La FDT rejette les résultats des scrutins professionnels et menace d'aller en justice
La FDT courant Fathi rejette les résultats des élections professionnelles dévoilés le 24 juin dernier par le ministère de l’Emploi. Son secrétaire général s’insurge contre une "volonté manifeste de manipuler la carte syndicale" et se dit prêt à ester en justice pour rétablir les droits de son syndicat.
La Fédération démocratique du travail courant Fatihi a été le seul syndicat à remettre en cause l’issue des élections des délégués professionnels dans le secteur privé. Malgré les dénégations des autorités et des autres centrales, le courant Fatihi de la FDT n’écarte aucun moyen pour annuler les résultats de ces élections.
Dans une déclaration à Médias 24, Abdelhamid Fatihi soutient qu’elles sont entachées d’irrégularités «organisationnelles», car le calendrier électoral prévu initialement du 1e au 10 juin s’est déroulé jusqu’au 20 juin.
«J’ai personnellement eu le ministre Seddiki au téléphone le 19 juin au matin, qui m’a affirmé que les opérations de vote se poursuivaient encore dans les villes de Casablanca et de Tanger. Si elles s’étaient poursuivies pendant seulement 1 ou 2 jours, nous l’aurions accepté mais 10 jours, c'est trop".
«Comment prendre au sérieux les chiffres définitifs du ministère, alors qu’il apparaît que la poursuite illégale des votes s’est faite à notre détriment. L’allongement du délai légal s’est fait pour pouvoir trafiquer les résultats en nous mettant devant le fait accompli», accuse notre interlocuteur.
Hormis le rallongement de la durée des différents scrutins régionaux, Abdelhamid Fatihi affirme que les élections se sont déroulées sans aucun contrôle indépendant au niveau des bureaux de vote.
«Ces scrutins se sont déroulés sans garantie de transparence, car ils n’étaient pas encadrés par la présence d’observateurs issus des syndicats ou des ministères de l’Intérieur et de la Justice. Pour nous, les seuls détenteurs de la vérité des urnes sont les inspecteurs du travail, qui ont été affectés à la surveillance des urnes».
Le secrétaire général poursuit que la FDT a adressé des courriers officiels aux ministères de la Justice et de l’Intérieur, pour les interroger sur leur manquements aux obligations de contrôle.
«Nous attendons de voir s’ils vont entreprendre une enquête administrative, mais si ce n’est pas le cas, nous n’hésiteront pas à déposer plainte au tribunal administratif pour invalider les résultats du secteur privé».
À la question de savoir pourquoi les autorités auraient trafiqué les résultats dans le secteur privé et pas dans le secteur public, Fatihi explique que c’est une question de nombre de délégués élus:
«Au total, le secteur privé élit environ 25.000 délégués professionnels, alors que le secteur public n’en désigne que 8.000. De plus, il aurait été plus difficile aux autorités de nous spolier de nos voix dans la fonction publique et dans les collectivités locales, car historiquement, certains secteurs comme l’enseignement, la santé et la justice sont des bastions de notre centrale syndicale».
Il conclut que malgré les spéculations parues dans la presse, son courant FDT ne disparaitra pas de la scène syndicale. Grâce au jeu des alliances avec certains indépendants, ce syndicat compte faire élire ses représentants à la Chambre des conseillers au scrutin indirect de septembre prochain.
Joint par notre rédaction, Abdeslam Seddiki, ministre de l’Emploi et des affaires sociales confirme ses déclarations faites lors de la présentation des résultats des scrutins professionnels le 24 juin dernier. «Le travail de l’administration qui a organisé ces élections est exempt de tout reproche, car il s’est effectué dans la plus grande transparence. Les résultats finaux sont donc définitifs».
L’autre secrétaire général de la FDT courant Azzouzi soutient la crédibilité des résultats annoncés par le ministre de l’Emploi.
«Comment ce syndicat sécessionniste peut-il mettre en cause la responsabilité du ministère de l’Intérieur, alors qu’il a accepté avant le scrutin de recevoir des subventions qui nous ont été refusées?". "La FDT Fatihi tire simplement un dernier baroud d’honneur pour se dédouaner de sa faute politique, qui a consisté à se rapprocher de Driss Lachgar, le très contesté patron de l’USFP», conclut-il.
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