img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Redaction

El Khalfi-Mexique, un épisode peu glorieux, à oublier

Mustapha EL Khalfi, ministre de la Communication, a-t-il réellement tenu des propos inconvenants à l’égard du Mexique? Médias 24 reconstitue l’épisode qui a vu un communicateur officiel, gardien de la morale, déraper au point de manquer de respect à un pays étranger.    

El Khalfi-Mexique, un épisode peu glorieux, à oublier
Samir El Ouardighi
Le 13 juin 2014 à 12h24 | Modifié 27 avril 2021 à 22h28

Le ministre El Khalfi n’avait probablement pas mesuré la portée des propos qu’il tenait ce mardi 3 juin au sein de l’hémicycle parlementaire. Mais il y avait un contexte. Ses relations avec les télévisions publiques étaient une nouvelle fois tendues et une polémique l’opposait aux équipes dirigeantes de ces médias. Dans cette polémique, son principal argument concernait la défense de la morale. En tous les cas, d’une certaine morale. Ce qu’il appelle pêle mêle les valeurs et l’identité du peuple marocain.

Ce mardi 3 juin donc, en réponse à une question sur les relations entre son département et les médias audiovisuels, Mustapha El Khalfi a accusé sans les nommer, les responsables de ces télévisions de vouloir transformer le Maroc en «un bordel au Mexique».

Il répétait ce qu’il n’avait pas cessé de répéter: il n’arrivait pas à regarder toutes les émissions des chaînes publiques en présence de sa mère.

C’est un point plus important qu’on ne pourrait le croire. Ce genre de phrases, on les entend également en Europe, devant les excès commis par des chaînes de télévision, généralement privées celles là. En d’autres termes, on n’arrive plus à regarder la télévision en famille sans ressentir (parfois ? souvent ?) un sentiment de gène.

Dans le cas d’espèce, il faisait référence à certaines scènes osées de feuilletons mexicains (voir vidéo 0’30) eten a profité pour en citer une qui a été diffusée en avril dernier et qu’il a trouvée particulièrement «choquante» sans préciser quelle chaîne l’avait diffusée.

En fait, l’intrigue du feuilleton voué aux gémonies parlait d’un couple ayant décidé d’un commun accord que l’épouse aurait un rapport sexuel avec un domestique pendant une beuverie. Effectivement, on ne peut pas dire que l’on est au diapason des valeurs dominantes. Dans le cas d’une chaîne privée, on peut plaider la liberté et la possibilité pour un téléspectateur, de zapper.  Mais dans le cas d’une chaîne publique ? N’est-on pas censés être consensuels?

 

El Khalfi-Mexique, un épisode peu glorieux, à oublier

Des extraits de la protestation du gouvernement du Mexique selon le quotidien Al-Akhbar.

 

M. El Khalfi n’a donc pas cité la chaîne concernée, ni le nom de la fiction. Mais il  a laissé entendre qu’il s’agissait d’une télénovela mexicaine dont sont friands les téléspectateurs marocains. Et surtout, il n’acependant pas mesuré la portée de ses propos pour le Mexique. Car on peut défendre une certaine conception des valeurs et du moralement correct sans pour autant s’en prendre à un pays en entier.

Selon une information publiée le 7 juin par le site espagnol «Atalayar», cette maladresse a été modérément appréciée par le gouvernement mexicain qui a élevé le 5 juin une protestation officielle.  «L’ambassade du Mexique présente ses compliment au Ministère des Affaires étrangères mais tient à exprimer son étonnement devant les déclarations du ministre de la Communication (…) le gouvernement mexicain considère comme inacceptables les propos exprimés par Monsieur le ministre car ils sontirrespectueux de la nation et de la culture mexicaine ».

La presse mexicaine s’est totalement désintéressée de cet impair gouvernemental marocain, malgré le fait quela première dame «Maria Angelica Rivera» est une ancienne héroïne de télénovelas très appréciée au Mexique.

Pour rappel, le point de départ de cette bourde diplomatique était la séance de question des députés socialistes l’accusant de vouloir mettre au pas les chaînes télévisées officielles.

El Khalfi s’est défendu de vouloir faire ressembler le royaume à l’Iran, au Soudan ou à l’Afghanistan (vidéo 0’26) et a enchaîné sur la responsabilité indirecte du Mexique dans la dépravation des mœurs au Maroc.

Ces déclarations ont provoqué une bronca de l’opposition et le ministre a du le surlendemain à l’issue du conseil de gouvernement du jeudi 5 juin s’expliquer devant les journalistes.

Assurant que ses propos avaient été déformés par des interprétations erronées, il a poursuivi que le Mexique n'avait rien à voir dans cette affaire car c’est un pays ami avec qui le Maroc a des relations séculaires inaltérables.

Il a affirmé que l’objectif de sa déclaration controversée était de faire en sorteque les télévisions nationales aient un plus grand respect pour l'identité musulmane marocaine en prohibant lesséquences obscènes.

Le 6 juin dernier, il a récidivé dans ses explications en tweetant : «Ma déclaration a été altérée, et c’est ce qui a donné lieu à une atteinte à un pays ami le Mexique, et cette atteinte est inacceptable».

El Khalfi n’a assurément pas fait preuve de la réserve au quelle il est tenu en tant que ministre même s’il s’est dit convaincu que ses propos ne nuiront pas aux relations entre le Mexique et le Maroc. Finalement, dans cette affaire, c'est le Mexique qui aura eu le comportement le plus élégant.

Nos lecteurs jugeront par eux-mêmes sur la vidéo ci-dessous.

 

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Samir El Ouardighi
Le 13 juin 2014 à 12h24

à lire aussi

Mondial 2026. Comment le Maroc a rivalisé avec le Brésil
Mondial2026

Article : Mondial 2026. Comment le Maroc a rivalisé avec le Brésil

ANALYSE. Après une première demi-heure très aboutie, l’équipe nationale a payé le prix de ses ambitions avant de se rendre à la raison face au Brésil, samedi 13 juin, lors de la première journée du groupe C. Si Ayyoub Bouaddi et Achraf Hakimi ont survolé la rencontre, le capitaine de l’EN n’est pas exempt de tout reproche sur le but égalisateur. Mais il n’est pas le seul.

Fouzi Lekjaa : “Le Maroc ne doit son influence qu’à ses résultats”
Football

Article : Fouzi Lekjaa : “Le Maroc ne doit son influence qu’à ses résultats”

Rumeurs d’influence, projet sportif marocain, CAF, FIFA, binationaux… Dans un entretien accordé à Al Jazeera, Fouzi Lekjaa défend une vision globale du football national et un modèle structuré, fondé sur la formation, la performance et l’impact social. Il écarte toute idée d’influence occulte ou de “pouvoir caché”.

Made in EU : Renault et Stellantis plaident pour l’Europe, mais gardent une porte ouverte au Maroc
ECONOMIE

Article : Made in EU : Renault et Stellantis plaident pour l’Europe, mais gardent une porte ouverte au Maroc

Dans une position commune adressée aux députés européens, Renault, Stellantis et Volkswagen soutiennent le principe d’un contenu européen de 70% pour les véhicules électriques. Les trois groupes demandent que seules les activités réalisées dans l’Union européenne et l’Espace économique européen soient comptabilisées comme européennes. Le Maroc resterait donc en dehors de ce calcul, mais pourrait continuer à jouer un rôle dans les chaînes de production grâce à la marge de 30% prévue pour les pays tiers.

Qui sont ces Marocains qui traversent la planète pour leur équipe nationale ?
Contributions

Article : Qui sont ces Marocains qui traversent la planète pour leur équipe nationale ?

À la suite de la qualification historique des Lionceaux de l’Atlas pour la finale de la Coupe du monde U20 au Chili, près de 600 Marocains ont réussi à rejoindre Santiago en moins de quarante-huit heures. Derrière cette mobilisation exceptionnelle émerge une autre question : qui étaient ces femmes et ces hommes prêts à parcourir plus de 10.000 kilomètres pour assister à une finale mondiale de jeunes ? L’enquête révèle une réalité bien plus complexe et plus riche que l’image traditionnelle du supporter de football.

Fiat prépare le lancement de deux nouveaux modèles : Fastback et Grizzly
Actualités

Article : Fiat prépare le lancement de deux nouveaux modèles : Fastback et Grizzly

Fiat élargit sa gamme avec deux nouveaux modèles destinés au segment C : les Fiat Fastback et Fiat Grizzly, dont le lancement est prévu en Afrique & Moyen-Orient au second semestre 2026.

Gaz naturel : après le repli d’avril, les importations du Maroc repartent à la hausse
Energie

Article : Gaz naturel : après le repli d’avril, les importations du Maroc repartent à la hausse

Les importations marocaines de gaz naturel via le gazoduc Maghreb-Europe (GME) retrouvent une dynamique haussière, après un creux en mars et avril qui avait alimenté les craintes d’une crise d’approvisionnement. En cause, non pas les tensions au Moyen-Orient, mais une demande électrique saisonnière plus faible, accentuée cette année par une production hydroélectrique exceptionnelle. Explications.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité