Moulay Hafid Elalamy et Miriem Bensalah tournent la page de la brouille
Le ministère de l'Industrie et la CGEM vont travailler ensemble. Ils vont explorer les synergies entre le plan d’accélération industrielle et l’étude du patronat concernant la compétitivité des entreprises.
C’est Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’industrie, du commerce et de l’économie numérique qui a pris l’initiative du dégel. Dimanche après-midi, il s’est rendu chez Mme Bensalah-Cheqroun pour une explication suivie d’une réunion de quelques heures, apprend Médias 24 de sources informées.
Au terme de cette réunion de travail, “les incompréhensions ont été levées“ et il a été décidé “d’explorer les synergies entre l’étude sur la compétitivité des entreprises [CGEM] et la stratégie d’accélération industrielle“.
Auparavant, MHE avait transmis plusieurs messages d’apaisement.
Voilà donc un retour à la normale, les deux parties qui se connaissent presque depuis toujours ayant été capables d’évacuer les mauvaises ondes pour se focaliser sur l’essentiel, l’intérêt commun.
Deux études, un leitmotiv: l'industrialisation
La CGEM avait présenté sont étude sur les leviers de la compétitivité des entreprises, le 28 mars et MHE avait présenté sa stratégie d’accélération industrielle le 2 avril, au cours d’une séance solennelle présidée par le Roi.
Les deux études ont donc donné l’impression de se télescoper. En réalité, celle de la CGEM est bien antérieure, l’organisation patronale attendant l’occasion de la présenter en public. Et surtout, il y a pas mal de points communs, certes, mais aussi de complémentarités.
Quoi qu’il en soit, il est impensable que le ministère qui se lance dans le chantier de la ré-industrialisation du Maroc et la confédération patronale ne coopèrent pas.
La stratégie d’accélération industrielle est plus large que le plan Emergence, elle garde les métiers mondiaux du Maroc tout en travaillant sur une assiette beaucoup plus large. Elle met le point sur un point essentiel: elle fixe à l’Etat l’objectif de créer 500.000 emplois dans l’industrie d’ici 2020. C'est donc extrêmement ambitieux, voire utopique, diront les uns. C'est vital, diront les autres.
La moitié de ces emplois seront créés par des IDE (investissements directs étrangers), en direction desquels une stratégie innovante va être adoptée. La contribution de l’industrie au PIB passera alors de 14% actuellement à 23% en 2020.
MHE prévoit également la création d’un “Fonds de développement Industriel“ doté de 20 milliards de DH.
Mille hectares de foncier locatif devront être mobilisés pour que les industriels n’aient plus à se soucier des aspects liés au bâtiment et au foncier. Ce foncier, là où il se trouvera, disposera d’un guichet unique comme à TFZ.
Le plan s’appuiera sur dix mesures clés. Un comité interministériel sera chargé de l’exécuter.
Du côté de la CGEM, les patrons sont formels, le processus d’industrialisation du tissu économique doit passer à l’étape supérieure.
Cette étude de la CGEM est intitulée “les leviers de la compétitivité des entreprises marocaines“.
«Nous avons fait de la compétitivité un axe nodal de notre programme. C’est une urgence. Et elle passe par une vision économique forte en rendant à l’industrialisation sa place et notamment l’industrialisation de la PME», avait expliqué Mme Bensalah.
L’étude recommande une centaine de mesures dont 29 sont estimées prioritaires.
La majorité d’entre elles exigent des décisions devant être prises par l’Exécutif. Parmi les principales recommandations émises par la CGEM, on retrouve un impératif, celui de “mettre l’industrie au cœur de la stratégie de développement du pays.“
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