A la FDT, argent, politique et conflits de pouvoir
Trois membres de la direction de la Fédération démocratique du travail sont l’objet d’une plainte pour malversation. Selon les accusateurs, ils ont retiré 1,8 MDH du compte bancaire de la centrale.
Alors que la tension augmente au sein de l’aile syndicale de l’USFP, le patron de l’USFP est de plus en plus pointé du doigt par les syndicalistes.
Les coups de théâtre se multiplient cette semaine chez les syndicalistes de la Fédération démocratique du Travail (FDT). La centrale syndicale qui rassemble les fidèles de l’USFP, semble intérioriser les conflits qui avaient secoué le parti de la rose depuis l’élection de Driss Lachgar à la tête de ce dernier, en décembre 2012.
Les faits
A la tenue de la réunion du Bureau central de la Fédération, ce dernier a décidé de geler l’adhésion de trois de ses membres. Il s’agit de Abderrahmane Fatihi, Abdelaziz Ioui, et Mohamed Dahmani.
Ce dernier ainsi que Fatihi sont accusés, selon un communiqué de la FDT, d’avoir retiré la somme de 1,8 MDH du compte bancaire de la centrale, sans détenir les pouvoirs de retrait et sans en avoir avisé le bureau central ni le secrétaire général, Abderrahmane Azzouzi.
Cette décision devant être validée par le Conseil national de la fédération, le bureau central a donc appelé à la tenue d’un Conseil mercredi dernier. “Nous avons été surpris de voir que Fatihi et ses compères aient organisé un autre conseil national le mardi, soit un jour avant celui auquel a appelé le bureau central” nous affirme Larbi Habchi, membre du bureau central.
La réunion de mardi tenue à l’appel des membres suspendus a décidé l’expulsion de Abderrahmane Azzouzi, le chef de la centrale. Ce conseil a connu la présence de 53 membres du Conseil, selon Habchi, qui nous précise que le quorum n’a pas été réalisé. “Il faut 105 personnes pour que le Conseil soit légal”.
Le lendemain (mercredi), les camarades de Azzouzi se dirigent vers le local de la fédération à Rabat. Ils y sont accueillis, selon une vidéo reçue par Médias 24, par des personnes que Habchi qualifie “d’étrangères” au syndicat.
Ces personnes ont, toujours selon Habchi, perpétré des dégâts dans les équipements du siège, en plus de l’avoir occupé et d’en avoir empêché l’accès aux syndicalistes.
Un enjeu politique
Dans une interview accordée au quotidien Sahifat Al-nass, Abderrahmane Azzouzi accuse directement Driss Lachgar d’être derrière la cabale “orchestrée” contre lui par les trois membres suspendus.
Contactée par Médias 24, Hanane Rihab, membre du Bureau politique de l’USFP reconnaît que le combat est politique et que la FDT est un champ de bataille entre les deux courants de l’USFP, ceux de Driss Lachgar et d’Ahmed Zaidi.
Interrogée par nos soins sur l’origine du retrait de la somme de 1,8 MDH des comptes de la centrale, Rihab explique que cela remonte à novembre 2010, au lendemain du dernier congrès de la fédération.
“Le congrès a éclaté pour donner lieu à deux directions, l’une pilotée par Azzouzi, l’autre par Fatihi. Les deux courants s’entêtant, chacun a créé son propre bureau central,” explique Rihab et d’ajouter, “et à ce moment-là, Fatihi ainsi qu’Azzouzi ont retiré des sommes importantes du compte bancaire de la FDT afin d’assurer la gestion de la centrale”.
Rihab précise que par la suite, des personnalités sont intervenues pour mettre fin au conflit, dont Abdelouahed Radi, ce qui a fini par donner lieu à une direction commune, sous la présidence de Abderrahmane Azzouzi.
Azzouzi et le courant d’Ahmed Zaidi sont maintenant accusés par l’équipe Lachgar d’entraîner le parti et le syndicat dans une nouvelle impasse et d’empêcher la tenue du congrès de la centrale avant les prochaines élections professionnelles.
“Azzouzi et ses camarades ont toujours refusé de fixer la date du prochain congrès” raconte Rihab, ce qui est nié par Habchi qui nous a précisé qu’une rencontre organisationnelle et financière allait se tenir début juillet et que c’est là qu’il sera décidé des modalités du congrès, y compris la date.
Pour l’instant, Habchi nous a annoncé qu’une plainte a été déposée ce jeudi 26 juin à l’encontre de Fatihi et Dahmani pour malversations et deux autres plaintes seront bientôt déposées, l’une pour invalider les conclusions du Conseil national de mardi, l’autre pour actes de sabotage et destruction des locaux de l’USFP.
Comment se terminera se conflit? Va-t-on assister à un nouvel éclatement syndical? Ce ne serait pas surprenant quand on sait que la FDT est le fruit d’une scission avec la CDT début des années 2000, et que l’ODT (Organisation démocratique du travail) est une autre scission de la FDT.
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