Tourisme : les recettes suscitent des interrogations
Après le ministère, l’Observatoire du tourisme publie les statistiques de l’activité au Maroc à fin 2013. Les chiffres sont concordants, mais les recettes ne semblent pas obéir au même mode de calcul.
Le rapport de l’Observatoire du tourisme fait état d’une hausse des arrivées (+7%), des nuitées (+ 11%) et du taux d’occupation, qui a bondi de 3 points, se situant à 43 %.
Nos marchés traditionnels (la France, l’Espagne, l’Allemagne, l’Angleterre et l’Italie), sont en évolution. Autant dire qu’ils sont d’accord sur tout. Sauf sur l’essentiel : les recettes. Celles-ci, toujours provisoires selon l’Observatoire, ont enregistré un recul de 0,7 %, tandis que le ministère, lui, annonce un recul de 0,5 %. On pourrait expliquer cette « légère » divergence par le fait que les deux rapports ne sont fondés que sur des estimations, en attendant le chiffre les chiffres de l’Office des changes, mais il est curieux de constater que le montant est le même : 57,5 milliards de dirhams !
Il n’y a qu’une explication à cela : les recettes de 2012, qui ont servi de base pour déterminer l’écart, ne sont pas les mêmes. Selon le site du ministère, l’activité a rapporté 57,9 milliards, tandis que le rapport de l’Observatoire montre que les recettes n’ont pas dépassé 57,8 milliards. Encore un mystère à élucider !
Du côté de l’Observatoire, on confirme que l’on a atteint la barre de 10 millions de touristes, objectif que l’on devait atteindre en 2010. « En clair, nous avons plus de clients mais nous encaissons moins. Est-ce parce que nous vendons moins cher, ou nous ne vendons pas assez? » s’interroge Fouzi Zemrani, voyagiste.
« La majorité des nuitées sont aujourd’hui réalisées à travers la vente online par l’intermédiaire des OTA (online Travel Agencies), qui offrent aux internautes des tarifs basés sur le BAR (Best available rate) et les hôteliers mis en concurrence sur ces sites revoient régulièrement leurs tarifs à la baisse pour attirer plus de clients. De plus, ce type de distribution coute cher, commissionnés en moyenne à 25% et en devises, c’est autant de recettes en moins pour la destination », souligne-t-il sur son blog.
A cela s’ajoute le poids du secteur informel. « Près de la moitié des touristes que nous recevons se dirige vers l’informel » nous explique un expert. Constat que semble appuyer l’analyse de Fouzi Zemrani : « La prestation touristique se résume uniquement à de l’hébergement en B&B, ce qui veut dire que les clients se débrouillent pour assurer leurs transferts, restauration, excursions et autres loisirs qui constituaient autrefois le package.
Toutes ses prestations annexes ne sont plus comptabilisées aujourd’hui au niveau des recettes, et pour cause : elles sont assurées par le secteur informel, payées en espèces et s’évaporent dans la nature. »
Mais l’offre économique n’est pas la seule à souffrir. Le luxe, plus à l’abri de la crise, bat de l’aile aussi. « Nous allons miser sur d’autres créneaux, moins fragiles que l’économique », nous avait déclaré Lahcen Haddad, ministre du Tourisme. Quand on voit l’état d’avancement du plan Azur, pour ne citer que cet exemple, on est en droit de rester sceptique.
À découvrir
à lire aussi
Article : Dette hybride. Au-delà de la levée, le modèle et les contraintes d’OCP
Derrière le succès de son émission obligataire hybride d’avril 2026, le groupe OCP révèle une équation financière complexe. Entre montée de la fiscalité, politique de dividendes, investissements massifs dans la transition verte et dans des activités hors cœur de métier, le champion des phosphates doit désormais arbitrer dans un environnement compliqué.
Article : Un nouveau “dictionnaire critique” pour relire le Maroc colonial
Un ouvrage collectif dirigé par l’anthropologue marocain Hassan Rachik propose une relecture de la période coloniale à travers un format original de dictionnaire, réunissant une vingtaine de chercheurs marocains, français et espagnols.
Article : Sahara: despite Algiers’ efforts, Washington’s position remains unchanged
On the sidelines of the Antalya Diplomacy Forum in Turkey, Algeria’s foreign minister and the U.S. president’s senior advisor for Arab and African affairs discussed several regional issues, including the Sahara. Yet behind the carefully worded Algerian statement, Washington’s support for Morocco’s territorial integrity remains clear and unchanged. Since December 2020, that position has taken on the weight of state continuity, suggesting it will endure regardless of political turnover in Washington or diplomatic initiatives from Algiers.
Article : Santé animale : Biopharma et le Tchad passent à la phase opérationnelle de leur partenariat
La société pharmaceutique marocaine Biopharma a signé à N’Djamena une feuille de route de coopération avec l’Institut tchadien de recherche en élevage pour le développement (IRED), dans le cadre du renforcement de la coopération maroco-tchadienne dans le domaine de la santé animale.
Article : Casablanca : la commune dément auprès de Médias24 une rumeur sur une fermeture des commerces à 23 heures à Anfa
La commune de Casablanca a démenti, auprès de Médias24, l’existence d’une décision imposant la fermeture des commerces, cafés et restaurants à 23 heures dans le ressort de la préfecture d’arrondissements de Casablanca-Anfa, après la circulation d’informations en ce sens sur certains sites et réseaux sociaux.
Article : Football : le Salvador annonce un amical contre le Maroc le 3 juin en vue du Mondial 2026
Annoncée par le président de la fédération salvadorienne, la rencontre doit se jouer à Landover, dans le Maryland, alors que la FRMF n’a pas encore confirmé officiellement cette affiche.