Mohammed VI: nous ne voulons pas d’un Maroc à deux vitesses
Le Maroc doit entrer définitivement dans le cercle des pays émergents. Et pour cela, il y a un palier à passer. Il faut poursuivre les réformes et les efforts. Un discours de stratégie et de mobilisation que le Roi Mohammed VI a prononcé à l’occasion de la Révolution du Roi et du Peuple.
Dans un discours adressé à la Nation à l'occasion du 61è anniversaire de la révolution du Roi et du peuple, le Souverain a indiqué que le Royaume a pu, au cours des quinze dernières années, conforter son cheminement démocratique, tout en consolidant les fondements d'un modèle de développement intégré et durable, porté par l'impératif de lancer des projets structurants, allié à la volonté de promouvoir le développement humain et durable.
Tout en s'interrogeant sur la catégorie où le Maroc peut être classé par rapport à d'autres pays, le Roi a fait savoir que chaque pays poursuit, en matière de développement, un parcours qui lui est propre, selon ses ressources, son capital et les écueils et difficultés qu'il vient à rencontrer.
Dans le cas du Maroc, a précisé le Souverain, "l'économie nationale a connu une transformation profonde dans sa structure et une grande diversification dans ses secteurs productifs", lui ayant permis de réaliser un taux de croissance élevé et constant, et de maintenir les grands équilibres, en dépit des retombées de la crise économique mondiale.
Satisfécits aux stratégies sectorielles, Halieutis, Maroc Vert, Emergence ainsi que le groupe OCP
Le Roi a passé en revue les stratégies sectorielles et leurs résultats concrets qui ont contribué à la clarification de la vision et au repositionnement de l'économie nationale sur le plan régional et international, évoquant à cet égard les résultats des Plans Maroc Vert, Halieutis, Emergence Industrielle et d'énergie solaire et éolienne.
Le Souverain a également souligné que la mise en place de partenariats fructueux, tant avec les pays arabes en particulier les Etats du Conseil de Coopération du Golfe qu'avec les pays d'Afrique subsaharienne, ou encore le statut avancé liant le Maroc à l'Union Européenne, et les accords de libre-échange avec un grand nombre d'Etats, ont favorisé l'amélioration du climat des affaires et la création de pôles économiques compétitifs.
Dans le même registre, le Souverain a exprimé Sa satisfaction quant à "la contribution que nombre d'entreprises du secteur privé et d'établissements publics, ont apportée au développement de l'économie nationale, aussi bien en interne qu'à l'extérieur".
L'Office Chérifien des Phosphates constitue à cet égard un véritable modèle au regard de la stratégie nationale et internationale efficace dont il dispose et compte tenu de la vision claire, de la bonne gouvernance et de l'efficacité qui le caractérisent, a ajouté le Roi.
Tous ces facteurs, a fait savoir le Souverain, consacrent l'intégration du Maroc dans le marché mondial des phosphates, "ressource qui est devenue un enjeu universel tant elle est étroitement liée à la sécurité alimentaire".
>Un modèle mature. Le modèle marocain de développement a atteint un niveau de maturité qui l'habilite à faire une entrée définitive et méritée dans le concert des pays émergents, a affirmé SM le Roi Mohammed VI, soulignant la nécessité de mettre en place des groupes forts et des entreprises puissantes, de se doter de ressources humaines qualifiées et d'une bonne gouvernance pour relever ce défi.
"Notre modèle de développement a atteint un niveau de maturité qui l'habilite à faire une entrée définitive et méritée dans le concert des pays émergents. Toutefois, les prochaines années seront décisives pour préserver les acquis, corriger les dysfonctionnements et stimuler la croissance et l'investissement", a souligné le Roi.
>Compétitivité : un retard significatif. Le Souverain qui a relevé le "retard significatif" accusé par l'économie marocaine en matière de compétitivité des entreprises notamment exportatrices en raison de l'éparpillement et de la faiblesse du tissu industriel et de la concurrence du secteur informel, a noté que "cette situation appelle la mise en place de groupes forts et d'entreprises puissantes permettant de renforcer la résilience de l'économie nationale, tant pour faire face à la concurrence internationale que pour tisser des partenariats avec les petites entreprises à même de favoriser le développement au niveau national".
Le Roi a également souligné l'impératif de se doter de ressources humaines qualifiées en tant que "préalable majeur pour rehausser la compétitivité et répondre ainsi aux exigences du développement et du marché de l'emploi et pour accompagner la progression et la diversification que connaît l'économie nationale".
Le Souverain a en outre relevé l'importance de la bonne gouvernance qui constitue "la clé de réussite de toute réforme" et qui "est essentielle à la réalisation des objectifs de toute stratégie", soulignant la nécessité de continuer à améliorer le climat des affaires, notamment en allant de l'avant dans la réforme de la Justice et de l'Administration, la lutte contre la prévarication et la moralisation de la vie publique.
"Nous estimons que cette tâche est une responsabilité qui incombe à toute la société, citoyens et associations, et qu'elle n'est pas du seul ressort de l'Etat", a affirmé le Souverain qui a souligné également l'impératif de "renforcer le rôle stratégique de l'Etat en matière de régulation et d'organisation et d'engager avec audace les grandes réformes, notamment en matière de régimes de retraite et de fiscalité, tout en veillant à poursuivre l'application des règles de bonne gouvernance dans tous les secteurs."
>L’élément humain, vraie richesse. Le Roi Mohammed VI a souligné que l'élément humain reste "la vraie richesse" du Maroc et l'une des composantes essentielles du capital immatériel du Royaume.
Le Souverain a réitéré son appel à "quantifier et à valoriser ce capital, compte tenu de la place qui lui revient dans l'impulsion de tous les chantiers et de toutes les réformes et en matière d'insertion dans l'économie de la connaissance".
Le Roi a relevé, à cet égard, que le processus de développement de certains pays émergents se caractérise par "l'apparition de symptômes négatifs illustrés par le creusement des écarts entre les couches sociales". C'est pourquoi, a expliqué le Souverain, "nous veillons à ce que le développement économique aille de pair avec l'amélioration des conditions de vie du citoyen marocain".
>Nous ne voulons pas d’un Maroc à deux vitesses. "En effet, nous ne voulons pas d'un Maroc à deux vitesses : Des riches qui bénéficient des fruits de la croissance et s'enrichissent davantage, et des pauvres restés en dehors de la dynamique de développement et exposés à plus de pauvreté et de privation", a insisté le Souverain.
Le Roi a fait observer que "c'est dans cet esprit que s'inscrivent les programmes de l'Initiative nationale pour le Développement humain, expérience dont plusieurs pays ont exprimé le souhait de profiter, ainsi que le volet social des plans sectoriels qui attachent un intérêt particulier au développement local et humain".
Le discours royal s'est également voulu rassurant quant au potentiel de développement du Maroc et à la capacité des Marocains de relever les défis à venir.
"Nous avons tenu à mettre en évidence et confirmer la réputation des Marocains connus pour leur sérieux et leur dévouement au travail", a souligné le Souverain, relevant que les Marocains ont "démontré leur capacité à donner et à créer, dès lors qu'ils disposent des moyens nécessaires et des conditions idoines pour entreprendre n'importe quelle action, de n'importe quelle nature, petite ou grande, intellectuelle ou manuelle, et ce, en dépit du fléau du chômage".
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