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Les élections et Inezgane au menu d'un Ftour des chefs de la Majorité

Les 4 chefs de la majorité se sont réunis lundi soir. Nabil Benabdellah, secrétaire général du PPS, revient pour Médias 24 sur les décisions politiques entérinées et sur sa position dans le cadre de l’affaire d’Inezgane.

Les élections et Inezgane au menu d'un Ftour des chefs de la Majorité
Samir El Ouardighi
Le 30 juin 2015 à 15h09 | Modifié 30 juin 2015 à 15h09

Abelilah Benkirane, Mohand Laenser, Salaheddine Mezouar et Nabil Benabdellah se sont réunis lundi 29 juin au domicile du secrétaire général du PJD pour un ftour politique, qui a abouti à l’adoption de trois points par les patrons de la majorité gouvernementale:

«À l’approche des élections, un accord de principe a été trouvé pour que nos 4 partis (PJD-RNI-MP-PPS) ne sortent pas de la logique de la majorité». En d’autres termes, les candidats de chacun des partis doivent éviter de se tirer dans les pattes, car des alliances de circonstance ne sont pas à exclure.

«La 2e décision prise concerne l’affirmation d’une position commune de rejet à l’égard de l’affaire des jeunes filles d’Inezgane placées en garde à vue et poursuivies pour atteinte aux bonnes mœurs. Nous nous sommes clairement prononcés contre la procédure judiciaire engagée à leur encontre et nous souhaitons arriver in fine à la fin de leur poursuite pénale».

«En dernier lieu, nous avons convenu de réunir sous peu notre majorité parlementaire (députés et conseillers). Cette rencontre, qui aura lieu avant la fin du ramadan, sera l’occasion de débattre et de faire le point sur le bilan du gouvernement».

"Une bourde monumentale"

Revenant sur le retentissement négatif de l’arrestation de jeunes filles, dont le seul tort était de porter une jupe, Nabil Benabdellah déclare que «cette histoire est une bourde monumentale».

Il rappelle que son parti n’a pas hésité lundi 29 juin à condamner vigoureusement les agissements du substitut à l’origine des poursuites contre les 2 jeunes filles victimes de harcèlement sexuel.

«Avant d’agir, ce magistrat du parquet aurait du mesurer les conséquences de sa décision de mettre en garde à vue les jeunes filles pendant 24 heures et de les poursuivre, pénalement de surcroit.  Pour éviter que cela ne se reproduise, l’accord entériné hier par les chefs de la majorité est très important, car il assume une position commune inédite et de rejet».

À la question de savoir si la récente multiplication d’incidents traduit un raidissement de la seule société marocaine ou plutôt une conséquence d'une politique du PJD, Benabdellah réfute avec force certaines accusations de laisser-faire, voire de bienveillance gouvernementale.

«Sans verser dans la paranoïa, la question se pose plutôt de savoir pourquoi un certain nombre de feux sont allumés pour mettre en cause le Parti de la justice et du développement».

 l’approche des élections, la concomitance des affaires médiatiques (affaire Ayouch, du bikini, de Inezagane, de la Tour Hassan …) est curieuse. Certains milieux se trompent de combat, car le débat doit porter sur d’autres questions comme la réforme de l’enseignement qui est la base de l’avenir".

Sans les citer nommément, notre interlocuteur pointe du doigt la responsabilité des partis «délabrés» de l’opposition, qui s’engouffrent dans chaque brèche pour exister médiatiquement.

Tout en dénonçant ceux qui accusent le ministre de la Justice d’être responsable de l’affaire d’Inezgane, Nabil Benabdellah ne nie cependant pas le retour d’une forme de rigorisme sociétal.

«Ni Ramid ni Benkirane n’ont quoi que ce soit à voir avec cette malheureuse affaire. Nous la devons d’abord à des textes de loi dépassés et à des magistrats voulant coller à certaines postures conservatrices du Maroc".

«C’est malheureux, car il y a indéniablement une sorte de dérive conservatrice lancinante à laquelle nous devons faire très attention. Le combat pour la liberté ne veut pas dire que tout est permis, car être moderniste au Maroc, ce n’est pas sortir dans la rue pour manger publiquement pendant le ramadan. Nous devons tenir compte de notre réalité afin d’avancer graduellement, au risque d’obtenir des réactions inverses à celles souhaitées».

Les voix s’exprimant via les réseaux sociaux qui dénoncent le raidissement de notre société doivent être entendues, mais pour cela, il faut que chaque composante sociale du Maroc s’accepte. Interrogé sur l'horrible scène de lynchage d'un jeune homme accusé d'homosexualité à Fès dans la nuit du lundi 29 juin, le ministre du gouvernement Benkirane la juge "inadmissible et odieuse" et poursuit "qu'elle est très grave, car nul ne peut faire justice en se substituant à la loi".

Concluant sur l’avant-projet de réforme du code pénal, qui fait bondir les partisans des libertés individuelles, le chef du parti du livre se dit optimiste sur un consensus gouvernemental. «À ce jour, cette réforme est toujours au stade d’avant-projet et son adoption finale ne pourra pas se faire sans l’assentiment formel des 4 partis de la majorité».

 

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Samir El Ouardighi
Le 30 juin 2015 à 15h09

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