Anti-terrorisme, Yassine Mansouri fait quelques révélations à l’Onu
Dans l’une de ses rares prises de parole publiques, Yassine Mansouri, le discret directeur de la DGED, a exposé quelques points forts de la stratégie marocaine de lutte contre le terrorisme, avec quelques révélations à la clé. Ahmed Toufiq, le ministre des Affaires islamiques, a évoqué la seconde facette de cette stratégie, la maîtrise du champ religieux.
Le Comité contre le terrorisme (CTC) relevant du Conseil de sécurité de l'Onu, a organisé mardi une réunion consacrée à l’expérience marocaine de lutte contre le terrorisme. A l’invitation du CTC, un auditoire de haut niveau a donc écouté avec attention les exposés marocains.
Parmi les présents, des membres du Conseil de sécurité et d'autres Etats membres de l'Onu. Des pays africains comme le Mali, ont apporté leurs témoignages.
La stratégie marocaine a été exposée essentiellement pour ses deux axes religieux et sécuritaire. Il est vrai que les deux font partie de la spécificité marocaine: efficacité sécuritaire anti terroriste d’une part ; monopole du champ religieux fondé sur le malékisme et la commanderie des croyants d’autre part. Dans un cas comme dans l’autre, le Maroc apporte son concours aux pays amis, tels que des pays africains ou maghrébins. Il reste une troisième caractéristique qui fonde l’exception marocaine mais qui n’est pas exportable: le renforcement de l’Etat-nation, contrairement à la tendance récente dans tout le monde arabe.
Le moment fort des exposés marocains a été l’intervention de Mohamed Yassine Mansouri, directeur général des Etudes et de la documentation (DGED). Nous y avons appris que :
- la contribution du Royaume à la lutte anti-terroriste sur le plan international, à travers notamment le "partage de renseignements cruciaux ayant mené à éventer plusieurs complots terroristes contre des pays amis".
-Le Maroc "a développé une dynamique importante avec ses partenaires africains dans des domaines liés notamment à la formation, au partage de renseignements et à la coopération, ce qui a permis d'étouffer dans l'oeuf un grand nombre de projets terroristes qui visaient de hauts responsables de ses pays amis, ainsi que des intérêts occidentaux".
Il a indiqué, par ailleurs, que les attaques terroristes ayant pris pour cible des sites symboliques dans la ville de Casablanca le 16 mai 2003 ont été considérées comme un "signal d'alarme sur les liens existant entre réseaux terroristes locaux et internationaux", ajoutant que ces attaques ont également révélé au grand jour "les intentions belliqueuses d'Al-Qaïda et de ses franchises envers le Royaume, notamment +le Groupe salafiste pour la prédication et le combat+ (GSPC), devenu plus tard Al-Qaïda dans le Maghreb Islamique (Aqmi)".
Depuis 2005, a rappelé M. Mansouri, les autorités marocaines ont réussi à démanteler des réseaux terroristes opérés par des membres d'Aqmi basés au Sahel, dont les plus actifs sont les structures dénommées "Fath Al Andalous" (2008), "Al Mourabitoune Al Joudoud" (2009), composé de membres du "Front Polisario" et la structure d'Amgala (2011), dont le démantèlement a permis la saisie d'un arsenal d'armes qui allait être utilisé contre des intérêts nationaux et internationaux.
La menace terroriste émanant de la région Sahélo-Saharienne, a mis en garde le directeur général des Etudes et de la documentation, est aujourd'hui exacerbée par des alliances entre Aqmi et le polisario, ainsi que par d'autres groupes terroristes, dont le +MUJAO+, +Boko Haram+, +Al Chabab Islami+ en Somalie et +Ansar Acharia+ en Tunisie et en Libye.
Mettant en avant l'impérieuse nécessité d'une coopération anti-terroriste affirmée dans la région du Maghreb, M. Mansouri a regretté un déficit dans ce domaine au regard des menaces terroristes qui guettent cet ensemble géographique et son voisinage immédiat, à savoir la région Sahélo-Saharienne.
Vidéo du point de presse à l’issue de la réunion.
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