Politique. Yanja Khatat va interjeter appel contre les tentatives de le destituer
On commence enfin à y voir plus clair. Yanja Khatat, président du conseil de la région de Dakhla-Oued Eddahab, est toujours en poste. Il n’a as été destitué, ni par l’Intérieur, ni par le wali, ni par un tribunal.
L’affaire a pris une tournure cacophonique, alimentée par une grande émotivité, car il s’agit de Dakhla, de l’Istiqlal et de la politique.
Médias 24 a reconstitué l’essentiel des faits.
Yanja Khatat, istiqlalien, élu président de la région de Dakhla Oued Eddahab après les élections du 4 septembre 2015, est connu pour résider à Rabat. Au Souissi, plus précisément.
L’une de ses adversaires politiques, Mouna Chakaf (PAM) l’accuse de résider à l’étranger [en Mauritanie] et de ce fait, de tomber sous l’effet de l’article de l’article 72 de la loi organique 14-111, en vertu duquel on ne peut élire au conseil de la région (président, vice-président ou conseiller) quelqu’un qui est résident à l’étranger.
L’élue du PAM ne se contente pas d’accuser. Elle demande au wali de constater la résidence à l’étranger et d’adresser un rapport en ce sens au ministère de l’Intérieur, en vue de la destitution.
N’obtenant pas gain de cause, elle dépose un recours devant le tribunal administratif d’Agadir. Celui-ci n’a pas publié sa décision, au moment où nous mettions en ligne. Mais une dépêche de la MAP vient annoncer ce qui ressemble à une décision de destitution.
En vertu de la loi organique 14-111, la destitution, s’il y a lieu, est prononcée par le ministère de l’Intérieur. Le tribunal ne peut donc se substituer à ce ministère. C’est pour cela que la dépêche de l’agence MAP prend une tournure assez hermétique. Jugez-en :
“Agadir, 02/06/2016 (MAP) - Le tribunal administratif d'Agadir a décidé mardi "l'annulation de la décision administrative négative émanant du ministre de l'Intérieur, avec toutes les conséquences juridiques qui en découlent" concernant le recours contre l'élection du président de la région Dakhla-Oued Eddahab.
Cette décision a été prise sur la base d'une requête introduite auprès du tribunal administratif d'Agadir, contestant l'élection de Yanja Khatat à la tête de la région Dakhla-Oued Eddahab, apprend-on jeudi de source judiciaire.
La partie qui a introduit ce recours justifie son action par le fait que le président de la région de Dakhla-Oued Eddahab, "réside de manière quasi-permanente en République islamique de Mauritanie". La loi organique N° 14-111 relative aux Régions stipule, dans son article 72, la nécessité de l’annonce immédiate par l’autorité gouvernementale chargée de l’Intérieur de la destitution du président de la région ou de son adjoint, s'il s'avère, après son élection, qu’il réside à l’étranger. [Fin de la dépêche].
Contactés par Al-Majalla 24, les deux avocats de Yanja Khattat confirment les points suivants :
-le président du conseil de la région Dakhla- Oued Eddahab n’a pas été destitué. Il est en place et il gère son conseil.
-il va interjeter appel et n’hésitera pas à se pourvoir en cassation. Ses avocats se déclarent “absolument certains“ de gagner en appel.
Me Mohamed Ansari, un des deux avocats, attend toujours copie du jugement, car sans cela il ne connaîtra pas les attendus. “J’attends impatiemment les attendus du jugement, car mon client réside à Rabat depuis 24 ans et n’a jamais mis les pieds en Mauritanie. Nous avons produit des documents authentiques marocains pour le prouver“.
Me Abdelouahed Ansari, également avocat de Yanja Khattat, abonde dans le même sens: mon client restera à la tête de la région, tant qu’il n’y a pas eu un jugement définitif.
Ci-dessous, les premières déclarations de Yanja Khatat à notre confrère Dakhla 24:
à lire aussi
Article : Au-delà du bilan Akhannouch, lecture des indicateurs du marché du travail
Sous le gouvernement Akhannouch, le marché de l’emploi reste le principal point de fragilité de l’économie. Ce problème est ancien mais s’aggrave au fil du temps. Médias24 confronte les engagements du gouvernement à ses réalisations et analyse, au-delà du mandat, plusieurs indicateurs du marché du travail sur une longue période.
Article : Secteur minier. Après une année 2025 record, 2026 s'annonce déjà comme un cru très prometteur
2025 restera comme un millésime d'exception pour les mines marocaines. Cours au plus haut, volumes en hausse, nouveaux projets en maturation... Le secteur profite pleinement d'un cycle mondial porteur. Et 2026 s'annonce tout aussi favorable, sous l'effet de plusieurs signes.
Article : Ordre des experts-comptables. Élections sur fond de réflexion sur l’ouverture du capital
Le 21 mai 2026, les experts-comptables élisent les membres du Conseil national et des conseils régionaux de leur Ordre pour les trois prochaines années. Au-delà de ce renouvellement, la profession réfléchit à faire évoluer son cadre, notamment sur la question de l’ouverture du capital des cabinets. Détails.
Article : Le trafic aérien en hausse de 11,15% à fin mars 2026
L'Office national des aéroports (ONDA) a annoncé que le trafic aérien commercial dans les aéroports du Royaume a enregistré 8.913.041 passagers à fin mars 2026, soit une croissance de 11,15% par rapport à la même période de l'année précédente.
Article : Mondial 2026. Le double pivot, pierre angulaire du projet Ouahbi
Les deux milieux de terrain devant la défense constituent l’élément central du dispositif tactique du sélectionneur national. Un principe qui assure l’équilibre des Lions de l’Atlas, conditionne la récupération du ballon et la première phase de construction. Mais qui n’est pas sans risque.
Article : SIAM 2026 : malgré un taux de couverture de 60%, 450 communes rurales restent exclues des services financiers selon Bank Al-Maghrib
À Meknès, le directeur général de Bank Al-Maghrib, Abderrahim Bouazza a indiqué que 450 communes rurales restent sans services financiers malgré une couverture de 60%. Il a aussi annoncé l’équipement de 50 coopératives en TPE et rappelé que 25% des programmes d’éducation financière ont ciblé le monde rural.