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ECONOMIE

Abattoirs de Tanger: Des frigos en panne pendant 6 mois

De janvier à fin juin, la moitié des frigos des abattoirs municipaux ne fonctionnait pas. Ils ont été finalement réparés cette semaine après la mobilisation des associations de consommateurs. Ce laisser-aller n’est que la partie visible de l’iceberg.  

Abattoirs de Tanger: Des frigos en panne pendant 6 mois
Jamal Amiar
Le 4 juillet 2014 à 17h12 | Modifié 4 juillet 2014 à 17h12

C’est un courrier de la Ligue de défense des droits des consommateurs (LDDC) qui a attiré l’attention des médias et des réseaux sociaux à la fin du mois dernier. Dans un courrier en date du 27 juin, la LDDC avertissait que « les frigos des abattoirs de Tanger étaient en panne et que les négociants en viandes rouges se plaignaient de la qualité de la marchandise ». Une visite sur place révélera que seule la moitié de la capacité frigorifique des abattoirs était en panne et permettra de constater que cet important service communal est implanté dans un environnement sale et pollué.

Les abattoirs sont dotés de deux types de salles réfrigérées : l’une pour le séchage et le drainage des viandes et une autre salle pour le stockage. A Tanger, c’est le premier type de salle qui était concerné par la panne pendant plus de cinq mois. Les visites de la LDDC sur place au début du mois dernier, des contacts avec les négociants en viandes et le courrier semblent avoir accéléré la procédure de réparation des frigos communaux.

L’autre remarque de la LDDC avait trait à la quantité de viande abattue : entre 40 et 60 têtes de bovins par jour, quatre jours par semaine, soit une moyenne estimée à 10 tonnes de viande par jour pour une ville d’un million d’habitants… Des professionnels tangérois estiment que les abattoirs de Tanger fournissent 50% de la consommation locale en viandes rouges, le reste étant composé de viandes ramenées directement  de leurs abattoirs ou d’abattoirs privés et agréés par les distributeurs Marjane, Acima et Aswak Salam.

 Négociants en viandes et consommateurs se plaignent de l’approvisionnement des marchés tangérois en viandes non-contrôlées, une situation à laquelle le directeur des abattoirs Mounir Sallami dit avoir réagi en envoyant des courriers à la wilaya signalant « l’usage de véhicules non autorisés pour le transport des viandes » en ville. Cependant, selon le docteur vétérinaire Hicham Hassani, « la vente en ville de viandes foraines est désormais interdite, seules pouvant être vendues à Tanger des viandes venant d’abattoirs agréés ».

Selon le docteur vétérinaire Hussein Tifrit de l’ONSSA à Tanger, « le programme de contrôles sanitaires n’épargne aucun commerce, surtout pendant le mois de ramadan », un point sur lequel le directeur des abattoirs communaux semble plus réservé. M. Sallami indique à Médias 24 que « les contrôles sont moins fréquents dans les boucheries pendant le mois de ramadan ».

L’ONSSA organise ses contrôles selon un programme communiqué par les autorités locales et un programme défini dans le cadre de commissions mixtes réunissant différentes administrations. S’agissant des viandes, les services communaux des abattoirs et l’Onssa (Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires) coordonnent leurs actions.

L’autre problème soulevé par un approvisionnement en viandes non contrôlées est relatif aux contrôles routiers. Selon les responsables des abattoirs, « avant d’arriver d’une ville autre que Tanger, le véhicule est parti d’un quartier où il y a un caïd et puis des contrôles de la police et de la gendarmerie. Nous ne pouvons, aux abattoirs, tout comme les gens de l’Onssa, faire le travail du reste de l’administration ». 

Une visite sur le site des abattoirs communaux permet de constater le mauvais état de l’entrée, de la cour et un logement de gardien qui est un bidonville et qui est localisé en face des bureaux administratifs et des points de chargement des camions isothermes de transport des viandes. Au premier coup d’œil, ce n’est pas forcément la notion d’hygiène alimentaire qui vient à l’esprit.

Les abattoirs communaux de Tanger datent des années 1960 et ils sont été équipés de nouvelles salles d’abattage et de nouveaux frigos 20 ans plus tard. Ils sont situés au bord d’une voie de chemin de fer entre un parking poussiéreux de camions de transport international, un terrain vague et un horizon au ciel dominé par les fumées de la décharge communale de Moghogha.

Contactés par Médias 24, des responsables et des cadres « déplorent l’environnement dans lequel opèrent les abattoirs ». Un technicien qui habite le quartier indique que « sa fille, à la maison, souffre des fumées malodorantes qui s’échappent de la décharge communale et qui affectent aussi la zone des abattoirs ».

Comme sur le problème des viandes livrées en ville dans des véhicules inadéquats, le directeur des abattoirs communaux M. Sallami indique s’agissant des frigos des abattoirs communaux avoir averti le maire de la ville depuis le mois de février dernier.

Dans le cadre du plan Tanger-Métropole (2014-2017), la construction d’abattoirs modernes mitoyens à un souk de bétail est prévu pour 2017. Abattoirs et souk sont budgétisés pour une enveloppe globale de 70 MDH.


 

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Jamal Amiar
Le 4 juillet 2014 à 17h12

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