Législatives 2016. Voici la première simulation des résultats de Casablanca
ANALYSE. Tous les partis structurés ont entamé l’étude des résultats détaillés des communales et des régionales en nombre de voix, publiés par le ministère de l’Intérieur. Médias 24 a réalisé les premières simulations concernant la ville de Casablanca.
L’accès à la base de données du ministère de l'Intérieur n’est pas du tout aisé; l’interface est compliquée et impose de multiples allers et retours, si l’on veut aller au fond des choses. Mais quelle mine d’informations!
A partir d’aujourd’hui, Médias 24 va publier une série d’articles analysant les chiffres.
Pour ce premier article, nous avons choisi la ville de Casablanca. Les résultats urbains sont en effet plus faciles à extraire. Dans le monde rural, le nombre d’arrondissements est très élevé, à cause de l’éparpillement des populations et le nombre de voix par arrondissement est extrêmement faible. Il faudrait de la sorte une armée d’analystes et un travail de fourmi pour tout analyser.
Médias 24 va donc se focaliser dans une première étape sur les votes urbains. Ceci va apporter forcément un biais: la ville et d’ailleurs on va le voir, montre une domination assez écrasante du PJD. Donc, nous invitons nos lecteurs à ne pas oublier que dès lors que nous analysons les villes, nous allons retrouver le PJD en tête assez souvent. Il n’en est pas de même dans les circonscriptions rurales.
Notre simulation porte sur 11 circonscriptions, sur un total de 13.
Nous avons éliminé pour ce décompte, Nouaceur et Médiouna, qui comportent trop de données rurales compliquées à traiter.
Seconde remarque: nous avons commencé par le vote des communales et pas par le vote des régionales, qui est également disponible. C'est donc un choix arbitraire, que nous avons fait.
Troisième remarque: nous avons extrait les votes par parti et nous les avons agrégés par circonscription électorale (voir notre carte), en respectant le découpage des législatives.
Pour ce qui concerne Casablanca, le découpage des législatives est le même que pour les communales dans trois cas: Hay Hassani, Aïn Chock et Mohammédia. Pour les autres circonscriptions, il est différent.
En d’autres termes, le score des communales dans trois circonscriptions sur 11, reflète le rapport de forces réel entre les partis.
En effet, et c’est la quatrième remarque: un vote communal n’est pas un vote législatif. Dans le premier cas, le taux de participation est plus important; on vote pour la proximité, pour un notable, quelqu’un que l’on connaît en général. Dans le cas des législatives, le taux de participation est généralement inférieur et l’on vote dans un horizon national, celui du gouvernement, du programme politique, économique et social. On vote davantage pour le parti que pour des notables. Quoique…
Que disent les chiffres?
Le premier enseignement est le poids du RNI, seconde force politique de Casablanca en nombre de voix, troisième en sièges parlementaires. La première place du PJD n’étonne pas. C’est sa part de marché qui étonne ou fait peur: près de 42,5% des voix exprimées et 52% des sièges en jeu. Le système électoral a favorisé le PJD. La troisième marche du podium (la seconde en nombre de sièges) est occupée par le PAM, qui ne devance que légèrement un étonnant UC.
De sorte que le quarté est PJD, RNI, PAM et UC en nombre de voix; et PJD, PAM, RNI et UC en nombre de sièges.
Le second élément est la montée, très légère, de la FGD, Fédération de la gauche démocratique (PADS, PSU, Clarté Ambition Courage) qui est désormais la 9e force politique sur l’échiquier. On remarquera également la faiblesse du Mouvement populaire à Casablanca.
Dans la dernière colonne à droite, nous avons regroupé les petits partis: leur présence, du moins pour les communales, a été généralement très faible. Citons le MDS, les Néo-démocrates, le PRV (Réforme et Vertu), le parti de l’écologie et du développement durable, le Choura et Istiqlal, le PSD, le parti libéral, le parti du Centre social, les Sans appartenance politique etc…
Dernier point: vous pouvez, si vous le souhaitez, effectuer des simulations sur la base des données du tableau. En d’autres termes, vous pouvez calculer le nombre de sièges obtenus par chaque parti s’il s’était agi d’élections législatives. Bien sûr, avec les réserves que nous avons exprimées ci-dessus et notamment le fait que le taux de participation sera en principe inférieur et que l’on ne vote pas de la même manière aux législatives et aux communales. Les votes des communales ne s’additionnement pas obligatoirement d’un arrondissement à l’autre.
Comme faire une simulation?
Nous vous donnons ci-dessous deux exemples, puisés dans le tableau.
Mais avant tout, rappelons que le seuil est de 3% des voix exprimées. Si vous n’obtenez pas ces 3%, vous êtes éliminé de la course.
Ces simulations sont basées sur l’hypothèse suivante: qu’il y ait le même nombre de voix que pour les communales. Ce qui est loin d’être certain. Elles doivent être prises pour une évaluation du rapport de forces. Les partis sauront quelles sont les circonscriptions sur lesquelles ils doivent porter leurs efforts.
Le scrutin est celui d’une représentation proportionnelle à scrutin de liste, appelé également scrutin proportionnel plurinominal, au plus fort reste.
EXEMPLE 1: Circonscription d’Anfa. 4 sièges sont en jeu. 58.785 voix sont exprimées. 17 partis ont présenté des candidats. Sur la base des hypothèses indiquées: deux sièges au PJD, un siège à l’Istiqlal (probablement Yasmina Baddou) et un siège au RNI.
Le calcul:
Les partis qui n’ont pas obtenu 3% des suffrages exprimés (58.785 voix totales) sont éliminés de facto. Ici, le seuil est de 1.764 voix. 10 listes sont donc éliminées, dont celles du MP et de la FGD et il ne reste que 7 listes.
Maintenant, nous n’allons garder que les voix exprimées au profit des 7 listes restantes: 53.757.
Les autres voix se sont tout simplement évaporées. Non pas à cause du seuil, mais en raison du nombre de petits partis.
Quatre sièges sont en jeu. Cela signifie que le quotient par siège est de 53.757/4=13.440 voix (on arrondit évidemment à l’unité supérieure).
Le PJD est le seul qui atteint d’emblée le quotient.
Il reste alors 3 sièges à répartir. Cela se fera selon le plus fort reste.
Après avoir attribué un siège au PJD, voici l’état des “restes“:
PJD= 11.998 voix
RNI= 6.587 voix
Istiqlal= 5.718 voix.
Au final, voici la répartition: PJD (2 sièges), RNI (1 siège), Istiqlal (1 siège).
Avec seulement 41% des voix exprimées, le PJD obtient deux sièges sur quatre, soit la moitié des sièges en compétition. C’est exactement ce qui s’est passé en 2011. Regardez le tableau ci-dessous avec la liste des députés sortants. Yasmina Baddou a de fortes chances de se retrouver députée. Ouadiae Benabdellah part pour une ambassade asiatique, mais son siège reviendra probablement au RNI.
EXEMPLE 2: Ain Chock.
Deux sièges au PJD et un siège à l’UC. Aïn Chock est, avec Taroudant, un fief de Mohamed Sajid. On peut donc penser retrouver le leader de l’UC de nouveau au Parlement.
Le calcul.
40.311 voix exprimées. Seuil de 3%= 1.210 voix. Toutes les listes qui sont en dessous du seuil sont éliminées: FGD, PPS, USFP, MP et les petits partis. Il ne reste que 5 partis en lice : PAM, PJD, Istiqlal, RNI et UC.
Il ne reste que 37.392 voix après avoir éliminé les voix en dessous du seuil de 3%. Il y a trois sièges à répartir. Le quotient est de 37.392/3= 12.464 voix.
Seul le PJD dépasse de quotient et obtient un siège de plein droit.
Les deux autres sièges sont répartis au plus fort reste. Le PJD garde 7.502 voix comme reste.
Au plus fort reste, un siège sera attribué au PJD et un autre à l’UC.
Au final: deux sièges PJD et un siège UC. Avec 49,5% des voix, le PJD obtient les deux tiers des sièges en compétition dans cette circonscription.
Si l’on compare aux résultats de 2011, on remarque l’éviction du MP et son remplacement par l’UC de Mohamed Sajid.
Voici enfin la simulation de ce que seraient les résultats législatifs sur la base du même nombre de voix exprimées qu'aux communales, circonscription par circonscription. Attention, il s'agit bien d'une approximation, les électeurs ne votent pas de la même manière.
Au final, les principaux enseignements, sur la base des communales, sont les suivants:
-le PJD a un poids en sièges qui est supérieur à son poids en nombre de voix; le PJD perdra probablement un siège dans l'ensemble des 11 circonscriptions de Casa par rapport à 2011.
-le RNI est la seconde force politique de Casablanca en nombre de voix, la troisième en nombre de sièges.
-Le MP s’est affaibli. Il avait un seul siège à Casa, il va probablement le perdre.
-L’istiqlal perdra également des sièges, et notamment celui de Karim Ghellab à Ben Msick (Sbata).
-Chaque parti aura intérêt à effectuer des arbitrages pour porter ses efforts sur les circonscriptions où il a des chances de l'emporter.
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