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Mohamed Sadiki, maire de Rabat, sera auditionné lundi par la police judiciaire

Mohamed Sadiki, maire de Rabat, est sorti de son silence pour donner ses explications au sujet de l’affaire dite de la Redal. Ses réponses ne sont pas convaincantes. Tout ce qu’il dit est vrai, mais il ne répond à aucune des questions essentielles. Ce lundi, il est convoqué à la BNPJ.

Mohamed Sadiki, maire de Rabat, sera auditionné lundi par la police judiciaire
R. B.
Le 24 avril 2016 à 18h18 | Modifié 24 avril 2016 à 18h18

Devant un parterre de journalistes soigneusement sélectionné (Médias 24 et sa version arabe Al-Majalla 24 ont été écartés de la conférence de presse), Mohamed Sadiki a rompu le silence. Ce lundi, il sera auditionné par la BNPJ, Brigade nationale de la police judiciaire, dans le cadre de l’affaire de la Redal.

L’enquête de la PJ a été diligentée suite à une plainte au pénal de l’agent judiciaire du Royaume déposée auprès de la cour d'appel de Rabat, contre M. Sadiki.

Encore une fois, Mohamed Sadiki a péché par ses erreurs de communication. Le PJD a bien montré qu’il ne le soutenait qu’à moitié. La rencontre avec la presse s’est déroulée un dimanche matin, certes au siège du parti, mais aucun membre de la direction nationale n’était présent. Et jamais Benkirane n’a pris la parole pour le défendre. Comment croire alors à un complot du PAM contre le maire de Rabat? Si le PJD en avait été convaincu, Benkirane aurait été le premier sur le pont pour défendre ses troupes.

L’impression qui se dégage est celle d’un maire qui a agi sans réfléchir et qui a fait comme beaucoup d’autres, une demande de départ en retraite anticipée, pour de fausses raisons de santé. Ils ont été au moins 90 dans ce cas, à la Redal, en 2012, car cette société voulait dégraisser. Redal est certainement aussi coupable que lui: c’est probablement elle qui a trouvé cet artifice de fausses raisons de santé pour encourager les salariés à partir, en évitant de leur verser la totalité de leurs indemnités.

Mohamed Sadiki a la réputation d’être un homme honnête, mais sa défense dans cette affaire est confuse, il s’est contredit, il évite de répondre aux questions essentielles et les documents déjà publiés et authentifiés sont contre lui.

A supposer que le PAM ait politiquement exploité cette affaire (et il l’a fait), ceci est légitime. Ce qui compte n’est pas qui est derrière, mais le fond de l’affaire. Mohamed Sadiki est-il oui ou non innocent?

Le second élément de la défense de Mohamed Sadiki est qu’il n’a jamais dit, ni écrit, ni prétendu avoir été atteint de maladie mentale. C’est vrai. Mais ce n’est pas essentiel. Il a bien écrit et demandé sa mise à la réforme pour des raisons de santé. Certes, ce n’est pas pour une raison de maladie mentale, mais il l’a demandée.

Troisième point: le chahutage du maire lors des réunions du Conseil de la ville au cours du mois de février. C’est vrai qu'il y a eu du chahut et même beaucoup de chahut. Mais cela n’exonère pas le citoyen Mohamed Sadiki de rendre des comptes sur l’affaire Redal et il doit le faire dans la transparence.

Quatrième point: Le 29 février 2016, un conseiller du PAM (Aziz Benazzouz, par ailleurs président du groupe PAM à la Chambre des conseillers), a demandé l’ouverture d’une enquête sur l’affaire Redal. Le 2 mars, M. Sadiki a reçu une lettre du wali de Rabat l’informant avoir dépêché l’IGAT (Inspection générale de l’administration territoriale) à Redal. M. Sadiki s’étonne de cette célérité. Au contraire, il devrait s’en féliciter. Cette célérité devrait être la règle pour tous. Il devrait donc au contraire demander à ce que la procédure soit aussi rapide pour n’importe quel citoyen.

M. Sadiki déplore que jusqu’à présent, il n’a pas reçu le rapport de cette enquête. C'est au contraire normal, puisqu'il doit lui-même être entendu.

Il évoque un complot médiatique contre lui. Il ajoute à raison que plusieurs accusations contre lui se sont avérées infondées (ni villa mise à sa disposition par Redal, ni 1 MDH d’indemnités de départ, ni maladie mentale).

Il donne sa version de l’affaire, que voici:

En janvier 2012, il dit avoir été reçu par le PDG de l’époque pour un entretien annuel d’évaluation. A la fin, ce dernier lui annonce que la société a ouvert la porte aux départs volontaires. Il a accepté, à l’instar de 93 autres de ses collègues. C’est le PDG qui lui a demandé de déposer une demande de mise en réforme.

Question: cette opération est-elle légale? M. Sadiki a bien signé une demande de mise à la réforme pour raisons de santé. Il est responsable du contenu de cette demande.

“Si j’étais resté, ma retraite aurait été de 80.000 DH, ceux qui sont restés deux ans de plus que moi ont une retraite de 60.000 DH et pour moi elle est de 37.000 DH“, ajoute M. Sadiki. Ce n’est pas convaincant. Le principe d’un départ volontaire est bien celui-là: la retraite est moins importante, mais il y a une indemnité de départ qui est versée. L’indemnité a-t-elle été versée par la caisse de retraite? La pension de retraite est-elle revalorisée pour tenir compte de la mise à la réforme? La mise à la réforme lui a-t-elle apporté des avantages? quels sont-ils? La mise à la réforme lui a-t-elle apporté une pension de retraité plus élevée que s'il avait quitté dans les mêmes conditions sans raisons de santé? Etait-il réellement malade? Que dit le dossier médical? Que dit la commission médicale?

"Si on doit demander des comptes, on doit les demander à ceux qui ont planifié cette opération, à l’autorité délégante, ainsi qu'à la direction qui en est chargée au ministère de l’Intérieur et au ministère de tutelle", conclut M. Sadiki.

Mohamed Sadiki sera auditionné ce lundi 25 avril par la BNPJ. Le parti a constitué un groupe d’avocats pour le défendre. Il considère que le dossier est politique.

Pour que nos lecteurs puissent se faire leur propre opinion, nous diffusons ci-après la vidéo intégrale de la conférence de presse de M. Sadiki. Nous avons également fait savoir à M. Sadiki, par le biais de l’un de ses conseillers, que nos colonnes lui restent ouvertes, s’il a quelque chose de supplémentaire à ajouter pour sa défense:

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R. B.
Le 24 avril 2016 à 18h18

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