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Agro-alimentaire. Ruée internationale sur le marché russe

En imposant le 7 août un embargo d’un an sur de nombreux produits alimentaires en provenance de l’Union Européenne (UE), des Etats-Unis, de l’Australie, du Canada et de la Norvège, la Russie laisse un vide que plusieurs pays dont le Maroc aimeraient combler.

Agro-alimentaire. Ruée internationale sur le marché russe

Le 13 août 2014 à 18h21

Modifié 11 avril 2021 à 2h36

En imposant le 7 août un embargo d’un an sur de nombreux produits alimentaires en provenance de l’Union Européenne (UE), des Etats-Unis, de l’Australie, du Canada et de la Norvège, la Russie laisse un vide que plusieurs pays dont le Maroc aimeraient combler.

Dans cette nouvelle redistribution des cartes, la Chine, le Brésil, l’Egypte ou encore le Chili ont déjà pris une longueur d’avance…

 

Le Maroc se retrouve devant l’opportunité de booster ses exportations de fruits et légumes en profitant de cet embargo. D'après les calculs actualisés de la Commission européenne, l’embargo russe causera un préjudice de 12 milliards d'euros par an aux exportations agro-alimentaires européennes, souligne le quotidien La Voix de la Russie.

Officiellement, la Russie affirme que c'est surtout le secteur agricole local qui va en bénéficier. Dans cette optique, le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a annoncé le 8 août le déblocage d’une aide de 50 milliards de roubles (environ 11 milliard de DH). 

Mais en attendant de lancer sa production locale jusqu’à l’autosuffisance, Moscou négocie d'ores et déjà une redirection de ses importations sur d’autres pays.

La Russie est déjà le premier client du Maroc pour les agrumes

Le volume des échanges commerciaux bilatéraux dépasse actuellement les 2 milliards de dollars, faisant du Maroc le second partenaire commercial de la Russie en Afrique, après l’Egypte.

Les fruits et légumes, et notamment les agrumes représentent l’essentiel des exportations marocaines vers la Russie.

Avec 50 à 55% du volume exporté, la Russie est en effet le premier client du Maroc pour les agrumes. Hors agrumes, le marché russe absorbe 15% des exportations marocaines de fruits et primeurs. 

Or, depuis l’annonce de l’embargo, aucune action coordonnée n’a été entreprise par les professionnels, qui semblent attendre la tenue de la 5e session de la commission mixte maroco-russe qui se réunira du 15 au 17 septembre à Rabat et qui verra la présence du ministre russe de l'Agriculture Nikolaï Fedorov.

A l’évidence, le Maroc n’est pas le seul pays à vouloir améliorer sa part de marché. Selon le quotidien La Voix de la Russie, les pays où la Russie achètera désormais des fruits et légumes seront la Turquie, l'Argentine, l'Arménie, l'Egypte, le Maroc, le Chili, la Chine, l'Ouzbékistan et l'Azerbaïdjan, tandis que le Brésil se trouve en pôle position pour renforcer ses ventes de viandes.  

La Russie et l’Egypte renforcent leurs échanges

Profitant de la visite du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi en Russie, les deux pays ont décidé mardi de renforcer leurs échanges de biens alimentaires. En effet, Moscou va fournir au Caire au moins 5 à 5,5 millions de tonnes de blé et augmenter de 30% ses importations de produits agricoles égyptiens, souligne l’agence Reuters.

La Chine ouvre un nouveau terminal

Pékin ouvrira un nouveau terminal pour envoyer des fruits et légumes en Russie. Il s’agit d’une nouvelle zone de contrôle douanier avec une procédure accélérée de vérification des produits passant la frontière russe, écrit mercredi le quotidien Kommersant, cité par l'agence russe d'information internationale RIA Novosti

Le Brésil veut exporter plus de viandes

Le Brésil se prépare à intensifier ses exportations de viande en direction de la Russie. Ce vaste pays qui a exporté pour plus de 2 milliards d’euros de produits agroalimentaires vers la Russie en 2013, voit déjà dans l’annonce de cet embargo l’occasion de s’implanter davantage sur le marché russe et dynamiser sa balance commerciale.

Ainsi, une centaine de producteurs alimentaires brésiliens ont reçu un permis d'exportation vers la Russie au cours de la semaine écoulée, a indiqué mardi Nikolaï Fiodorov cité par l’agence Reuters.

Le quotidien Folha de São Paulo a pour sa part annoncé que le service sanitaire russe avait, dès le 7 août, «augmenté approximativement de 30 à 90 le nombre d’opérateurs brésiliens autorisés à exporter de la viande bovine, porcine et de la volaille».

Le Chili négocie la vente de fruits et de Saumon

Des producteurs de l'agroalimentaire chilien négocient la vente de fruits et de saumon à la Russie, espérant ainsi profiter du vide créé par l'embargo de Moscou sur les produits agroalimentaires européens, ont indiqué le 11 août des responsables du secteur, selon l’AFP.

«Les Russes ont demandé notre aide pour leur trouver des fournisseurs. Nous sommes dans un processus de négociation et de recherche de producteurs», a expliqué à l'AFP Diego Vicente, responsable de la Business Development Platform (BDP), une plateforme crée par la Société nationale d'agriculture pour promouvoir les exportations du Chili à la Russie.

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