Saïd Saadi : « Nabil Benabdellah sera le patron du PPS ad vitam aeternam »
Le dirigeant du PPS Saïd Saadi a mis fin à sa carrière partisane en démissionnant dimanche 8 juin des instances du parti chapeauté par son rival Nabil Benabdellah. Dans une déclaration à Médias 24, il revient sur les raisons qui ont motivé son retrait de la vie politique partisane
« Cette démission est le fruit d’une longue analyse sur le parcours du PPS depuis le 8e congrès de mon parti qui a eu lieu en 2010 ». Depuis cette date et l’élection de Nabil Benabdellah au poste de secrétaire général du parti du livre, il assure que la ligne politique de son ancien parti a connu une nette inflexion par rapport à ses valeurs de base.
Pour Saïd Saadi, son premier vrai désaccord avec la nouvelle direction du PPS date de l’année 2011 qui a connu les manifestations du Printemps arabe. Il déclare avoir constaté une véritable dérive droitière d’un parti censé porter haut et fort les valeurs de la gauche humaniste. Il en veut pour preuve le communiqué incendiaire de son parti en 2011 contre le mouvement du 20 février, qu’il qualifie à titre personnel de mouvement populaire respectable.
Le deuxième point d’achoppement avec les dirigeants du PPS est la participation de son parti avec la coalition gouvernementale menée par le PJD. Il rappelle que cette deuxième faute politique est une transgression flagrante de la ligne politique édictée par le 8e congrès du parti qui énonçait clairement que les seules alliances que pourraient nouer son parti l’étaient avec la « Koutla démocratique », avec « la gauche marocaine » et avec le « camp moderniste et démocratique. »
La goutte qui a fait déborder le vase et qui a conduit à sa démission concerne les pratiques anti-démocratiques qui ont eu lieu lors de la dernière élection du nouveau secrétaire général du PPS. Sans vouloir donner de nom, il dénonce un parti désormais animé par des dirigeants dénués de scrupules et animés par leurs ambitions personnelles.
D’après lui, le comité central en charge de la désignation du secrétaire général était totalement acquis d’avance au candidat Nabil Benabdellah qui s’est arrangé pour avoir leur soutien. Il poursuit qu’à l’heure actuelle, le nombre des membres du comité central n’est pas établi avec certitude et que la majorité d’entre eux est inconnue au bataillon vu qu’ils viennent de s’inscrire au PPS. Concernant Nabil Benabdellah, il se dit sur que ce dernier restera secrétaire général jusqu’à au moins 2022 car « il a instauré une dictature » lui permettant d’avoir la main haute sur le parti.
Interrogé sur son subit retrait de la course au secrétariat général, Saïd Saadi assure qu’il n’a pas eu d’autre choix dans les conditions sus mentionnées car l’élection était jouée d’avance et qu’il a refusé d’être un faire valoir.
Sur son avenir politique, Saïd Saadi affirme que pour l’heure, il n’a pas prévu de créer un autre parti mais qu’il pratiquera la vie politique d’une autre manière en s’impliquant dans le mouvement social avec des contributions intellectuelles et sociales.
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