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Un rapport de Rand corporation: le Maroc a une forte capacité de résister au terrorisme

Dans un rapport intitulé "Une menace persistante: l’évolution d’Al Qaida et autres jihadistes- salafistes", destiné au Département de la défense américain et récemment rendu public, Seth G. Jones du think tank américain Rand Corporation attire l’attention sur l’importante croissance des groupes jihadistes et le terrain favorable que représente pour leur développement la situation en Syrie et en Irak notamment.  

Un rapport de Rand corporation: le Maroc a une forte capacité de résister au terrorisme

Le 11 juillet 2014 à 12h52

Modifié 11 avril 2021 à 2h36

Dans un rapport intitulé "Une menace persistante: l’évolution d’Al Qaida et autres jihadistes- salafistes", destiné au Département de la défense américain et récemment rendu public, Seth G. Jones du think tank américain Rand Corporation attire l’attention sur l’importante croissance des groupes jihadistes et le terrain favorable que représente pour leur développement la situation en Syrie et en Irak notamment.  

Seth G. Jones est directeur du Centre pour la sécurité internationale et la politique défense de la Rand Corporation et enseigne à la Johns Hopkins University de Washington. Il a également été représentant du commandant américain des opérations spéciales.

Depuis 2010, note la Rand Corporation, "le nombre de groupes jihadistes s’est accru de 58% avec un doublement du nombre de combattants et un triplement du nombre d’attaques par Al Qaida" (Graphiques en pages 27 et 35 du rapport), la menace la plus importante pour les Etats-Unis provenant du Yémen, de Syrie, d’Afghanistan et du Pakistan.

"La Libye représente le sanctuaire le plus actif pour les groupes salafistes-jihadistes en Afrique du Nord, et la Syrie pour les groupes actifs au Levant" (Cartes en pages 31 et 32). Al Qaida au Maghreb islamique AQMi a été fondé en 2006.

Les salafistes jihadistes se définissent par deux critères,  prônant  un retour à un islam "pur" et considérant le jihad comme un devoir religieux personnel.

Ennemis proches et ennemis lointains

Seth Jones note que 99% des attaques commises en 2013 par Al Qaida et ses affiliés ont visé des cibles de "proches ennemis" en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, signifiant par là des cibles dans les pays musulmans. "Cela suggère, indique Jones, que Al Qaida et ses affiliés ont délibérément choisi de se concentrer sur "l’ennemi proche" pour le moment, trouvant difficile de frapper "l’ennemi lointain" dans le monde occidental, ou une combinaison des deux".

Selon Rand Corporation, "une des raisons de la croissance de ces groupes est la faiblesse des Etats en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Des gouvernements faibles ont des difficultés à maintenir l’ordre et à faire respecter la loi, ce qui permet à des groupes militants et d’autres acteurs de remplir le vide".

Le rapport distingue comment le mouvement jihadiste-salafiste s’est "décentralisé" en quatre groupes: le noyau d’Al Qaida dirigé par Ayman Al Zawahiri au Pakistan, des groupes qui ont fait allégeance à Al Qaida, des groupes jihadistes-salafistes qui ne font pas allégeance à Al Qaida mais sont engagés sur le but d’établir un émirat islamique et enfin, des individus et des groupes qui s’inspirent d’Al Qaida et de la mouvance jihadiste-salafiste.

En plus des menaces de haut niveau en provenance du Yémen, de Syrie, d’Afghanistan et du Pakistan, le rapport identifie des groupes basés en Somalie, en Irak, en Libye, au Liban, au Nigéria et en Algérie qui représentent une menace moyenne. Les groupes actifs au Mali, en Tunisie et au Maroc sont considérés représenter une menace de niveau inférieur.

Pour le Maroc, deux groupes sont cités dont le fameux Assirat Al Mustakim, considéré comme responsable des attentats de mai 2003 à Casablanca. Les deux groupes restent cependant très marginaux et de très faible envergure par rapport à ce qui se passe dans la région.

Pour Jones, trois manières de riposter à ces menaces sont envisageables

Premièrement, "les Etats-Unis doivent adopter une stratégie anti-terroriste plus adaptée et poursuivre leur engagement à travers des opérations de renseignements et diplomatiques pour cibler de manière précise ces groupes et leurs réseaux de soutien financiers, logistiques et politiques là où il y a une menace pour les Etats-Unis ou une faible capacité d’agir du gouvernement local".

Deuxième stratégie selon Jones, "Les Etats-Unis peuvent mettre en avant une stratégie de partenariat dynamique qui implique le déploiement de forces militaires américaines limitées et d’agents de renseignements, l’entrainement de forces de sécurité locales, la collecte de renseignements et la perturbation du financement du terrorisme ».

Enfin, la 3è stratégie est appelé "équilibre offshore" et consiste à compter sur des alliés extérieurs et des gouvernements locaux pour contrer les groupes terroristes là où la menace pour les Etats-Unis est faible ou inexistante, évitant ainsi tout engagement américain direct.

Pour Jones, les Etats-Unis doivent développer une stratégie avec un engagement direct au Pakistan, en Afghanistan, au Yémen et peut-être en Syrie où la menace est importante et les Etats faibles. Une relation de partenariat dynamique à long terme doit concerner le Nigéria, l’Algérie, la Somalie, la Libye, l’Egypte, le Liban et l’Irak avec l’implication d’alliés régionaux américains tels Israël et la Jordanie.

Avec le Maroc et le Mali, les Etats-Unis doit encourager les alliés de l’OTAN à travailler avec les gouvernements locaux, "car la menace terroriste pour les Etats-Unis est faible". Enfin souligne Jones, "les Etats-Unis doivent constamment réévaluer ces catégorisations quand des changements se produisent dans l’environnement des menaces et la capacité et la volonté des gouvernements locaux à contrer les groupes terroristes".

Warning sur l’Afghanistan, la Syrie et huit autres pays

Le rapport attire enfin les dangers que pourrait représenter le retrait militaire américain d’Afghanistan en 2016 et conseille à Washington d’agir de manière plus déterminée contre les groupes salafistes en Syrie, "de manière clandestine ou avec les alliés locaux et régionaux". Selon Jones, "la moitié des groupes salafistes recensés se trouvent en Syrie et les combattants de Jabhat al Nousra et de l’Etat islamique en Irak et au Levant ont commis près des deux-tiers des attaques terroristes enregistrées en 2013". Le rapport recense 49 groupes salafistes jihadistes. Il faut cependant préciser que sur la seule Syrie, d’autres sources crédibles ont estimé le nombre de groupes combattants à un millier, mais il s’agit souvent de petites katibas d’une vingtaine d’hommes en moyenne.

Rand Corporation évalue le nombre de jihadistes dans le monde dans une fourchette très large : 40.000 à 100.000 individus.

Jones juge la menace syrienne sérieuse car ce front se trouve au cœur du Moyen-Orient et proche de la Turquie, de la Jordanie et d’israël et à proximité de l’Europe. Jones conseille de s’allier à Ankara, amman et Riyad pour affaiblir les groupes jihadistes basés en Syrie, rappelant que des centaines de combattants jihadistes en Syrie et en Irak sont d’origine européenne.

En substance, le Maroc, l’Arabie saoudite, la Malaisie et les Philippines représentent les pays où la capacité de l’Etat est la plus forte et la menace terroriste la plus faible.

A l’inverse, l’Algérie, le Liban, la Syrie, l’Afghanistan l’Irak, le Pakistan, la Libye, le Yémen et le Nigéria ont des capacités gouvernementales faibles et un haut niveau de menace terroriste (Page 50), la Tunisie et l’Egypte se situant entre ces deux groupes.

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