A Casablanca, session très ordinaire du conseil de la ville
Le Conseil de la ville a tenu jeudi 27 mars, sa session. Tous les projets ont été approuvés à l’exception de celui relatif à la création des sociétés de développement local qui était le point essentiel du programme. Reportage.
Reportée en février, la session tant attendue a enfin eu lieu, dans une atmosphère agitée comme à l’accoutumée. Tellement agitée que l’on se serait cru dans un souk où les crieurs n’ont d’autre but que de participer à la cacophonie générale.
C’est à 15 heures que devait commencer la session, mais Mohamed Sajid, le maire, celui qui devait ouvrir le bal, n’a fait son apparition qu’à 15 h 45.
Après les salamalecs d’usage, place aux choses sérieuses : un programme de 36 points qui feront l’objet de débats avant d’être approuvés ou rejetés.
A peine la lecture du programme a-t-elle été entamée que des voix commencent à s’élever. «Vous n’avez pas pris en compte nos propositions. C’est scandaleux», maugrée un élu. «C’est du théâtre ! Ils essaient de faire croire aux gens qu’ils n’étaient au courant de rien», nous souffle notre voisin, conseiller de son état.
Une bonne demi-heure s’est écoulée sans que la salle ne retrouve son calme. «C’est notre premier rendez-vous depuis le discours du Roi. Il faut montrer que nous avons la volonté de changer les choses », lâche un autre élu, l’air quelque peu irrité.
Mohamed Sajid, qui tente bien que mal d’éteindre le tintamarre, la voix à peine audible, tranche: «Le programme ne va pas être modifié. Vos propositions seront discutées à l’occasion de la prochaine session.»
Il faut dire que le programme, que Médias 24 vous a révélé en avant-première le 4 mars, n’a pas changé d’un iota, malgré le report de la session et les nombreuses propositions transmises par les élus.
S’ensuit une série d’interventions sur le point essentiel du programme : l’approbation de la création de trois sociétés de développement local, Casa Contrôle, Casa Animation et Casa Patrimoine. Le débat intervient en pleine polémique autour des bureaux loués par le maire à Casa Transport. «Donnez-nous des explications sur cette affaire. On ne peut pas faire comme si de rien n’était», lance un conseiller à Sajid, qui ne reste inébranlable. Aucune réponse ne lui a été fournie.
En guise de réponse, le maire propose de reporter la création des trois sociétés à la session du mois d’avril.
La décision ne fait pas l’unanimité et l’agitation regagne la salle. «Nous sommes pour tout ce qui peut faire avancer le développement de Casablanca», souligne Khadija Mounfalouti, adjointe du président de la commission chargée de l'Urbanisme et de l'Environnement. «Comment peut-on approuver un projet dont nous ignorons tous les détails», lui répond un conseiller de l’autre côté de la salle.
Le report du projet était pourtant prévisible, tout comme l’approbation du reste du programme. La session a pris fin comme elle a commencé: cris, vociférations… « Tout le monde savait que ça se terminerait ainsi. C’est juste du cinéma», nous dit notre voisin. Un film ennuyeux et insipide qui a duré 6 heures. Les acteurs, hélas, manquent terriblement de talent.
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