Karim Ghallab monopolise l’action diplomatique du parlement
Tant que le règlement intérieur ne change pas, la stratégique commission des Affaires étrangères au parlement doit se contenter de contrôler l'action gouvernementale sans trop d'initiatives, réagit Ali Kabiri, président de la commission.
Répondant aux critiques formulées par les députés Nouzha Skalli (PPS) et Mehdi Bensaid (PAM) sur le travail de la commission des Affaires étrangères, de la défense, des affaires islamiques et des Marocains résidents à l’étranger publiées par Médias 24, le président de la commission Ali Kebiri (MP) nous a déclaré ce samedi 7 décembre que «la commission ne peut agir que dans le cadre du règlement intérieur et de ses prérogatives et que le président Karim Ghallab (Istiqlal) monopolise l’action diplomatique de la Chambre».
Interrogé sur les moyens d’améliorer le travail de la commission qu’il préside, M. Kebiri a indiqué à Médias 24 qu’il avait formulé nombre de propositions à la présidence, en vain.
Pour M. Kebiri, «la commission doit être représentée au niveau des missions du gouvernement et du parlement sur les dossiers internationaux, politiques et économiques, qui intéressent notre pays».
L’élu de Midelt indique avoir également demandé par écrit au président Ghallab «plus de moyens», déplorant, en creux, le fait que «la commission ne peut pas travailler avec un assistant et deux secrétaires».
«Tant qu’il n’y a pas réforme du règlement intérieur souligne M. Kebiri, la commission doit se contenter de sa mission de contrôle de l’action du gouvernement. La commission dispose de la latitude de convoquer quand il faut les ministres en charge des Affaires étrangères, de la Défense, des Habous ou des Marocains résidents à l’étranger. On peut leur poser les questions que l’on veut sur des dossiers bien déterminés».
Karim Ghellab actif en externe, pas réactif en interne
M. Kebiri a par ailleurs déploré que peu de lois arrivent sur le bureau de la commission. «Il y a une seule proposition de loi, alors qu’il s’en trouve 10 à 15 chez les autres commissions», indique-t-il.
«Nous avons également la possibilité d’examiner les projets du gouvernements, en général des conventions établies avec des gouvernements étrangers ou des organismes internationaux».
Interrogé sur la déclaration du député Mehdi Bensaid affirmant que «le président de la commission a peur de faire un faux-pas et du coup, il ne fait aucun pas», M. Kebiri a réfuté cette appréciation indiquant que «la commission coordonne le travail de tout le monde; lorsque je reçois un député ou un responsable sur un sujet qui intéresse le pays, je répercute immédiatement vers l’exécutif». «Pour le reste, il faut changer les textes avant de demander à la commission de se lancer dans des prérogatives qui ne sont pas les siennes jusqu’à présent».
«Enfin, souligne M. Kebiri, il est faux que la commission ne s’est pas réunie depuis un an. Nous nous sommes réunis plusieurs fois pour traiter des budgets des départements ministériels qui nous concernent et nous avons programmé des réunions à partir de la semaine prochaine; cette session parlementaire, souligne-t-il, vient de démarrer ».
«Nous comprenons les contraintes des membres du gouvernement, notamment le ministre des affaires étrangères; il a des urgences. Personnellement, je n’aurais pas répondu à une demande des parlementaires pour discuter du Statut avancé avec l’Union européenne, l’accord avec les Etats-Unis d’Amérique ou les négociations avec le Canada ou pour faire un bilan sur la présidence du conseil de sécurité des Nations unies par le Maroc. Ce sont des thèmes qui peuvent attendre par rapport aux urgences».
«Les thèmes soulevés actuellement par les membres de la commission ne revêtent à mon sens aucun caractère urgent», souligne M. Kebiri.
Interrogé sur la déclaration de Nouzha Skalli affirmant que la commission des AE et de la défense est «une commission qui ne travaille pas et qui ne sert à rien», Kebiri exprime son désaccord, ajoutant que «peut-être Mme Skalli avait une autre conception de cette commission, que ses membres allaient passer leur temps à sillonner les capitales du monde; mais le statut actuel ne donne pas à la commission un rôle de diplomatie parlementaire».
Au sujet de la critique de Mme Skalli sur la présidence des groupes d’amitié, là aussi M. Kebiri renvoie la députée au règlement intérieur. Nouzha Skalli avait critiqué sur Médias 24 la présidence PJD du groupe Maroc-France et «la logique de répartition qui prévaut au parlement et qui ne tient pas compte des compétences». A ce propos, M. Kebiri rappelle que ce sont les groupes les plus importants qui choisissent les premiers pour les commissions et les groupes d’amitié, une situation dont Mme Skalli fait le constat mais qu’elle n’approuve pas comme elle l’a indiqué à Médias 24.
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