Les Marocains ne renoncent pas au Haj, bien que le gouvernement conseille de reporter
Après avoir suggéré aux personnes âgées, fragiles et malades de renoncer, le département de la Santé recommande à tous les candidats d’éviter le Haj et la Omra cette année. Le taux de report ou d’annulation reste pourtant très faible. Les détails.
"Nous conseillons aux pèlerins de ne pas se rendre aux Lieux Saints", a déclaré Houcine El Ouardi, répondant, le 17 juin, à une question orale à la chambre des représentants.
Une décision qui fait suite à un communiqué de l’OMS déclarant que la situation reste "grave". Quelques pays musulmans comme la Tunisie ont d’ores et déjà invité leurs ressortissants à renoncer à la omra et au pèlerinage cette année.
L’OMS n’a donné aucune consigne de restriction sur les déplacements en Arabie saoudite et a prévu une réunion de crise en septembre. L’organisation fait toutefois état d’un ralentissement de la progression de la maladie.
Coronavirus, qui sévit en Arabie Saoudite depuis 2012, et dont l’origine reste inconnue, a fait plus de 300 morts. D’autant plus qu’à l’heure actuelle, il n’existe aucun remède contre l’épidémie. Après une longue période de tergiversations, le ministère des Habous est sorti de son mutisme, le 12 juin, pour proposer aux pèlerins, ayant déjà payé les frais du périple saint, de déposer, avant le 30 juin, leurs demandes de report ou d’annulation auprès des délégations des affaires islamiques.
Ce qui est étrange, c’est que la recommandation du ministère de la santé à "tous" les pèlerins n’ait pas pris la forme d’un communiqué, mais elle est venue dans le cadre d’une réponse à une question orale au Parlement. Si cette question n’avait pas été posée, que serait-il advenu ?
Ce qu’en disent les professionnels
Malgré la sensibilisation, le taux d’annulation pour la Omra reste extrêmement faible, apprend Médias 24 : moins de 1 %, selon Rachid Tazi, président de la commission Haj et Omra. "Même les personnes âgées et malades refusent de renoncer au pèlerinage», nous explique-t-il. "Mais, nuance-t-il, le taux d’inscription pour la Omra est très faible depuis la sortie du ministère."
Qu’en est-il du Haj ? Des reports et des annulations devraient intervenir dans les jours qui viennent. "Ceux qui vont annuler ou reporter leur voyage seront remplacés après le 30 juin par des candidats plus jeunes de la liste d’attente», ajoute Rachid Tazi.
Le hic, c’est que seuls les plus de 63 ans sont éligibles au Haj cette année, c’est-à-dire les plus fragiles. "C’est une très mauvaise décision. On a beau leur expliquer les risques, ils n’acceptent pas le report. Alors qu’une population plus jeune et moins fragiles attend toujours son tour", regrette-t-il, avant de lâcher, sans transition : "Mais tout va bien se passer. La pandémie précédente n’avait fait aucune victime marocaine. Hamdoullah!"
Un autre agent de voyages casablancais nous déclare avoir reçu beaucoup d’annulations récemment. «Nous accentuons la sensibilisation surtout qu’il s’agit de candidats âgés». Lundi, le gouverneur de Casablanca a réuni les délégations du tourisme, des affaires islamiques et de la santé pour insister sur la vigilance des agences de voyages. «Le problème avec la Omra, c’est qu’il n’y a pas de quota, donc c’est moins maîtrisable. Cette année, les autorités saoudiennes, bien qu’elles n’aient imposé encore aucun quota, chipotent de plus en plus sur le nombre», nous dit notre source.
Comment le remboursement se fera-t-il ?
Dans son communiqué du 12 juin, le ministère des Habous propose aux candidats d'introduire "des demandes auprès des délégations des affaires islamiques (…) pour renoncer à effectuer le Haj et récupérer les frais engagés».
Les clients des agences de voyages bénéficieront-ils du même traitement de faveur ? Rien n’est moins sûr, surtout que, pour certains, les réservations de l’hôtel et du billet d’avion ont été déjà effectuées. "Pour le moment, il n’y a pas lieu d’en parler puisque le taux d’annulation est presque nul. Si le problème se pose, on le réglera avec les différents ministères", nous répond Rachid Tazi.
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