El Ouafa-Bekkali, quand la politique rime avec polémique
Mohamed El Ouafa, ministre des Affaires générales et de la gouvernance, a rendu public, lundi 24 mars, un communiqué dans lequel il dresse la liste de son patrimoine financier.
Cette publication se veut une réponse du berger à la bergère face aux accusations de corruption sur le controversé programme Massar lancées par Abdallah Bakkali, député de l’Istiqlal en commission parlementaire.
Un ministre blanc comme neige
Dans l’après-midi du lundi 24 mars, Mohamed El Ouafa a publié la liste de son patrimoine, en partant de 1968, année où il était étudiant boursier, jusqu'à aujourd'hui!
On y apprend que le ministre chargé des Affaires générales et de la gouvernance, touchait à ses débuts une bourse d’étudiant de 200 DH/mois et qu'il habitait à la Cité universitaire de l'Agdal.
Après son recrutement comme enseignant en 1976, il affirme avoir commencé à percevoir un salaire de 3.000 DH. De 1977 à 1997, il assure avoir touché des indemnités mensuelles comprises entre 10.000 et 30.000 DH comme député.
Concernant ses biens immobiliers, le ministre affirme disposer d’un appartement à Casablanca, où loge sa mère, et d’un autre en construction à Rabat et livrable en 2015. El Ouafa déclare habiter actuellement dans l’appartement de sa femme dans la capitale et posséder deux voitures personnelles.
Pour clore la liste, Mohamed El Ouafa rappelle à qui veut l’entendre qu'il perçoit un salaire de 56.000 DH depuis qu’il est ministre dans les deux gouvernements d'Abdelilah Benkirane.
Chronologie d’une polémique
La polémique entre le ministre et le député a commencé jeudi 20 mars pendant la discussion en commission parlementaire du système informatique Massar qui a provoqué la colère des lycéens.
Abdallah Bakkali avait demandé au ministre de l'Education nationale, Rachid Belmokhtar, des détails sur ce programme informatique en accusant l'ancien ministre, Mohamed El Ouafa, d'avoir choisi sans appel d’offres une entreprise française au bord de la faillite.
Dans un communiqué incendiaire, la réaction du bouillonnant ministre des Affaires générales et de la gouvernance ne s’est pas fait attendre. Il a rejeté les accusations et menacé de révéler des prétendues informations compromettantes sur le député et sur son épouse.
Il a ainsi évoqué “un changement suspect de standing“ de la famille de Abdallah Bakkali depuis 12 ans en rappelant insidieusement que le directeur du quotidien Al Alam touchait à l’époque “un petit salaire de 3.000 DH comme rédacteur en chef“.
Pour contrebalancer ces déclarations “calomnieuses et diffamatoires“, le député du parti de la Balance l’avait défié dimanche 23 mars sur sa page Facebook de déclarer publiquement son patrimoine.
Le lendemain, il avait bloqué les travaux d’une commission parlementaire sur la publicité en annonçant que son épouse “avait perdu le sommeil depuis 3 jours à cause des déclarations d'El Ouafa“. Le même jour, ce dernier a voulu prendre au mot son accusateur en publiant l’état de son patrimoine censé prouver son intégrité remise en cause par Abdallah Bakkali.
Face à cet étalage de probité, le député istiqlalien a indiqué sur sa page Facebook qu'il préférait désormais ne plus réagir en ajoutant que le différend qui l’oppose à El Ouafa consiste en “une école qui propose des alternatives responsables et matures, et une autre qui pérore en ridiculisant le débat public“. Sollicité pour donner son point de vue, le député et directeur du quotidien de l’Istiqlal reste pour l’heure injoignable.
En tout état de cause, le différend entre le député et le ministre ne rehausse pas l’idée de la politique car la déclaration du patrimoine est censée moraliser la vie publique et non permettre de se donner opportunément le beau rôle. Soulignons que Mohamed El Ouafa n’est pas le premier membre du gouvernement à avoir déclaré son patrimoine car déjà en 2011, les ministres PJD avaient transmis à la presse la liste de leurs comptes bancaires, leur patrimoine immobilier, leurs véhicules et les crédits contractés.
Les accusations sans fondement ne contribuent pas non plus à la sérénité des débats politiques car il faut rappeler que le programme d'évaluation de la scolarité des lycéens a été initié par le gouvernement d’Abbas El Fassi en 2009, dont Mohamed El Ouafa ne faisait pas partie.
On peut également demander à M. El Ouafa pourquoi il n’a pas publié cette liste plus tôt. En effet, il n’était pas nécessaire d’attendre une mise en cause pour le faire.
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