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ECONOMIE

La cosmétique bio marocaine, une filière qui s’organise

Avec l’aide de la coopération allemande, le programme TAM va permettre à cette nouvelle filière de se structurer, pour produire, commercialiser et faire reconnaître ses spécialités. Le travail ne fait que commencer.  

La cosmétique bio marocaine, une filière qui s’organise
Houda O.M.
Le 1 février 2014 à 11h13 | Modifié 1 février 2014 à 11h13

Absence de communication, de relais, problèmes de qualité… Lorsque les membres du vaste programme Taahil Al Moukawalat d’appui aux petites et moyennes entreprises (TAM PME/TPE)ont opté pour le développement de la filière cosmétique bio dans l’arrière pays soussi comme moteur économique, ils étaient probablement loin d’imaginer l’ampleur du travail à fournir.

Ce projet, appliqué dans la région de Souss-Massa-Drâa, piloté par le ministère des Affaires générales et de la gouvernance, celui de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et la GIZ, l’agence de coopération allemande pour le développement, s’inscrit dans une logique de déploiement économique durable. Ensemble, ils ont donc procédé à des analyses de terrain pour appréhender au mieux ce secteur prometteur.

Le recensement, un préalable indispensable

Si certains petits exploitants, coopératives ou fournisseurs d’huile d’argan, de figues de barbarie ou même de rose, ont d’ores et déjà investi le domaine de la cosmétique naturelle, il est en revanche encore trop tôt pour parler de filière. « Chacun fait des affaires de son côté. C’est l’un des fléaux du Maroc  », affirme Mohamed Amine Aboudou, conseiller technique du programme TAM. Un constat fournit la première orientation de l’action du TAM.

« Il a d’abord fallu recenser les acteurs du secteur » précise M. Aboudou, qui signale que cette étape n’était pas inscrite dans l’agenda du programme. Pourtant, il s’agit d’un préalable indispensable à l’organisation d’une filière. « Savoir qui est qui, qui fait quoi », une donnée capitale jusqu’à lors inexistante, avant que les équipes du programme de développement ne se retroussent donc les manches et « dénombrent une cinquantaine d’entreprises ».

Développer une vision globale

Après avoir défriché le terrain, le programme s’est attelé à analyser plus en détails les atouts et les failles de chacune des entreprises rencontrées, « de décortiquer l’ensemble des acteurs de la filière » avance Mohamed Amine Aboudou. S’en sont suivies des rencontres, du « B to B » dans le cadre de conférences avec des professionnels marocains et étrangers, et enfin des « ateliers de travail pour développer une vision globale du secteur », ajoute-t-il.     

Sensibiliser autour de la qualité - un sujet transverse dans ce secteur - informer sur les possibilités d’accès aux marchés locaux et internationaux, fournir des techniques pour une meilleure cueillette notamment et éclairer quant à l’existence et aux spécificités du cadre juridique qui concerne la cosmétique naturelle ont ainsi constitué les principaux axes défendus par ces ateliers, auxquels seules une dizaine de TPE-PME ont eu le privilège de participer. Sélectionnées sur la base de leur implication professionnelle et sur leur motivation, ces firmes ont donc bénéficié du savoir-faire d’un groupe de travail qui dispense des informations spécifiques, à l’instar de techniques pour améliorer la compétitivité pour ces petites entreprises aux grandes ambitions.

Fédérer pour une meilleure autonomie

Mohamed Amine Aboudou insiste sur le fait que le programme ne propose qu’une assistance technique uniquement et ne s’engage aucunement sur la voie du financement. L’action du TAM, dont les ébauches ont été élaborées en septembre 2013, poursuit le souhait de « fédérer les professionnels pour qu’ils s’organisent eux-mêmes » ajoute notre expert. « Ils ont tous des soucis à gérer et généralement, il s’agit de problèmes similaires entre fournisseurs, spécialistes de la transformation etc. »

Le programme TAM pour l’instauration d’une filière – en devenir – des cosmétiques naturels ne livre pas encore ses résultats. Si le travail fourni est conséquent, le secteur n’en est pas moins à ses balbutiements. Certaines entreprises (ex : Cosmaline) avaient néanmoins senti le filon et sont parvenues à tirer leur épingle du jeu. Il s’agit néanmoins d’initiative isolée. Les lacunes qui enserrent ce domaine d’activité s’appliquent également aux chiffres du marché. Actuellement, « personne ne peut quantifier les parts de marché que représente les cosmétiques naturelles » regrette M. Aboudou.

Y voir plus clair et permettre de mieux s’y retrouver, c’est aussi le défi que s’est fixé le programme TAM. Les spécialistes du développement s’attacheront par la suite au déploiement de laboratoires marocains de qualité conférant des certifications fiables et reconnues à l’échelle mondiale car, « pour analyser les échantillons de matières premières [utilisées pour le produits cosmétiques, ndlr], les spécialistes marocains sont contraints de les envoyer aux laboratoires d’analyses étrangers » faute d’instituts locaux adéquats, assure Mohamed Amine Aboudou. Cette ambition épouse la logique  du programme, qui dispose encore de deux belles années pour fonder une structure compétente et autonome.


 

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Houda O.M.
Le 1 février 2014 à 11h13

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