Annulation de l'accord agricole avec l'UE: ferme réaction marocaine
Le Maroc suivra avec vigilance le déroulement d'une "péripétie judiciaire à forte connotation politique" et prendra, le cas échéant, "les mesures qui s'imposent". Réactions des ministères des AE et de l'Agriculture.
Après avoir pris connaissance de l'arrêt du Tribunal de l'Union européenne au sujet du recours introduit contre l'accord agricole entre le Maroc et l'Union européenne, le Maroc exprime son étonnement de cette décision et s'attend à ce que l'UE prenne les mesures appropriées en vue de trouver une issue définitive à cette procédure, réagit le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.
''Le Royaume du Maroc a pris connaissance de l'arrêt du Tribunal de l'Union européenne au sujet du recours introduit contre l'accord entre le Maroc et l'Union européenne relatif aux mesures de libéralisation réciproques en matière de produits agricoles, de produits agricoles transformés et de produits de la pêche, adopté le 8 mars 2012'', indique vendredi le ministère des Affaires étrangères et de la coopération dans un communiqué.
''Bien que cette décision concerne exclusivement le Conseil européen, et qu'elle ne remet nullement en cause l'accord agricole conclu entre le Maroc et l'Union européenne, le Royaume exprime son étonnement au regard de cette décision concernant un protocole, qui comme tous les accords bilatéraux signés, est conforme à la légalité internationale'', souligne la même source.
''Le Royaume du Maroc s'interroge légitimement sur l'opportunité du maintien de l'édifice contractuel que les deux parties ont réussi à construire sur de longues années dans les domaines politique, économique, humain et sécuritaire, dans un esprit de partenariat et de respect des valeurs internationalement reconnues'' et ''s'attend à ce que l'Union européenne prenne les mesures internes appropriées, en vue de trouver une issue définitive à cette procédure, au demeurant de son seul ressort, dans le respect'', indique-t-on.
''Le Maroc suivra avec vigilance le déroulement d'une péripétie judiciaire à forte connotation politique et prendra, le cas échéant, les mesures qui s'imposent'', affirme la même source.
''Nous demeurons confiants dans la solidité juridique des accords conclus avec l'Union européenne et en la capacité des instances compétentes du Conseil européen à faire prévaloir les règles de droit sur toute autre considération politique'', ajoute le communiqué.
Le Maroc réitère, enfin, ''sa volonté constante d'honorer ses engagements vis-à-vis de l'Union européenne, dans la sérénité et la confiance mutuelle, ainsi que dans le cadre de la légalité internationale'', conclut la même source.
Ministère de l'Agriculture: Une décision qui bafoue les engagements de l’UE
La décision du tribunal européen de remettre en question l’accord agricole entre l’Union Européenne et le Maroc est étonnante et surtout incompréhensible.
A l’heure où l’accord, au bout de trois années d’application, s’approche d’une clause de rendez-vous censée l’orienter vers une plus grande ouverture, nous assistons à cette décision incohérente, qui va à l’encontre de l’esprit de partenariat historique entre le Maroc et l’UE.
Il s’agit d’un accord commercial où les deux partenaires ont eu à faire des concessions afin de conclure un accord juste et équitable -bien que la balance commerciale agricole reste excédentaire en faveur de l’Europe. En l’absence de tout argumentaire qui évoque les fondamentaux de l’accord, il nous paraît clair que les motivations de cette décision sont ailleurs.
Il n’est pas besoin de rappeler que l’accord agricole entre le Maroc et l’UE est passé par une phase de négociation qui a inclut un passage par l’ensemble des institutions européennes et qui a abouti à son adoption par l’UE et à sa signature avec le Maroc.
L’Union Européenne est un partenaire qui a toujours honoré ses engagements et les agriculteurs marocains sont dans l’attente de la suite qui sera réservée par ses différentes instances à cette décision et d’une prompte réaction au vue des grands enjeux liant les deux partenaires.
(Avec MAP)
à lire aussi
Article : Maroc-Espagne. Sebta, Mélilia et la fiction d’un front maroco-américain pour la récupération des présides
Sur fond de tensions inédites entre Madrid et Washington autour de l’usage des bases militaires espagnoles dans la guerre contre l’Iran, une partie du débat public espagnol voit ressurgir le spectre d’une récupération de Sebta et Mélilia par le Maroc avec un appui américain. Une hypothèse nourrie par certaines prises de position et amplifiée médiatiquement, mais qui, à ce stade, relève davantage du fantasme que d’une dynamique diplomatique réelle.
Article : FZ Mansouri veut poursuivre Barlamane en justice
Mise en cause par barlamane.com pour une affaire foncière, la maire de Marrakech annonce qu'elle va poursuivre ce journal en ligne ainsi que tout journaliste qui relaierait ces "allégations non fondées".
Article : Météo: les prévisions du dimanche 25 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le dimanche 26 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie : - Formations brumeuses matinales et nocturnes […]
Article : Sahara: De Mistura évoque un “véritable élan” qui relance l’espoir d’une issue au conflit
Comme prévu par la résolution 2797 adoptée le 31 octobre 2025, le conseil de sécurité de l'ONY s'est réuni à huis clos pour faire le point avec l'envoyé personnel et l'envoyé spécial de l'ONU pour le Sahara, au sujet de l'avancement des efforts de paix.
Article : Immobilier. Les nouveaux choix d'investissement en 2026 à Casablanca
À Casablanca, le marché immobilier change de configuration. La raréfaction des petites surfaces et la hausse des prix pèsent sur le résidentiel, tandis que des segments comme la logistique et l'industriel offrent aujourd'hui des rendements plus élevés. Dans ce contexte, les arbitrages des investisseurs évoluent selon les budgets et les opportunités. Décryptage avec Asaad Sadqi, président de l'Association régionale des agences immobilières Casablanca-Settat.
Article : Un milliard sans garantie de l'État : comment la région Casablanca-Settat a réussi son pari obligataire
La région Casablanca-Settat vient de clôturer sa première levée obligataire, une opération inédite pour une région. La levée est d'un montant d'un milliard de dirhams sur le marché des capitaux, dont 400 millions apportés par la Banque européenne (BERD). Le président de la région, Abdellatif Maazouz, revient sur les coulisses de cette opération, ses fondements financiers et les projets qu'elle est appelée à financer.