renouveau".
"Le RNI dispose d'une intelligentsia idéologiquement autonome. Nous travaillons depuis quelques années pour renouveler notre identité. Nous voulons nous positionner comme étant un parti social-libéral".
"L'Etat a déserté les maisons de jeunes. Et puisque la nature a horreur du vide, certains en ont profité pour répandre leur idéologie. Il faut rectifier le tir".
"Sur la question amazighe, l'essentiel a été fait. Étaler l'application effective du texte constitutionnel sur 10 ou 15 ans est pour nous un détail technique."
>Economie.
"Au cours des 5 dernières années, le politique a pris le dessus sur l'économique".
"Face à un discours terrorisant au début du quinquennat, il y a eu une contraction des investissements. L'entrée du RNI au gouvernement Benkirane II avait pour objectif de restaurer la confiance des opérateurs. L'amnistie des changes avait également pour objectif de restaurer la confiance face à un système de change anachronique".
"Moins de taux. Plus d'exonération et de simplification. Que ce soit pour l'IS ou l'IR, comme je l'ai fait quand j'étais ministre des Finances.C'est ce que nous défendons au RNI".
"La dette publique a doublé entre 2007 et 2015 pour deux raisons principales: le retard de la réforme de la Compensation, la croissance basée sur la demande intérieure et l'investissement public."
"Ce que nous proposons pour tirer la croissance vers le haut est de relancer l'envie d'entreprendre et d'innover de nouvelles sources de financement."
>Diplomatie.
"Certains pays pro-marocains n'ont pas signé la motion des 28 et ils sont libres dans leur choix. Le Maroc a remporté la première bataille pour recouvrer sa place à l'UA. Hormis quelques Etats qui croient toujours aux idéologies, les pays africains sont devenus pragmatiques. Ils veulent du concret."
"Le soutien clair et net du Maroc à l'Arabie Saoudite contre la nouvelle loi américaine Jasta (permettant à des citoyens américains de poursuivre des Etats étrangers dans les affaires du terrorisme, afin d'obtenir des indemnisations, ndlr) est non seulement un soutien à l'égard d'un pays ami, mais un rappel (sans complexe) aux USA de la nécessité de veiller sur la stabilité et la paix à l'international".
"Les directives royales pour donner un nouvel élan au travail de nos consulats ont été mises en œuvre. La diplomatie marocaine a également réussi sa mutation, pour devenir multidimensionnelle (officielle et parallèle: partisane, parlementaire, économique et religieuse).
Lire aussi: Le mouvement DAMIR organise des rencontres débats sur les programmes électoraux
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