Un périple Dakar-Casa à bord d’une camionnette et en photos

Le photographe de presse Hassan Ouazzani a relevé le défi d’entreprendre et de documenter le parcours Casablanca-Dakar à bord d’une camionnette, tel qu’accompli par les passagers clandestins venus du Sénégal et d’ailleurs. Pari réussi.  

Un périple Dakar-Casa à bord d’une camionnette et en photos

Le 16 juillet 2014 à 13h34

Modifié 11 avril 2021 à 2h36

Le photographe de presse Hassan Ouazzani a relevé le défi d’entreprendre et de documenter le parcours Casablanca-Dakar à bord d’une camionnette, tel qu’accompli par les passagers clandestins venus du Sénégal et d’ailleurs. Pari réussi.  

Compte tenu de sa position géographique, le Maroc est devenu depuis plusieurs années une terre d’accueil pour les ressortissants subsahariens, alors qu’il a longtemps été relégué au rang de pays de transit. C’est donc dans ce cadre que Hassan Ouazzani a inscrit le reportage photo qui a résulté de son périple et qu’il a sobrement baptisé « Roadtrip Casa Dakar ».

En effet, ce dernier retrace les différentes étapes de ce voyage, telles que vécues par Hassan Ouazzani.C’est à bord de la camionnette de Saliou, un Sénégalais de 35 ans qui a vécu 2 ans au Maroc, que le photographe découvre au fur et à mesure les dessous de ce circuit.

Saliou fait l’aller-retour entre les deux métropoles une fois par mois. Il charge des marchandises marocaines pour ensuite les vendre à Dakar.

Sur le chemin du retour, il embarque des passagers subsahariens désireux de quitter leurs pays respectifs et pour qui la seule issue est de migrer vers d’autres cieux, en passant tout d’abord par le Maroc.

Au-delà de sa visée informative sur les conditions désastreuses dans lesquelles s’opère ce périple, le roadtrip effectué par Hassan Ouazzani a aussi été l’occasion de nouer des liens sociaux là où ces derniers s’effritent et se raréfient, puisque les migrants sont dans une double situation de pauvreté et d’exclusion sociale. Ce reportage ambitionne donc de mettre en lumière un phénomène connu, mais dont on ignore tout des coulisses.

À Médias 24, Hassan Ouazzani raconte les dessous de ce périple.

Tout commence en 2012 lorsqu’il participe aux ateliers de Reporting Change. Organisée conjointement par World Press Photo et Human Rights Watch, cette série d’ateliers est née dans la mouvance du printemps arabe et a permis d’offrir une formation à des photographes professionnels et amateurs issues de la région Mena, soucieux de la question du changement dans l’environnement géographique dans lequel ils évoluent.

Le reportage "Roadtrip Casa Dakar", qui a nécessité trois semaines de travail entre fin février et début mars, s’inscrit donc dans le programme dédié au storytelling visuel "Stories of Change", ayant résulté des ateliers cités plus haut.

"Pour moi, ce périple avec des transporteurs de marchandises est lié au changement au vu de l’actualité marocaine et des réformes menées depuis début 2014. La société marocaine est en train de changer ; il y a de plus en plus de migrants subsahariens qui viennent s’installer au Maroc. Faire la route était donc une manière pour moi de mettre en lumière les circuits d’échange qui existent avec l’Afrique subsaharienne", nous confie-t-il.  

À la question des difficultés rencontrées, Hassan Ouazzani nous explique que les obstacles auxquels il a fait face relèvent des aléas de la route et sont principalement d’ordre organisationnel. "La camionnette au bord de laquelle je voyageais a connu une panne en plein désert de Mauritanie. Dans un souci de gain de temps, j’ai dû me rendre à Dakar, plutôt que de rester avec le conducteur au désert. Une fois arrivé à Dakar, j’ai peiné à rencontrer des transporteurs car je n’avais pas de contact et que, contrairement à ce qui se fait au Maroc, ils n’ont pas de lieu de rassemblement".

Par ailleurs, il nous raconte que les personnes rencontrées au fur et à mesure de son périple se sont toutes montrées ouvertes à la coopération. "Il suffit simplement de leur parler en amont et de leur expliquer la nature du projet préalablement au tournage", précise-t-il.

Aux côtés du photojournaliste de 31 ans qui a collaboré avec plusieurs journaux et magazines de renom, cinq autres photographes inscrits dans le projet de storytelling "Stories of Change" se sont intéressés de près au Maroc.

Si Zara Samiry a choisi, elle aussi, d’inscrire son reportage "A contre-sens" dans le thème des migrations, ce n’est pas le cas de tous.

Abdellah Azizi et Joelle Gueguen se sont tous deux penchés sur la place occupée aujourd’hui par la femme dans la société marocaine, et ce selon des angles différents. Joseph Ouechen et Jean Madeyski se sont, quant à eux, attardés sur les différents modes de vie qui ont récemment vu le jour au Maroc et qui se sont vus adoptés tour à tour par des Marocains de tous bords.

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