Un Sarkozy très controversé en visite éclair au Maroc
L’ancien président français est attendu à Casablanca et Rabat dimanche soir et demain lundi.
Le nouveau président des «Républicains» est candidat aux primaires de la droite et du centre français,pour les présidentielles de 2017.
L’homme qui arrive à Casablanca ce dimanche pour s’adresser aux Français du pays avant de rencontrer Abdelilah Benkirane, Mohamed Hassad, Mustapha Ramid et Salaheddine Mezzouar lundi à Rabat, est un homme aux idées confuses. Mais peut-être sont-elles «claires», pour un homme qui espère attirer des voix du centre, avec de plus en plus d’idées empruntées chaque semaine à Marine Le Pen.
“Fuite d’eau“
Sarko, l’homme d’État et ancien locataire de l’Elysée s’est amusé cette semaine à comparer le flot de réfugiés arabes et africains qui touche les côtes italiennes et grecques à «une fuite d’eau». Quelques milliers de morts et de noyés en quelques semaines, cela relève chez le fils d’émigrés hongrois du domaine de «la fuite d’eau». C'est indécent et impoli.
Sarkozy ne s’est pas demandé pourquoi il y a avait des réfugiés, plus de 100.000 depuis janvier dernier qui désespéraient de traverser la Méditerranée. Samedi 20 juin, c’était la Journée internationale du réfugié et l’ONU nous a opportunément rappelé qu’ils étaient 60 millions aujourd’hui en 2015. Un record historique.
Pour sa sortie sur la fuite d’eau, Sarkozy a été traité de «plombier incontinent» par L’Obs qui se demande par ailleurs «où est le petit Français au sang mêlé?» selon les propres termes de Nicolas Sarkozy avant de parler «d’un one-man-show indigne de son rang».
Car il faut visionner la vidéo et regarder et écouter Sarkozy, ancien président français, parler des réfugiés et des damnés de la Terre comme des détritus, d’eaux d’égoûts. Avec en background une petite foule bien rigolarde, genre «gros rouge qui tâche».
Sarkozy ne donne pas l’exemple
En banalisant ce mépris et cette xénophobie, Sarko ne rend service à personne, à commencer par lui-même. Il multiplie ainsi les fautes morales et politiques. Il alimente des courants racistes déjà très forts en Europe. Ce n’est pas son rôle; au contraire même s’il doit perdre une élection pour cela.
Cet «épisode» de la «fuite d’eau» gagne à être rapproché d’une récente intervention de Sarko en Israël. Là où en pré-campagne électorale en France, les réfugiés sont en substance de «la merde», c’est le mot juste dans son esprit, à Tel Aviv le discours est autre.
En visite chez Netanyahu le 8 juin dernier, Sarko défend la solution de deux peuples, deux Etats «précisant» que «les Palestiniens dans un Etat palestinien, les Juifs en Israël, cela posera la question des citoyens arabes. C’est une question qu’il faudra résoudre». Sarko s’aligne sans broncher sur la position de la droite nationaliste qui souhaite déclarer Israël un Etat juif en réservant une place de second rang à ses citoyens arabes et enfants de la Palestine.
Mais Sarko est allé un peu plus loin et c’est là où il apparait démagogique, approximatif et incohérent.
Certains réfugiés sont plus égaux que d’autres …
Intervenant lors d’une conférence dans la banlieue de Tel Aviv le 8 juin dernier, Sarkozy part dans un long exposé sur la dette du monde envers l’Etat juif, «des siècles de persécution juive», la sécurité d’Israël.
Pas un mot sur les Palestiniens, pas un mot sur Gaza. Et quelques jours plus tard, lors d’un meeting en région parisienne, des réfugiés que l’on compare à une fuite d’eau.
Décidément Sarkozy a «de la fuite dans les idées» comme le titre un quotidien parisien. Même Le Figaro s’en mêle. Le quotidien de M. Dassault parle «d’incontinence verbale des représentants du peuple» qui à défaut d’exercer le pouvoir avec efficacité se cherchent une place quelque part «entre Jamel Debbouze et Gad Elmaleh».
Le temps que Sarkozy va passer à Casablanca et Rabat aurait pu être mis à profit pour clarifier idées et ligne politique. Sur lui-même, les basanés, les juifs et les Arabes, s’il considère naturellement qu’un réfugié syrien ou éthiopien de 2015 équivaut à un réfugié juif de 1948 ou du lendemain de la chute du mur de Berlin.
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