1er mai : Benkirane a tranché, les syndicats satisfaits, le patronat réservé
C’est officiel, Abdelillah Benkirane a pris la décision politique de procéder à une augmentation du Smig et du Smag de 10% en deux fois. Son pack social ne semble cependant pas avoir fait que des heureux autour de la table des négociations.
"C’est une décision politique et je l’assume". Abdelilah Benkirane a répété cette phrase définitive et sans appel à ses interlocuteurs du patronat et des syndicats, mardi soir à Rabat lors de la clôture du dialogue social.
La décision en question est celle qui consiste à augmenter le Smig. Jusqu’au bout, la CGEM s’y est opposée, en mettant en avant la contradiction entre l’objectif de créer 500.000 emplois industriels et celle d’augmenter le Smig. Il y avait là la présidente de la CGEM Meriem Bensalah-Cheqroun entourée de quelques dirigeants directement concernés comme Mostafa Sajid, président de l’Amith. Les industries textiles seront les premières victimes de la hausse du Smig.
Selon des personnes présentes, le patronat a déclaré ne pas s'opposer à une hausse des revenus, mais à une hausse des charges des entreprises. En d'autres termes, l'Etat aurait pu à tout le moins, assumer au moins une partie de la hausse des charges. Une source gouvernementale nous indique que des mesures compensatoires en faveur des entreprises touchées seront "probablement prises".
Abdelilah Benkirane a officialisé aujourd’hui même sa décision de relever le Smig et le Smag (salaire minimum agricole garanti) de 10% en 2 fois : 5% en juillet prochain et 5% en juillet 2015.
Dans le secteur public, le salaire minimum passera à 3.000 DH, mesure qui profitera à 70.000 bénéficiaires.
Hormis les hausses de salaires minimum annoncées, des sources syndicales annoncent que le pack de Benkirane comporte aussi les points suivants :
-Application de la totalité des clauses de l’accord du 26 avril 2011;
-Mise en œuvre de l’IPE et extension de l’Amo aux soins dentaires (déjà annoncées) ainsi qu'aux ascendants (sur ce point: accord de principe, sous réserve d'une étude de coût);
-Ouverture de dialogues sociaux par secteurs;
-Révision ou suppression de l’article 288 du code pénal (peines de prison pour entrave au travail).
Un sommet social "bientôt"
Trois réunions tripartites distinctes se sont déroulées mardi soir à la primature, regroupant à chaque fois gouvernement, patronat et syndicats.
La 1ère réunion a vu la participation du font syndical UMT-CDT-FDT.
Interrogée par Médias 24, Amal Amri secrétaire nationale de l’UMT déclare qu’à l’issue de la réunion, le front syndical a accueilli avec satisfaction ce qu’elle considère comme un premier pas dans la concrétisation du dialogue social. Pour le reste de leurs revendications syndicales, Benkirane a pris date avec l’alliance syndicale pour traiter les dossiers en suspens après le 1e mai. Elle affirme cependant que c’est un progrès qui n’est toujours pas à la mesure des attentes syndicales mais reste optimiste.
L’UGTM qui a assisté à la seconde réunion avec le chef du gouvernement nous assure par la voix de Mohamed Kabbaj que son syndicat est sorti les poches vides de cette rencontre. Le patron du syndicat de l’Istiqlal KafiCherrat aurait déclaré à Benkirane avant de claquer la porte qu’il était extrêmement déçu de son dogmatisme et de son manque d’intérêt pour ses doléances. Si notre interlocuteur affirme ne pas fermer la porte à des négociations futures, il déclare que contrairement à ses collègues du front syndical que rien de concret n’est sorti de la réunion avec Benkirane.
Pour M. Kabbaj, cette rencontre n’aurait fait que confirmer le déphasage du gouvernement qui se serait encore une fois dérobé devant ses engagements face aux revendications de la classe ouvrière et aux attentes des démunis.
Le 1er mai sera donc l’occasion pour le Chef du gouvernement de tester l’ampleur de la contestation syndicale et leur détermination.
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