Des associations des droits de l'Homme répondent à Hassad
Des associations de défense des droits de l’Homme s’insurgent contre les propos tenus par le ministre de l’Intérieur la semaine dernière au Parlement. Dans son exposé, Mohamed Hassad avait fait un parallèle, jugé dangereux pas les associations, entre leurs activités et la montée de la menace terroriste.
"Les services sécuritaires se trouvent confrontés, durant l’exercice de leur mission, aux agissements de certaines associations et entités nationales qui, prétextant la défense des droits de l’Homme, n’hésitent pas à accuser à tort les services de sécurité… leur but est d’affaiblir la vigilance de l’appareil sécuritaire et de miner le moral des agents des forces de l’ordre." C’est en ces termes que le ministre de l’Intérieur Mohamed Hassad s’est adressé au Parlement.
La réaction ne s’est pas fait attendre. Une réunion urgente s’est tenue vendredi dernier au siège du forum des alternatives, et a vu la participation d’une trentaine d’association, réunies dans la coalition marocaine des associations des droits de l’homme, présidée par l’ancienne présidente de l’AMDH Khadija Ryadi, cette réunion a connu également la participation de la Dynamique de l’appel de Rabat.
Dans un communiqué parvenu à Médias 24, l’AMDH condamne fermement ces accusations qui tendent à rendre les associations des droits de l’Homme responsables ou (du moins) complices du terrorisme, au lieu de s’attaquer aux réelles causes que sont "le chômage, la dilapidation des deniers publics, l’injustice, l’impunité et les violations des droits humains."
A l’issue de la réunion, les associations se sont constituées en front pour contre-attaquer le ministre. "Les propos du ministre de l’Intérieur ne peuvent être considérés ni comme une erreur isolée, ni comme lapsus. Ces accusations répondent à un plan visant à combattre les libertés et les droits au Maroc en brandissant le spectre de la menace terroriste," accusent les associations dans un communiqué conjoint.
Par ailleurs, et pendant la même intervention, le ministre s’est attaqué aux sources de financement étrangères de ces mêmes associations.
"Ces agissements (financements étrangers) entrent dans le cadre d’une campagne étudiée, au service de certains agendas étrangers, et poussant les organisations internationales à adopter des positions contraires aux intérêts nationaux," a déclaré M. Hassad.
Joint par téléphone, le coordinateur associatif Mohamed Leghtas, nous déclare que "les financements étrangers entrent dans des programmes de collaboration et non de subvention, au même titre que ceux passés entre les ministères et les différentes instances internationales. Pour obtenir ces financements de la part de l’Union Européenne ou d’autres organismes internationaux, il faut remplir les conditions de cahiers des charges précis. De plus, les associations déclarent leurs financements et leurs comptes au Secrétariat général du gouvernement. L’ensemble de ses mesures contribuent à garantir la transparence dans la gestion financière des associations."
Quoi qu’il en soit, ces associations sont sur la même longueur d’onde, et comptent bien faire entendre leurs voix. A ce propos, une conférence de presse se tiendra jeudi 24 juillet, et annoncera sans doute les prochaines positions et actions des associations marocaines de droits de l’Homme.
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