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Benkirane: “Je dis la vérité, toute la vérité et rien que la vérité”

La session parlementaire d’automne s’est achevée mercredi à la chambre des conseillers avec les questions au chef du gouvernement sur le climat des affaires et l’emploi. L’opposition a dressé un tableau alarmant de l’économie marocaine, M. Benkirane a répondu à la manière d’un expert.  

Benkirane: “Je dis la vérité, toute la vérité et rien que la vérité”
Samir El Ouardighi
Le 12 février 2014 à 17h40 | Modifié 12 février 2014 à 17h40

Dans  sa dernière intervention d’automne lors de la séance mensuelle de la chambre des conseillers, le chef du gouvernement a donné l’impression d’être devenu un expert en matière économique. Imperturbable, et dans un hémicycle pratiquement désert, il a répondu à toutes les critiques sur sa gestion des affaires économiques sur un ton on ne peut plus savant.

Il a tenté de désamorcer calmement les accusations des conseillers d’opposition en réfutant leurs assertions sur un «climat d’affaires tendu et d’un chômage galopant». Pour cela, il s’est dégagé de toute responsabilité en affirmant qu’il «n’était pas le chef du gouvernement depuis 1956» soit depuis l’indépendance et a martelé son obligation de purger un passif en assurant toutefois que «le Maroc est désormais sur la bonne voie».

Sur les rapports économiques inquiétants cités par le conseiller Benhamach du PAM, il a rétorqué que ces chiffres dataient de 2012 et qu’il ne pouvait en être tenu comptable vu qu’à cette date, il venait d’arriver aux affaires.

Il a fait part d’une série de progrès au niveau des investissements étrangers (40 milliards en 2013 soit 12% de plus qu’en 2012) et du déficit budgétaire ramené de 7,3% à 5,4%.

Attaqué sur la fiscalité et sur les coupes budgétaires, il a assuré qu’il n’avait pas d’autre choix pour rétablir les grands équilibres et que s’il n’avait pas réglé tous les problèmes, il déniait à ses détracteurs le droit d’affirmer qu’il n’avait rien fait de positif. Ainsi, sur la suppression d’investissements publics de 15 Milliards de dirhams en 2013, il s’est félicité qu’elle ait contribuée à baisser le déficit budgétaire.

Abdelilah Benkirane a assumé les mesures  «impopulaires» décriées par l’opposition en citant le satisfecit des institutions financières internationales (FMI, AFD, Banque Mondiale…). Il s’est par ailleurs dit convaincu que «les citoyens marocains comprennent et acceptent les mesures prises car ils sont conscients que c’est pour défendre leurs intérêts».

Dans un exercice qui se voulait fataliste, il a assuré prendre les bonnes décisions en appliquant une politique réaliste et qu’il n’était pas effrayé par le résultat des futures élections. «Je ne gouverne pas en fonction d’un agenda électoral et si le peuple décide de me retirer sa confiance, je rentrerai chez moi car il y a une vie après la politique».

Le chef du gouvernement en a profité pour demander à Hamid Chabat «d’enterrer la hache de la guerre car il exagère dans ses attaques personnelles» et de rappeler qu’il avait de bonnes relations avec Ahmed Lahlimi patron du HCP même si « ce dernier avait fait une lecture politique inappropriée de ses prévisions économiques ».

Abdelilah Benkirane a au final eu réponse à toutes les questions et sur un ton «conciliant», il a essayé à plusieurs reprises d’amadouer ses opposants en invoquant la volonté divine sur certains de ses échecs comme la lutte contre la corruption. Il a jugé positif les résultats de l’action législative de la la saison d’automne écoulée en attendant la prochaine prévue à partir du 14 avril prochain.

La collection automne-hiver de Benkirane s’est achevée calmement avec un chef du gouvernement qui s’est livré à un exercice d’autosatisfaction qui dans un langage de «vérité» a décidé d’assumer ses choix et la possible sanction électorale de ces derniers.

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Samir El Ouardighi
Le 12 février 2014 à 17h40

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