Benkirane prend en charge le dossier des étudiants en médecine
Après la réunion de vendredi 16 octobre, la plateforme établie en présence des représentants des étudiants a été transférée au chef du gouvernement. Ce dernier doit négocier avec les Finances des marges de manœuvre.
Le sort des étudiants en médecine est entre les mains de Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement. «Nous avons transmis le dossier au chef du gouvernement». Ce sont les mots de Lahcen Daoudi, ministre de l’enseignement supérieur, joint par Médias 24. Ce dernier refuse de commenter ou de révéler les engagements pris lors de la réunion, tenue vendredi 16 octobre, avec les représentants des étudiants grévistes.
Depuis plus de huit semaines, les étudiants en médecine boycottent les cours en brandissant un cahier revendicatif assez argumenté. Le mouvement semble avoir porté ses fruits. Vendredi dernier, les membres du bureau de coordination des étudiants en médecine du Maroc ont rencontré les ministres de la Santé et de l’enseignement supérieur.
A l’issue de cette réunion, engagement a été pris de régler les points de discorde. Ce qui laissait présager une reprise des cours et une déclaration conjointe pour rassurer toutes les parties. Mais ce n'est pas ce qui s'est produit.
Depuis vendredi dernier, le contact est rompu et les étudiants maintiennent leur boycott des cours. Interpelé au sujet du statu quo, Lahcen Daoudi explique «qu’il n’est pas nécessaire de communiquer à ce sujet, les engagements sont actuellement du ressort du chef du gouvernement».
Entretemps, un communiqué du chef du gouvernement, diffusé ce mardi 20 octobre, garde le silence sur la teneur des engagements pris. Les services de Abdelilah Benkirane se contentent de souligner que les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur sont toujours ouverts au dialogue.
Conciliant certes, le ton du communiqué porte, toutefois, un brin de menace. Le gouvernement y insiste sur «un retour rapide à la situation normale», entendre reprise des cours et des prestations des médecins internes et résidents, eux aussi en grève depuis quatre semaines.
Le gouvernement se dit prêt à «assumer sa responsabilité pour protéger ceux disposés à reprendre les cours». Le geste joint au mot, depuis ce mardi 20 octobre, les facultés de médecine du Maroc connaissent un déploiement sécuritaire impressionnant.
Mohamed Boussaid entre en jeu
En affirmant que le dialogue reste ouvert, le gouvernement veut se donner le temps de négocier les clauses de l’engagement pris avec les représentants des étudiants en médecine. La négociation est, pour cette fois-ci, intra gouvernementale. Abdelilah Benkirane doit arracher au ministre des Finances Mohamed Boussaid les fonds nécessaires à la réalisation des promesses données.
De quoi s’agit-il? Les négociations de vendredi dernier ont abouti l’engagement gouvernemental d’augmenter les indemnités de fonction à 630 DH en deux tranches, en janvier 2016 et janvier 2017.
Cette augmentation ne concerne que les stagiaires de la 3ème année à la 6ème année de médecine. Pour les étudiants stagiaires de la septième année, l’accord préconise une indemnité de 1.500 DH à instaurer en deux tranches également, en janvier 2016 et en janvier 2017.
A cela s’ajoutent les investissements que le ministère de la santé doit réaliser, en propre ou en partenariat, pour mettre à la disposition des étudiants le matériel nécessaires et les établissements adéquats.
Justement, la présentation du projet de loi des Finances ce mardi 20 mardi au Parlement, apportera des éléments de réponse sur le respect ou le non-respect des engagements pris et par conséquent sur la suite des évènements: un retour à la normale dans les facultés de médecine ou une année blanche pour tous.
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