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Les enjeux du scrutin du 7 octobre vus par 4 acteurs politiques (Verbatim)

Le talk-show "Kadaya wa Ara'a" est revenu sur les enjeux des élections législatives, prévues pour le 7 octobre prochain, ainsi que les nouveautés des deux lois organiques, modifiant et complétant celle relative à la Chambre des représentants et celle relative aux partis politiques. Verbatim.  

Les enjeux du scrutin du 7 octobre vus par 4 acteurs politiques (Verbatim)
Mehdi Jaouhari
Le 9 juillet 2016 à 19h52 | Modifié 11 avril 2021 à 2h38

Mardi 6 juillet, les plateaux d'Al Oula recevaient quatre leaders politiques influents: Milouda Hazib (PAM), Abdellah Bouanou (PJD), Rachid Roukbane (PPS) et Abdelkader el Kihel (Istiqlal).

Pour les représentants du PPS et du PJD, l'enjeu des législatives est de vaincre Attahakoum (autoritarisme, hégémonisme) et de consolider le choix fait par le Maroc consistant à construire un Etat moderne et démocratique. Selon eux, le projet du PAM représente un danger et risque de tuer dans l’œuf, les avancées de la réforme constitutionnelle et politique engagée par le Roi.

Du côté de l'opposition, Milouda Hazib faisait cavalier seul puisque le représentant de l'Istiqlal, Abdelkader El Kihel, et malgré sa présence dans l'opposition, joignait sa voix à celle du PJD et du PPS.

D'après Milouda Hazib, la présidente du groupe parlementaire du PAM, le discours du PJD et de ses alliés, qui se base sur la délégitimisation du processus et la victimisation, est irresponsable et dangereux, dans le mesure où il sape la confiance des citoyens à l'égard des institutions et du pouvoir exécutif, qui est entre les mains de Benkirane.

Voici notre sélection des propos tenus par chaque invité:  

>Abdellah Bouanou (PJD):
-Il faut soutenir la stabilité. Nous n'avons ni pétrole ni gaz, nous avons l’élément humain, notre démocratie et le modèle marocain.

- L'enjeu du scrutin du 7 octobre est de taille, sur tous les plans. Il s'agit de consolider la démocratie, en harmonie avec la dynamique des chantiers lancés par le Roi et de rompre avec Attahakoum que nous connaissons pour l'avoir vécu au cours des scrutins précédents, en 2007. Aujourd'hui, certaines pratiques sont toujours de mise, en l’occurrence la cooptation des notables.

-Le mouvement du 20 février a vu le jour entre autres pour lutter contre Attahakoum. Le développement n'est pas possible sans démocratie, les expériences tunisienne et égyptienne ont démontré cela.

-La loi organique modifiant et complétant celle de la Chambre des représentants (27-11) a apporté 4 nouveautés. Il s'agit d'ouvrir la liste nationale des jeunes aux femmes, de permettre aux partis politiques de sceller des alliances sur le plan national et de l'abaissement du seuil électoral de 6 à 3%. La 4e nouveauté concerne l'affichage lors des élections. Un décret d'application verra le jour pour l'organiser et le réglementer. 

-Plusieurs articles de la loi organique portant sur les partis politiques (29-11) ont été modifiés. Ces amendements permettront désormais d'apporter un soutien financier aux alliances nationales, octroyer une dotation forfaitaire répartie de manière égale à tous les partis politiques et obliger chaque parti à restituer au Trésor les montants qui n’ont pas été utilisés au titre du soutien financier. Un autre amendement concerne les listes électorales et permet de nouvelles inscriptions, deux mois avant le scrutin.

>Milouda Hazib (PAM) :
-Je rappelle que les deux nouveaux projets de loi relatifs aux élections ont été adoptés tardivement et sans respect de l'approche participative. C'est bien le gouvernement qui est dans une logique d'Attahakoum.
-Mis à part ce retard injustifiable, qui ne permettra pas aux citoyens de cerner les nouveautés de ces lois, il y a lieu de noter ce discours victimaire qui sème le doute sur le résultat des prochaines législatives. il est irresponsable et dangereux, dans la mesure où il est porté par le chef du gouvernement, qui est rappelons-le, le responsable de l'encadrement administratif, politique et juridique du scrutin.

-Ce discours est à même de saper la confiance du citoyen à l'égard des institutions et des élections. Nous le considérons comme étant du chantage politique.

- Pour cacher ses échecs en matière d'emploi, l'augmentation du taux de chômage ou le retard de son programme législatif, ainsi que ses différents promesses électorales, le PJD parle d'Attahakoum et du PAM.

- L'abaissement du seuil est une mesure positive que nous avons soutenue pour permettre aux petites formations de participer.
- Nous avons présenté une pléthore de mesures qui n'ont pas été prises en compte, à l'instar de l'inscription automatique via la CIN, la criminalisation de l'instrumentalisation des enfants dans la publicité électorale ou l'interdiction de la modification des lois électorales six mois avant tout scrutin.  

>Rachid Roukbane (PPS):
- Au sein de la coalition gouvernementale, aucun parti n'impose sa vision aux autres partis. Nous procédons toujours par le dialogue

- Au PPS, notre idéal est la construction d'un Etat moderne et démocratique et nous partageons avec le Roi la volonté de faire aboutir ce chantier, qui est malheureusement ciblé par certaines parties qui œuvrent pour la régression. 

- En 2011, nous avions déclaré clairement que les élections étaient justes et transparentes. Et ce fut le cas également des élections de 2015, mais nous nous sommes arrêtés sur des indicateurs alarmants et décevants, à l'instar des élections des présidents de régions, au cours desquelles certains partis qui n'ont pas de majorité ont pu présider plusieurs régions, en recourant à des pratiques que nous souhaitions éliminer. Ajoutons à cela, l’élection des conseillers de la deuxième Chambre ou celle de sa présidence. Nous avons de quoi être inquiets et nous tenons à lancer des appels pour que chacun assume ses responsabilités.

-Les propositions de loi sont présentées et validées par les parlementaires, le gouvernement n'a rien à y voir. Pour rappel, la moitié des commissions de la première chambre sont présidées par l'opposition, dont celle de la justice et de la législation.

- Les problèmes liés à l'activité législative comme le retard ou le blocage des projets de loi sont dus essentiellement aux calculs politiciens et électoralistes.   

>Abdelkader El Kihel (PI):
-En 2011, nous avions estimé que certains partis soutenus par l'administration se sont déjà transformés en partis autonomes, comme les autres. Et nous avons entamé un débat sur la gestion de la différence entre les différents acteurs politiques, comme c'est le cas dans toutes les démocraties, mais hélas, il s'est avéré que nous nous sommes trompés.

w-Il faut parler en toute franchise aux Marocains et dire ce que font les walis, les gouverneurs et les caïds pour favoriser certains partis. Nous avons des exemples concrets sur la partialité des agents d'autorité en faveur du PAM. Nous voulons faire des législatives du 7 octobre une ligne de démarcation entre démocratie et autoritarisme.

- Pour nous, la lutte contre Attahakoum, qui cherche à dessiner sa propre carte politique est prioritaire. Il est vrai qu'il faut critiquer le gouvernement et son bilan, mais dés lors que la démocratie est ciblée, il faut faire front pour la maintenir.

- Concernant les deux projets de lois organiques, nous estimons qu'il fallait augmenter la représentativité des femmes, en ajoutant des sièges et non pas en leur donnant uniquement l'accès à la liste des jeunes.
- Pour l'istiqlal, il ne faut pas modifier les lois électorales après chaque scrutin. Sur le plan du seuil, nous défendons un seuil de 10%. Nous sommes pour la représentation de tous les partis y compris les plus petits, mais dans le cadre d'alliances par exemple. Je reproche au gouvernement le fait qu'il n'a pas expliqué pourquoi le seuil a été rabaissé.
- Les agents d'autorité comme les walis et les gouverneurs doivent remplir leurs missions de contrôle et de suivi, mais ils n'ont pas à présenter des recours auprès de la justice.

Au final, le casting n'était pas très équilibré, puisque Milouda Hazib s'est retrouvée seule contre trois intervenants. Sur le fond, les thèmes ont tournée autour de la démocratie, d'Attahakkoum (celui du PAM, celui du PJD), du bilan du gouvernement et enfin de la tendance du PJD et de ses alliés à semer le doute, à l'avance, sur le résultat des élections et sur la sincérité du processus électoral.

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Mehdi Jaouhari
Le 9 juillet 2016 à 19h52

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