A Casablanca, un premier mai sans ardeur
De moins en moins massives, les manifestations des deux plus grosses centrales syndicales, la CDT et l’UMT, ont manqué de la chaleur qui caractérisait ce genre de défilés.
A la place centrale de Derb Omar, fief de la Confédération démocratique du travail, il y a autant de banderoles que d’hommes et de femmes.
Quelques centaines d’ouvriers attendent la fin du discours du zaïm, Noubir Amaoui, lu par un autre responsable du bureau. C’est que le patron de la centrale depuis 1979, est très fatigué.
Par ailleurs, les syndicalistes de la Confédération ont défilé cette année sans la présence de leurs syndicats traditionnels, celui de l’enseignement, celui de la Lydec ainsi que les ouvriers de M’dina Bus. Le défilé de l’Union marocaine du travail UMT a été plus massif, avec la présence de travailleurs de l’industrie et du textile, ainsi que la remarquable présence des fonctionnaires de la santé publique.
Détail frappant : il y a très peu de jeunes syndicalistes. Ce constat démontre la baisse d’attractivité des syndicats, souvent expliqué par la gérontocratie et la gestion très bureaucratique des négociations et conflits avec les patrons d’entreprise. La moyenne d’âge a été néanmoins tirée vers le bas par les comités de soutien aux jeunes prisonniers du mouvement du 20 février, venus en nombre pour réclamer la libération de leurs camarades.
Le dialogue social et la dernière décision du gouvernement d’augmenter le Smig n’a eu que peu d’échos parmi les manifestants. Dans leurs banderoles et slogans, ils appelaient plutôt au départ du gouvernement Benkirane, contestaient la hausse des prix et le chômage.
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