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Nabil Benabdellah : « Voici comment je défendrai mon bilan au congrès du PPS »

A l’avant-veille du 9e congrès du PPS qui doit renouveler le 31 mai et 1 juin toutes ses instances politiques, l’actuel secrétaire général sortant du parti du livre et grand favori du futur scrutin se soumet au jeu des questions-réponses avec notre rédaction.  

Nabil Benabdellah : « Voici comment je défendrai mon bilan au congrès du PPS »

Le 28 mai 2014 à 19h06

Modifié 28 mai 2014 à 19h06

A l’avant-veille du 9e congrès du PPS qui doit renouveler le 31 mai et 1 juin toutes ses instances politiques, l’actuel secrétaire général sortant du parti du livre et grand favori du futur scrutin se soumet au jeu des questions-réponses avec notre rédaction.  

M24 : Malgré l’imminence du scrutin qui doit renouveler le bureau politique du parti et désigner un nouveau secrétaire général, vous ne vous êtes toujours pas porté candidat à la tête du PPS même s’il n’est un secret pour personne que vous le serez.

Nabil Benabdellah : Chez nous au PPS, la déclaration de candidature du SG est un acte symbolique qui doit d’abord refléter les aspirations collectives et le souhait d’une immense majorité au sein du parti. A partir de là, pour se prononcer, il faut attendre la tenue du congrès qui est l’expression collective par excellence pour que le choix puisse se faire sur une personne qui portera la ligne politique.

Le comité central qui est l’émanation parlementaire du congrès procède d’une démarche collective pour élire son secrétaire général et par la suite les membres du bureau politique.

Le futur SG se déclare candidat à partir de cette volonté collective, et c’est pourquoi, je me sens lié à cette culture qui fait qu’au PPS nous ne privilégions pas les initiatives individuelles et les aspirations personnelles

M24 : Comment appréhendez vous la multiplication des candidatures ?

A partir du moment où ils restent dans le respect des normes éthiques du parti et qu’ils apportent une plus value, tout va bien c’est le jeu d’un parti démocratique.

Cependant, j’aurais aimé que leur candidature soit liée à une plateforme politique avec un programme clair qui consacre une orientation.

M24 : Justement, l’orientation actuelle de la ligne politique du parti sous votre conduite multiplie les mécontents qui prétendent ne pas reconnaître les valeurs d’origine de leur parti.

Certains objectent que la plate forme du SG actuel n’est qu’un consensus mais il n’en reste pas moins que c’est ce consensus qui valide la ligne politique actuelle du PPS.

Concrètement, j’ai du mal à comprendre que les candidats contestataires aient pu d’une part consacrer et même sacraliser la ligne politique actuelle et d’autre part se porter candidat contre ceux ou celui qui porte cette ligne politique.

M24 : Madame Nezha Skalli qui souscrit pourtant à votre ligne politique pense que le PPS est en train de devenir élitiste, que pensez-vous de cette affirmation ?

Je pense qu’elle devrait réviser son propre rôle au sein du parti car je constate que sa principale ligne d’action tourne autour de la parité, de l’égalité hommes-femmes et du rôle des femmes au sein des partis politiques.

Si sa démarche est honorable, je rappelle qu’elle est dans la ligne du parti depuis toujours et que nous ne l’avons pas attendue pour porter l’égalité des sexes alors que c’était une question taboue à l’époque. Notre parti n’est pas élitiste mais avant tout populaire et ce à travers tout le pays et s’il y a une part de vrai dans ses affirmations, il faut alors se poser la question de savoir combien y a-t-il de femmes dans le parti.

M24 : Que pensez-vous de l’expression «suicide politique» que vous reproche votre concurrent Said Saadi en parlant de votre alliance avec le PJD ?

Je réfute totalement cette analyse et je n’ai pas l’intention de me taire car je défendrais bec et ongles mon bilan. Je le fais gentiment mais fermement et avec conviction car je ne crois pas donner l’impression d’être moribond et mon parti encore moins.

Je rappelle que cette allégation véhémente de suicide à l’égard du parti n’existe pas depuis l’alliance avec le PJD mais depuis près d’une dizaine d’années et pourtant nous ne sommes toujours pas morts.

A titre personnel, je n’ai pas de mésentente avec Said Saadi mais il y a des aspects subjectifs qui nous opposent depuis le dernier gouvernement Abderahmane El Youssfi. Je ne souhaite pas m’étendre sur ce sujet.

M24 : A votre crédit, on peut vous accorder l’entrée de 18 députés PPS au parlement ce qui constitue en soi un score historique. Qu’en est-il de l’avenir de votre parti ?

Malgré les attaques féroces contre le parti, nous avons eu 18 députés et 6% des voix et nous constituons l’ossature du gouvernement actuel avec pas moins de cinq ministres.

Nous sommes présents dans tout le Maroc et organisons des meetings avec des milliers de personnes présentes à chaque fois dans des contrées où jamais le parti n’avait mis les pieds.

C’est un signe que notre parti se porte bien car nous sommes actuellement au centre du débat politique. Quand les gens parlent de la chose politique marocaine,  le nom du PPS et de ses dirigeants est fatalement cité et jamais auparavant le PPS n’avait été dans cette posture.

Je pense que quand nous irons aux élections de 2015 puis 2016, nous serons prêts à rendre des comptes à notre peuple et je suis très confiant sur le fait que le parti réalisera un score historique.

M24 : Comment pouvez-vous être aussi optimiste alors que les mesures impopulaires se multiplient (décompensation, hausse du prix de l’électricité, réforme du régime des retraites ….) ?

Comment vont réagir devant les urnes les couches populaires que vous êtes censé défendre et ne pensez-vous pas qu’à court terme, le PPS devra en payer le prix électoral ?

Ce sont certes des mesures difficiles mais nous avons veillé en tant que PPS pour qu’elles ne soient pas trop douloureuses et qu’il y ait le moins d’impact pour les plus défavorisées.

Sur la décompensation, nous avons exigé qu’une partie de l’argent économisé par la caisse de compensation aille directement dans les secteurs sociaux pour une compensation directe.

Nous sommes également à l’origine du dialogue social qui a abouti à une augmentation du Smig de 10% malgré les conditions économiques et financières actuelles extrêmement difficiles.

Concernant la hausse de l’électricité, nous avons veillé là aussi à ce que la 1e tranche consommée ne soit pas affectée par les hausses de prix. Ainsi, 4,2 millions de ménages sur 6 millions ne seront pas touchés grâce à l’action conjointe du PPS et de ses partenaires du gouvernement.

Afin de limiter la casse, la tranche grise qui correspond à une consommation comprise entre 100 et 150 kilowatts sera affectée par une hausse très modérée.

Au-delà de ce cap, la hausse des prix sera plus conséquente et je ne verserais pas de larmes sur les ménages qui ont de gros moyens financiers.

M24 : Qu’en est-il du bilan PPS de votre action au gouvernement ?

Concernant mon ministère, l’éradication des bidonvilles va bon train malgré certaines résistances ici et là. L’essentiel est que ce phénomène ne progresse pas mais que notre ministère le fasse reculer jusqu’à son extinction au bout d’un certain nombre d’années.

Pour conclure, il faut souligner que nom du PPS sera désormais assimilé à la baisse généralisée des prix des médicaments menée sous la férule de Lhoussaine Louardi, ministre PPS de la santé.

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