Sahara: A Rabat, la plus grande marche de l'histoire du Maroc
REPORTAGE. Au moins trois millions de Marocains ont défilé à Rabat pour le Sahara et contre les prises de position de Ban Ki-moon. L'appel avait été lancé 24 heures auparavant, ce qui montre l'ampleur de la mobilisation et de l'indignation des Marocains. A Rabat, les artères étaients noires de monde et les gens défilaient au coude à coude. Le défilé a commencé à 9h30, une heure avant l'horaire prévu, en raison de l'engouement populaire.
Par trains, autocars et taxis, des centaines de milliers de Marocains se sont donné rendez-vous à Rabat ce dimanche 13 mars, pour réaffirmer leur attachement à l’intégrité territoriale du Royaume et condamner les propos du SG de l’ONU Ban Ki-moon, tenus le 6 mars dernier à Alger.
Il n’aura pas fallu plus de 24 heures aux forces politiques marocaines et aux ONG pour mobiliser et faire converger sur Rabat plus de 3 millions de Marocains.
1 Marocain sur 10
Durant toute cette matinée, le centre de Rabat était inondé de monde, Marocains de tous horizons manifestant au coude à coude.
L’afflux sur Rabat était tellement important que toute la zone du Bou Regreg entre Salé et Rabat a été réservée au stationnement des autocars, minibus et taxis venus par l’autoroute du Nord.
Le même dispositif a été mis en place au sud de la capitale.
Dans certaines petites villes et en raison de l’afflux de la demande pour aller manifester à Rabat, les autorités ont exceptionnellement autorisé les petits taxis à faire le trajet interurbain sur Rabat.
Le nombre de manifestants était tellement important dès 8 heures du matin pour une marche prévue pour démarrer à 10 heures, que les organisateurs ont avancé son départ de près d’une heure, afin de désengorger les principales artères de la capitale.
Parmi les slogans, on pouvait entendre «Mohammed VI ne t’inquiète pas, ton peuple va mener le combat» ou encore«Ban Ki-moon reste chez toi, le Sahara ne t’appartient pas» et puis de nombreuses tahiyate, les salutations déclinées selon les noms des régions du Maroc telle «Tahiya rifiya li Sahra al Maghribia» et puis ce dernier slogan: «Mout mout ya âdou, al malik âandou chaâbou». Des messages extrêmement clairs sur la détermination et l’indignation des Marocains.
Enfin, au niveau des péages, les embouteillages ont été nombreux obligeant Autoroutes du Maroc par moment à lever les barrières, pour fluidifier le trafic, perdant ainsi un peu de chiffre d’affaires, mais … gagnant en notoriété d’entreprise citoyenne.
Banderoles, slogans, chants, youyous et prières
Avec des banderoles, des slogans, des chants, des youyous, des prières ou plus simplement des Allahou Akbar, 10% de la population du pays a tenu à manifester son indignation et sa colère contre de régulières remises en cause mal intentionnées de la souveraineté marocaine au Sahara cherchant ainsi à porter atteinte à une unité nationale et une cohésion bien réelles.
C’est littéralement de partout que les Marocains sont venus manifester. De Marrakech et de Tanger bien sûr, mais aussi de Taounate, de Guelmim et de Laâyoune.
Mais outre l’indignation et la colère, certains Marocains, notamment de Laâyoune et avec lesquels ce journaliste a pu s’entretenir, ont insisté sur un aspect parfois négligé dans ce dossier. «Ban Ki-moon est peut-être tout simplement ignorant de la réalité saharouie; il ne sait pas que l’on vit bien à Laâyoune, que nous sommes Marocains comme des millions d’autres et que de nombreux Marocains, Mauritaniens ou Algériens nous envient».
Ces propos reflètent une réalité du terrain au Sahara, où d’importants investissements publics et privés sont réalisés, où la sécurité règne et où la vie se déroule d’une manière tellement normale qu’il en devient presque ridicule de devoir le dire et le répéter.
“En démocratie, une minorité n’impose pas sa volonté à une majorité“
Ces propos, recueillis dans la rue ce matin à Rabat, rappellent également les propos tenus par Hamdi Ould Rachid, le maire istiqlalien de Laâyoune, au Parlement samedi : «Il y a une minorité qui s’oppose à la situation actuelle, mais les Sahraouis reviennent et veulent revenir au pays et en démocratie. Une minorité n’impose pas sa volonté à la majorité».
La manifestation a vu le défilé d’une multitude de leaders politiques et de nombreux groupes de militants. Survolée en permanence par de hélicoptères et des drones, elle s’est achevée un peu avant midi.
Si la marche de ce dimanche a été l’occasion pour l’USFP de sortir manifester et de tenter de faire oublier «l’impair de Tirana», en revanche, Al Adl wal Ihsane, habitué à sortir dans la rue pour beaucoup moins que l’intégrité territoriale du Royaume, n’avait pas appelé à manifester.
La marche de Rabat a été une exceptionnelle démonstration du consensus national autour de la marocanité du Sahara.
10h30. Au moins trois millions de personnes, une véritable marée humaine, emplissent les artères et les places à Bab El Had, Bab Chellah, Place des martyrs, Bd Mohammed V. Les entrées de Rabat sont complètement obstruées, les péages saturés et l'afflux continue.
9h38. La Marche démarrera avec une heure d'avance, au vu de l'affluence de manifestants. Bab El Had et Bab Chellah sont déjà saturées. Le boulevard Mohamed V se remplit très vite.
Sur l'autoroute de Casablanca-Rabat, il y a un blocage total au niveau de Skhirat pic.twitter.com/AwTfeIsvBl
— Tazi Omar Massawi (@agencetaziomar) 13 mars 2016
9h26. Par dizaines de milliers et portant des drapeaux rouge et vert et des banderoles, les Marocains ont commencé à affluer vers Rabat dès les premières heures de la matinée.
Autocars et trains ont été mobilisés depuis la soirée de samedi, pour faire de la marche de ce jour probablement la plus importante de l'histoire du pays.
Ci-dessus, un groupe de Fès.
De Tamansourt (Marrakech)
De Ouarzazate.
Sur les réseaux sociaux, des dessins appelant à la marche
8h00. Des centaines de milliers de personnes sont attendues à Rabat ce dimanche matin 13 mars, pour une marche nationale de protestation contre les propos du SG de l’ONU Ban Ki-moon au sujet du Sahara et sa visite à Bir Lahlou, localité située au Sahara marocain à l’est du mur de défense militaire marocain.
Les partis politiques, les syndicats et de nombreuses associations, élus et collectivités locales ont condamné les propos de Ban Ki-moon et appelé à manifester en masse ce dimanche 13 mars.
Cette marche intervient au lendemain de la tenue d’une session extraordinaire consacrée au sujet, samedi après-midi au Parlement et marquée par l’intervention du chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, ainsi que par celles des groupes parlementaires et du maire de Laâyoune, Hamdi Ould Rachid.
La marche doit prendre son point de départ à la place Bab Chellah, sur les hauteurs des rives du Bou Regreg. Leaders politiques, membres du gouvernement et élus y sont attendues. Les partis politiques ont également appelé leurs membres des sections situées hors de Rabat à venir manifester ce dimanche dans la capitale.
Hasard du calendrier, c’est également ce dimanche que se court le Marathon international de Rabat.
La police et les services de sécurité vont passer une journée au cours de laquelle ils seront très sollicités. S’il y a un conseil à donner pour ce dimanche à Rabat et valable jusqu’aux alentours de 13h, c’est d’éviter de prendre sa voiture au centre-ville et de mettre de confortables chaussures de marche.
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