Sahara. Un ancien représentant spécial de l’Onu apporte un témoignage instructif
L'ancien représentant spécial du Secrétaire général de l'Onu, Erik Jensen, a réaffirmé, jeudi au siège des Nations Unies à New York, "l'inapplicabilité et la non viabilité" du plan de règlement de l'Onu sur le différend autour du Sahara marocain.
Faisant un bref rappel historique des principales étapes ayant marqué ce différend artificiel, devant les 193 Etats membres réunis dans le cadre de la 4e Commission de l'Onu relevant de l'Assemblée générale, M. Jensen a conclu que le recensement entrepris par l'Espagne, il y a 40 ans, tout comme la tentative du processus d'identification prévu dans le plan de règlement et menée par la Minurso dans des conditions laborieuses, ont abouti au même constat d'échec : l'inapplicabilité du plan de paix des Nations Unies.
"Il faut se rendre à l'évidence et aller de l'avant", un recensement "vieux de 40 ans ne peut avoir tout au plus qu'un intérêt historique", a martelé M. Jensen, un fin connaisseur de la question pour avoir dirigé la Minurso de 1993 à 1998.
Mais une réalisation majeure, pour M. Jensen, fut le "besoin de parler", rappelant, à cet égard, les rencontres organisées par lui-même, notamment à Genève et Rabat en 1996 avec la discussion d'autonomie régionale sur la table comme agréée par les parties. Malheureusement, a-t-il déploré, le "progrès a été entravé par les circonstances".
Dans une précédente intervention devant cette commission, M. Jensen avait souligné que le polisario était "indubitablement intéressé à ce moment là par cette proposition d'autonomie régionale, mais a, depuis changé d'avis dès que ce plan de règlement à refait surface".
Il y a 10 ans, a-t-i rappelé, M. Baker avait, lui même, démissionné après avoir conclu qu'il n'y avait pas d'avenir, même pour des plans alternatifs. Pour M. Jensen, auteur de plusieurs ouvrages sur le Sahara, les négociations permettaient d'aller de l'avant. Reprenant à son compte les propos de son successeur Peter Van Walsum, il dira, que les "négociations façonnent leur propre consensus".
L'ancien représentant spécial de l'Onu est ensuite revenu sur la proposition marocaine d'autonomie présentée en 2007 en réponse à l'appel du Conseil de Sécurité de l'Onu aux parties de négocier une solution politique.
Depuis, a-t-il fait observer face à l'assistance, les différentes réformes entreprises au Maroc, tels que la nouvelle constitution, le Conseil économique et social et les mesures prises contre la corruption et plus récemment le projet de régionalisation, sont autant d'éléments qui militent en faveur du plan d'autonomie.
"Nul besoin de rappeler ici, que face à la menace croissante sécuritaire qui prévaut dans la région sahélo-saharienne, combien est cruciale le règlement de la question du Sahara pour la paix et le développement du Maghreb".
Et de conclure: "après toutes ces années d'espoir déçu, l'heure est venue de faire des compromis!". Une allusion qui ne peut concerner que le polisario et l’Algérie, car le Maroc a fait des compromis.
Au final, le plan de règlement a vécu. Il faut aller vers le compromis.
(Avec MAP)
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