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Mezouar: la relance par les investissements doit être la priorité

Mercredi 29 juin, à 100 jours des élections législative, le RNI a organisé un ftour débat devant un parterre de chefs d'entreprise. La thématique du jour? "Options économiques d’avenir: le RNI à l’écoute des entrepreneurs".

Mezouar: la relance par les investissements doit être la priorité
R. B.
Le 30 juin 2016 à 13h33 | Modifié 30 juin 2016 à 13h33

C'est bien connu, ventre affamé n'a pas d'oreille. C'est donc à 20h30, une fois l'assistance repue, que Salaheddine Mezzouar a commencé son allocution, devant les membres de l'état major du parti. Ils étaient presque tous là: l'ex ministre des Sports et chef d'entreprise, Moncef Belkhayat, la minsitre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, Mbarka Bouayda, le ministre de l'industrie, Moulay Hafid Elalamy, Mohamed Boussaid, ministre des Finances, ou encore le président de la Chambre des représentants, Talbi Alami... 

Côté patrons, étaient de la patrie Ahmed Rahou, président du CIH, Karim Belmaachi, DG de Soprima ou encore Karim Tazi, patron de Marwa et bien d'autres. En tout, 450 entreprises et 570 participants étaient dans la salle, selon les organisateurs. Le RNI est capable de mobiliser les milieux économiques, il a la réputation d'être un parti d'experts et c'est lui qui dirige le pôle économique de ce gouvernement.

Salaheddine Mezouar, président du RNI, a pris le micro pour parler de sa vie, son oeuvre, son passé au sein de l'extrême gauche, son arrivée au RNI, puis, de l'entrée du parti de la Colombe au gouvernement, "malgré les divergences idéologiques avec la majorité" et ce, "pour sauver le pays".

Mezouar a expliqué que le pays a besoin de 5 à 7 mesures de relance dont l'une concerne la conclusion d'un pacte avec les syndicats pour avoir cinq années de paix sociale. Le patron de l'UMT, Moukharik, était dans la salle. D'autres mesures devront être prises en faveur des TPE et des PME, préconise-t-il. Aujourd'hui, ministre des AE, il est très à l'aise dans le domaine économique et financier comme chacun le sait.

C'est surtout son analyse de la situation actuelle du Maroc qui a suscité un grand intérêt:

1- Le glissement sémantique et réthorique du discours politique est dangereux. Le pays a besoin de stabilité et de cohésion sociale.

2- La croissance est revenue au niveau des années 90, c'est-à-dire 3 à 3,5%. Ce faible taux de croissance a eu un coût social, car le gap entre les créations de richesses et la demande sociale s'est accentué.

3- Les écarts sociaux doivent être comblés au plus vite. Ils ne peuvent l'être que par la croissance. Et la croissance ne peut revenir que par l'investissement et par l'entreprise. Nous avons déjà boosté la croissance par la demande, mais cela, on ne peut le faire qu'en temps de crise et pour une durée limitée.

4- Le Maroc a besoin au plus vite d'un choc de l'investissement et d'un choc économique. Si on continue encore cinq ans sur ce trend, le social sera encore plus cher et le gap se sera encore élargi.

Mezouar remet l'économique au centre du champ politique et insiste sur la cohésion sociale. C'est un positionnement nouveau.

Au bout de 45 minutes, après avoir adressé une petite pique à qui de droit ("on  va vers le show quand on n'a pas de contenu") et rappelé à plusieurs reprises la nécessité de relancer l'économie par l'investissement, Mezouar a fini par céder le pupitre à ses homologues du gouvernement. Mohamed Boussaid, ministre de l'Economie et des finances, a présenté chiffres à l'appui un bilan de son action  depuis l'entrée du RNI au gouvernement: relance des investissements, réduction du déficit budgétaire... Boussaid a profité de l'occasion pour annoncer la mise en place prochaine de mesures de défiscalisation destinées aux start-ups, durant les 4 premières années de leur existence. Ainsi que du prochain plafonnement à 60 jours des délais de paiement de tout le secteur public, y compris l'administration.

ll a surtout donné sa lecture des chiffres et rappelé qu'en 2012 et 2013, les sujets du jour étaient la crainte d'un nouveau PAS (programme d'ajustement structurel) et les déficits jumeaux (comptes extérieurs et déficit budgétaire). Alors qu'aujourd'hui, on discute d'un changement de modèle économique.

Pour clore la rencontre, Moulay Hafid Elalamy, ministre de l'Industrie, arrivé juste avant le ftour sous le crépitement des flashs des journalistes, a fait le show, descendant de l'estrade pour se rapprocher de l'auditoire. Intervention courte et percutante, durant laquelle, le ministre businessman a adressé un conseil aux allures d avertissement aux quelque 450 chefs d'entreprise présents : "Restez proches du champ politique, sinon vous risquez de le payer cher". Traduisez: gardez un oeil sur la politique, ne les laissez pas faire ce qu'ils veulent.

Les ministres n'auront pas fait le déplacement pour rien. Parmi les annonces faites, le lancement du Fonds d’amorçage doté de 50 millions de dollars, qui va être signé lundi avec la Banque mondiale, en faveur des startups et le passage à 60 jours pour les délais de paiement relatifs aux marchés publics.

Venu pour "écouter les opérateurs economiques" comme le promettait le programme, le RNI aura finalement beaucoup parlé ce soir. Ce n'est qu'après 22h00 que les échanges entre les cadors du RNI et les acteurs économiques ont pu commencer. "Ce rendez-vous était surtout l'occasion de rassurer les chefs d'entreprise. C'était plus un dialogue qu'un débat", conclut un membre de l'organisation. Pour ce parti, devenu le quatrième du pays en nombre de voix (valeur septembre 2015) et deuxième force à Casablanca, ce fut une opération réussie.

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R. B.
Le 30 juin 2016 à 13h33

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