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Abdelilah Benkirane présente un bilan enjolivé de son action

Deuxième évènement le plus attendu de la semaine après le match Allemagne-Brésil, le bilan de mi-parcours du gouvernement a été présenté par Benkirane, mardi soir, devant le parlement, dans une salle à moitié vide.

Abdelilah Benkirane présente un bilan enjolivé de son action
Reda Zaireg
Le 9 juillet 2014 à 15h18 | Modifié 9 juillet 2014 à 15h18

On s'attendait à ce qu'il sorte le grand jeu. Benkirane est, d'abord, arrivé en retard. Devant une salle à moitie-vide, Rachid Talbi Alami a ouvert la séance en rappelant que ce bilan est présenté conformément à l'article 101 de la constitution (qui dispose le chef du gouvernement de présenter devant le parlement un bilan d’étape de l’action gouvernementale, à son initiative ou à la demande du tiers des membres de la chambre des représentants ou de la majorité des membres de la chambre des conseillers).

Parmi les députés, certain-es portaient des pancartes de protestation dont, les plus visibles, critiquaient les propos tenus par Benkirane au sujet des femmes.

Benkirane a ouvert le bal en déclarant que toute "évaluation objective du travail du gouvernement nécessite de prendre en compte le contexte politique, économique et social dans lequel ce gouvernement est arrivé. Que ce soit au niveau mondial, régional ou national".

Il a invité à ne pas oublier "ce que le gouvernement a fourni comme efforts pour mettre fin à cette situation, en créant une nouvelle dynamique de solidarité au sein des composantes de la majorité (...), et en travaillant pour promouvoir la paix sociale. Sur le plan politique, il faut rappeler que l'expérience actuelle est venue dans un contexte exceptionnel." Dans la même veine, il dira aussi, vers la fin de son discours, "que travailler sous une nouvelle constitution n'est pas aussi facile que sous une ancienne, à laquelle tout le monde a eu le temps de s'entraîner".
Ensuite, le chef du gouvernement a rappelé les multiples obstacles que devait dépasser le Maroc en 2011: manifestations sectorielles; revers relatifs à l'affaire du Sahara; dérèglements macro-économiques, etc. "Tout cela a fait en sorte que le nouveau gouvernement a du affronter des défis économiques et financiers très difficiles".
Et de jouer la carte de la légitimé populaire, en scandant qu'il "faut reconnaitre que nos rues enflammées, pendant une année, on fait douter bien des gens de l'avenir. Mais dès que le gouvernement a été élu, les rues se sont calmées, et sont calmes jusqu'à aujourd'hui".
"Beaucoup de pays possédant plus de ressources et de richesses que nous auraient espéré vivre la même situation et la même stabilité que nous. Pour cela, nous considérons aujourd'hui que l'une des plus importantes réalisations de notre gouvernement a été de sortir le pays d'une situation politique et économique critique, et de l'avoir guidé vers une nouvelle période".

 


Il a, également, répondu à ceux qui lui reprochent d’être plus un chef de parti qu'un chef de gouvernement: "certaines décisions ou réformes entreprises par nous ont nécessité un courage particulier. Jamais nous ne nous sommes comportés, dans ce gouvernement, avec une logique électorale, en évitant de prendre des décisions qui nous auraient rendus impopulaires. Nous n'y avons accordé aucune importance. Et nous n'y accorderons aucune importance. A chaque fois que nous aurons vu que c'est dans l’intérêt de notre pays de prendre une décision, on le fera, même quand ses répercussions sur nous seront négatives".
Après l'introduction, qui aura duré moins d'une vingtaine de minutes, Benkirane a commencé la présentation du bilan.
"Sur le dossier de l'intégrité territoriale, cette période a permis l'affirmation de la position marocaine (...). Les résultats positifs sur ce plan signifient que, pour mettre fin aux plans des ennemis de l'unité territoriale, il faut doubler les efforts et présenter des initiatives". Le chef du gouvernement en a profité pour parler de la cause palestinienne, rapidement survolée.
Il s'est, ensuite, attelé à la réforme de la Justice, et a conclu en disant que "chaque mot que j'ai prononcé a un programme, des possibilités et un budget".

Le dossier de la régionalisation avancée et des élections communales a été lui aussi mentionné: "c'est probablement la première fois que les élections sont préparées un an à l'avance (...). Et tout cela se déroulera sous la supervision du chef du gouvernement, aidé par le ministre de l'intérieur, avec lequel je travaille dans la sérénité totale".

Puis, chassez la benkiranitude, et elle revient au galop: "N'était-ce pas la demande des parlementaires, que le chef du gouvernement supervise les élections? Ou bien vous n'appréciez pas le chef du gouvernement ? (Rires) Ça, c'est autre chose. Ceux qui l'apprécient, c'est bien. Quant aux autres, qu'ils soient patients".
L'économie, l'amélioration du climat des affaires et les mesures prises pour attirer les investisseurs se tailleront la part du lion de son discours. Elles seront suivies par le sujet des impôts --en disant que le Marocain doit être fier de les payer--, des retraites, dont il reconnaît le caractère problématique et l'inéluctabilité des réformes.

Il a aussi parlé éducation et chômage: "la formation est la solution pour lutter contre le chômage, non la fonction publique. Et nous sommes prêts à former les jeunes". Quant aux bourses universitaires, "il ne sera pas possible de les généraliser".
L'affaire l'ONEE a été brièvement abordée. "Le gouvernement a préparé le contrat programme pendant plus d'un an. (....) (Ce dernier) permettra à l'office de payer les PME qui travaillaient avec elle, et qui sont menacées de faillite". Toujours selon lui, "4 millions de familles ne paieront pas 1DH de plus. Et 1.1 million de familles auront 1 DH de plus par tranche".
Au sujet de la baisse des prix des médicaments, il a tenu à remercier Louardi, le ministre de la santé qui, "depuis l'application de ce projet, a du embaucher un garde du corps, pour éviter les agressions".
Pour clore, il a rendu hommage aux policiers, aux gendarmes et à l'armée marocaine, pour leur "clairvoyance, qui nous préserve du danger terroriste". Est-ce à prendre comme un mea-culpa, après sa sortie (virulente) dans laquelle il a menacé les fonctionnaires de l'intérieur?

Bref, un bilan à la sauce politique, revêtu du vernis de la communication, qui est moins bon que ne le dit l’orateur. En matière économique et financière notamment, c'est l'arrivée du RNI, qui a pris en main tout le pôle économique et financier, qui a permis de redonner aux investisseurs confiance et visibilité.


 

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Reda Zaireg
Le 9 juillet 2014 à 15h18

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