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USFP, la tentation populiste

Chabat et Lachgar ont-ils décidé de constituer un front populiste anti-Benkirane? C’est ce que  laisse penser la énième réunion de ce mardi entre les SG  de l’Istiqlal et de l’USFP, contre l’adoption du PLF 2014 à la chambre des conseillers.

USFP, la tentation populiste
Samir El Ouardighi
Le 3 décembre 2013 à 17h14 | Modifié 3 décembre 2013 à 17h14

 

 

 

 

Si Hamid Chabat a toujours joué de ce registre, l’USFP inaugure une ère nouvelle en se laissant tenter non plus par un discours idéologique, mais populiste.

 

 

Une lame de fond populiste déferle sur l’arène politique du Maroc. Cela tient peut-être au fait que la communication politique d’Abdelilah Benkirane, empreinte de populisme, a su faire «rêver» et attirer l’électorat dans les bras du PJD.

Mais la critique et la dénonciation sont-elles suffisantes pour se positionner comme recours aux urnes?  Si la réponse n’est pas simple, force est de constater que le créneau du populisme fait des adeptes au sein de tous les partis marocains.

Du côté de l’opposition, c’est l’Istiqlal qui a ouvert le bal populaire avec l’élection à sa tête de Hamid Chabat, trublion qui revendique haut et fort son côté à la fois populaire et populiste. Il semblerait bien que son complice de la Koutla, Driss Lachgar adopte la même posture pour préparer les futures élections en ratissant le plus largement possible l’électorat.

Quoi qu’en disent les partis concernés, l’opposition n’est pas une sinécure, car il leur faut trouver un moyen d’exister médiatiquement, et donc forcément politiquement. L’USFP qui est passée des rangs de la majorité à ceux de l’opposition ne semble pas déroger à cette règle.

 

Du discours idéologique au populisme charismatique

Le discours du parti de la rose qui a longtemps été idéologique ne semble plus faire recette car il faut croire que ses électeurs ont été échaudés par les 3 mandats gouvernementaux socialistes.

Pour remédier à cette désaffection électorale, le charisme populiste semble donc être devenu la nouvelle arme de la direction de l’USFP.

L’ex-avocat Driss Lachgar a un parcours professionnel qui semble avoir déteint sur sa manière de faire de la politique en multipliant les effets de manche. Il apparaît qu’en ces temps post-printemps arabe, le populisme devient une réponse simple mais redoutablement efficace pour s’attirer les faveurs de l’électorat marocain.

Le discours socialiste connaît donc un nouveau tournant en prenant directement à témoin le peuple. Le SG de l’USFP a apparemment fait sienne cette approche de contestation à tout bout de champ pour coller à cette mode qui a porté avec succès le PJD aux nues.

Le problème qui se pose est que ce parti progressiste en théorie, fait le jeu des réactionnaires dont le populisme est le fonds de commerce depuis toujours mais qui n’apporte rien de concret à l’action politique. Au Maroc, les populistes n’apportent ni les bonnes questions et encore moins les bonnes réponses.

On peut citer a contrario le mouvement populiste français de Jean Luc Mélenchon qui pose de bonnes questions, sans pour autant apporter les bonnes réponses.

 

Le populisme de l’USFP en actes

Le populisme de l’USFP s’explique par un manque de constance dans les choix stratégiques, car si un parti politique se doit d’être pragmatique et de ne pas insulter l’avenir, sa crédibilité se gagne surtout par des actes en accord avec les paroles.

Pour illustrer ce manque de constance, on peut citer les paroles du SG de l’USFP qui prétendait il n’y a pas si longtemps que le PAM avait pour vocation de détruire son parti et qui a changé son fusil d’épaule en affirmant depuis que la porte est ouverte pour une collaboration voire une union avec ce parti tant décrié auparavant.

Contacté par Médias 24, Driss Lachgar affirme que «le populisme n’a pas droit de cité à l’USFP»,  tout en ajoutant que Benkirane est l’incarnation du populisme. Quand ce dernier était dans l’opposition, Lachgar était plus accommodant et moins critique mais qui a dit que le populisme n’a pas droit de cité à l’USFP?

Renchérissant, il assure que la crise actuelle ne serait pas le fait d’une contamination européenne ou mondiale mais d’un défaut de gouvernance patent car l‘Exécutif n'assume pas ses responsabilités. Les accusations d’amateurisme et d’improvisation du premier ministre l’amènent même à dire que le Maroc est revenu à l’ère d’avant l’alternance de 1998.

Selon un socialiste averti qui n’approuve pas les choix actuels de l’USFP, on assiste à une fuite en avant et à une instrumentalisation des thèmes de contestation qui finit par dévaloriser la politique. Pour cet observateur averti de la scène politique marocaine, nous assistons au printemps des populistes marocains, voire même des démagogues.

Il faut croire que tous les marocains ne sont pas dupes, car contrairement aux apparences, le populisme n’est pas populaire au Maroc, et ce en dépit des pitreries ou des déclarations à l’emporte-pièce des uns ou des autres.

Le populisme est le dernier recours, on le sait bien, lorsqu'un leader politique est en panne. L'USFP a-t-il du mal à se trouver un espace dans le paysage politique?


 

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Samir El Ouardighi
Le 3 décembre 2013 à 17h14

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