Plan d’urgence de Casablanca : du nouveau, du réchauffé et pas de chiffres
Mohammed Sajid, le maire de la Casablanca, a présenté le plan d’urgence concocté suite à l’ire royale. Le programme intègre en partie des décisions déjà prises par le passé. Quant au budget, il n’est pas encore arrêté.
A n'en pas douter, c’est une première. Dans l’histoire de la ville de Casablanca, jamais une rencontre n’a réussi le pari de faire réunir l’ensemble des intervenants dans la gestion de la chose communale. Aujourd’hui, c’est chose faite. La déclaration est de Mohammed Sajid, maire de Casablanca, assis à côté de Khalid Safir, nouveau wali de la métropole. L’occasion ? Une conférence de presse donnée mercredi 11 décembre au sujet du plan d’urgence de la métropole. La première du genre depuis le discours du Roi sur la gouvernance locale.
C’est un Sajid confiant qui a animé toute la rencontre. Pendant leur dernière intervention publique commune, Khalid Safir s’érigeait en pédagogue de la gouvernance locale. Aujourd’hui, il était beaucoup plus en retrait au profit d’un maire qui a grand besoin de redorer son blason. M. Safir a-t-il pris conscience des risques qui peuvent naître d’une trop grande ingérence dans la politique locale ? Risques liées notamment aux acquis relatifs à la démocratie locale. Espérons-le !
Revenons-en au fameux plan d’urgence. Première remarque : il reprend certains chantiers engagés par la ville depuis 2012, voire 2011. L’exemple du transport public, de l’éclairage public, des routes et de la résorption des bidonvilles. « Ce n’est pas contradictoire puisque ce plan d’urgence complète la vision stratégique déjà initiée », répond d’emblée Mohammed Sajid.
Impossible par ailleurs d’avoir une idée sur l’enveloppe budgétaire allouée à ce programme d’urgence. « Nous sommes en train de recueillir les attentes des différents intervenants locaux. L’estimation financière des besoins n’est pas encore fixée », répond Sajid à Medias 24. Même son de cloche auprès de Khalid Safir : « pour l’instant, aucun chiffre ne peut être donné, vu que les calculs ne sont pas encore effectués ».
Quid alors du milliard de DH que le ministère de l’Intérieur va octroyer à la ville, selon certains médias ? « Il n’en est rien. Il faudra d’abord commencer par évaluer les besoins réels avant de solliciter la contribution financière des différents bailleurs de fonds publics mais aussi privés comme Lydec », ajoute le wali.
Les principaux axes du plan d’urgence
-Infrastructures de base : ce chantier mobilise un budget de 560 MDH, hors taxes. Cette enveloppe financière se répartit entre l’éclairage public (138 MDH), les branchements en eau et électricité (19 MDH), l’amélioration du taux de raccordement au système d’assainissement (250 MDH), les opérations de raccordement dans les zones périphériques (119 MDH) ainsi que le renforcement du réseau d’assainissement pluvial (34 MDH).
-Transports en commun : trois grands projets sont concernés. Il s’agit de la future ligne de métro aérien dont les études techniques viennent d’être bouclées et dont le montage financier est en cours de finalisation entre la mairie et la wilaya. Le budget requis est de 8 milliards de DH. Le deuxième projet porte sur le raccordement entre les lignes de bus et le tramway. L’objectif est d’arriver fin mars 2014 à une intégration complète entre les deux moyens de transport. Le troisième projet est celui de la refonte du système de transport par bus. Il est prévu d’acquérir prochainement entre 300 et 400 nouveaux bus.
-Désenclavement des quartiers périphériques : Douars Mkanssa, Sidi Ahmed Belhassen et Lahraouiyine sont dans la ligne de mire de la ville. Ces zones connaissent une forte densité démographique et sont en déficience de services de base tels le raccordement en eau et électricité, les routes, l’éclairage public…
-Dépollution : un nouveau schéma a été retenu avec deux grands bassins versants dotés chacun d’un système d’assainissement. Le premier à l’Est en allant vers Mohammedia, le deuxième à l’ouest en allant vers Dar Bouazza. Aussi, une nouvelle décharge publique verra le jour à Mediouna. Elle sera entourée d’un mur de clôture.
-Voiries et circulation : en plus des projets terminés ou à leur phase finale (trémies Dakar et Bouabid), la rocade sud-ouest est ; également visée. D’un budget de plus de 400 MDH, elle desservira Hay Hassani, Lassasfa, Bouskoura et Dar Bouazza et permettra de contourner la ville. La date des fins des travaux est prévue pour mai 2014.
-Culture et loisirs :
-Sindibad. La démolition et l’évacuation des bâtiments vides sont presque finalisés. Les travaux de terrassement sont réalisés à hauteur de 15%.
-Le grand théâtre de Casablanca. Les travaux vont démarrer en janvier prochain.
-Le palais des congrès situé au cœur de la marina : l’ouverture est prévue pour 2016.
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