Il a rédigé un mémoire en management sur le WAC, maintenant il veut le présider
Une gestion opaque, des conflits entre la direction et les supporters, un président décrié, … le WAC est dans une mauvaise passe. C’est dans ce contexte incertain que Driss Chraïbi présente sa candidature à la présidence du club.
C’était dans l’air depuis le début de l’année : Driss Chraïbi, président de Sport Plazza à Casablanca, veut déloger Abdelilah Akram. Après avoir présenté son projet aux adhérents, le 15 mai, puis aux associations de supporters, 5 jours plus tard, Driss Chraïbi a officiellement présenté son programme aux médias le 21 mai lors d’un point de presse.
«Il était important pour adhérents du WAC de se réunir pour trouver une solution à la crise actuelle», lance-t-il d’emblée. A 40 ans, cet avocat de profession, licencié en droit et titulaire d’un Master à l’ISCAE en Management du sport présente un programme inspiré de ce qui se fait dans les grands clubs: merchandising, segmentation, veille concurrentielle, efficience, planification budgétaire, marketing industriel… autant de concepts empruntés du monde de l’entreprise et qui constituent la ligne directrice de son programme. «L’économie du sport fait qu’on ne peut plus gérer les choses aléatoirement», dit-il.
Son programme comporte un volet sportif, administratif et juridique, financier, économique, marketing/communication, social, médical et infrastructurel. Tout un programme.
Sur le plan marketing/communication, il promet de créer une structure moderne et efficiente. Une marque forte et appréciée. «Nous voulons repositionner le club en termes d’image, car l’image se travaille, c’est faisable. En attendant, nous n’avons même pas de charte graphique, il faut harmoniser tout ça», lance-t-il, en précisant qu’il prévoit de créer une cellule de communication (avec un responsable de com’ et un attaché de presse), relancer le projet WACTV, lancer le journal WAC et organiser des conférences de presse hebdomadaires.
Sur le plan économique, qui est à l’évidence lié à la stratégie marketing qui sera déployée, l’objectif est d’augmenter les recettes du club grâce à la billetterie, le merchandising et les adhésions. Au niveau sponsoring, Driss Chraïbi affiche une ligne directrice claire: multiplier les partenariats et fidéliser les partenaires. «Nous avons déjà reçu plusieurs promesses de grands sponsors», assure-t-il.
Le merchandising, c'est souvent le point faible des clubs marocains. Dans ce domaine, le Raja apparait comme précurseur. Driss Chraïbi promet de rattraper le retard en adoptant une politique de merchandising dynamisée : «Le WAC a 5 millions de supporters, et rien à leur vendre. Notre objectif sera donc de développer nos propres réseaux de distribution, multiplier les franchises, ouvrir de plus en plus de petits points de vente et renforcer la marque wydad avec plus de partenaires licenciés. Nous voulons aussi créer un star-system autour d’un joueur», dit-il.
Le WAC n’a qu’une centaine d’adhérents actuellement
Le plan de développement prévoit en outre de ramener l’adhésion à 2.500 DH au lieu de 20.000 DH pour permettre au large public du Wydad d’adhérer au club. L’objectif est d’atteindre les 12.000 adhérents d’ici 4 ans, tout en impliquant les ultras. «On parle de wydad al oumma. C’est hchouma d’avoir seulement une centaine d’adhérents aujourd’hui », dit-il. Pour inciter les supporters du club à devenir adhérents, le candidat pourrait signer des partenariats avec des banques afin qu’elles financent les adhésions. Avec tout ça, le jeune candidat veut porter le budget du WAC à 90 millions de DH en 2018.
Sur le plan sportif, le WAC est à la dérive, sans ressort, loin de ses belles heures de gloire. Driss Chraibi promet de mettre un terme à cette dégringolade, rebâtir une équipe compétitive et construire des fondations solides pour l’avenir.
«Nous voulons redorer le blason du club en misant sur le centre de formation. L’objectif est d’avoir une ossature basée à 70% sur les jeunes de l’école», argumente-t-il.
Il ajoute: «On va faire un roadshow pour recruter des jeunes dans tout le Maroc. Ce type de recrutement est le moins coûteux. En plus, ces jeunes apprendront à jouer au foot dans le style wydad, et ça c’est important».
Ce volet sportif passe aussi par une nouvelle politique de recrutement et de transfert: «Nous devons également optimiser notre politique de transfert des joueurs. Prenons l’exemple des grands clubs africains: ils engrangent beaucoup d’argent grâce aux transferts de jeunes issus des centres de formation», dit-il. «Pour ce qui est du recrutement, on cherche pas de noms connus, mais des joueurs qui aiment ce club et qui veulent gagner des titres ».
Pour ce qui est du volet infrastructure, son programme prévoit une mise à niveau du Centre de formation et une restructuration du Complexe Benjelloun.
Pour finir, Driss Chraïbi envisage de créer la fondation Abderrazak Mekouar, pour rendre hommage à l’ancien président mythique du WAC, décédé en 2009.
Adhérent de longue date au WAC, Driss Chraïbi a présidé la section handball du Wydad avant de fonder en 2007 le club de basket Sport Plazza, qu’il a hissé en 1e division au bout de 3 ans. Il a récemment décroché un Master à l’ISCAE en Management sportif avec comme sujet de mémoire…le Wydad Athletic Club.
À découvrir
à lire aussi
Article : Le Roi Mohammed VI s'est réuni à Rabat avec Cheikh Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane
Le Roi Mohammed VI et Cheikh Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane se sont rencontrés à Rabat dans le cadre de la visite privée que le Président de l’État des Émirats arabes unis effectue au Maroc. Les questions et défis que connaît la scène internationale, en particulier ceux qui concernent les États du Golfe et du Moyen-Orient, étaient au cœur de la rencontre.
Article : Préparation CDM 2026. Le Maroc s’impose sans peine face à Madagascar (4-0)
Les Lions de l’Atlas n’ont pas eu à forcer leur talent pour l’emporter face à des Malgaches limités, ce mardi 2 juin à Rabat, grâce notamment à un doublé d’Ismaïl Saibari. Les enseignements positifs ont été nombreux, mais le manque d’efficacité demeure un point noir en vue du Mondial 2026.
Article : Batteries : pourquoi le modèle industriel marocain inquiète-t-il Bruxelles
L’Union européenne durcit sa position face aux investissements chinois. Avec les projets chinois dans l’automobile électrique et les batteries, le Maroc se retrouve au cœur de cette nouvelle tension. Le précédent des jantes en aluminium montre que cette pression peut déjà se traduire par des droits commerciaux lourds. Le Royaume entend défendre ses intérêts. Des discussions sont en cours.
Article : Visa Fintech Day : le Maroc veut accélérer l’inclusion financière grâce à l’IA et aux paiements numériques
Rapprocher les services financiers des citoyens, soutenir les TPME et réduire les fractures d’accès… Le Maroc mise sur l’IA et la fintech pour accélérer sa transformation numérique.
Article : 1.700 passagers et 426 cabines : GNV baptise à Tanger son navire Aurora le plus moderne
Avec le baptême du GNV Aurora à Tanger, la compagnie maritime italienne GNV renforce son dispositif entre le Maroc, l'Espagne et l'Italie. Déployé à l'approche de l'Opération Marhaba 2026, ce ferry de nouvelle génération illustre les ambitions du groupe en matière de mobilité, de confort des passagers et de transition énergétique.
Article : Mines : ce que cachent les annonces de découvertes au Maroc
Le secteur minier marocain est en pleine effervescence. Mais entre l'effet d'annonce et la réserve prouvée, le chemin reste long et incertain. Décryptage d'un secteur où il faut savoir démêler le vrai du spéculatif.