Déficit budgétaire : l’augmentation atteint près de 50% sur une année
La situation des finances publiques s’est dégradée en octobre par rapport à septembre avec un déficit budgétaire de 50,3 MMDH. Dans ces conditions, les engagements pris par le Maroc auprès du FMI seront difficiles à tenir.
La Trésorerie générale du royaume (TGR) publie sur son site internet le bulletin mensuel des finances publiques pour le mois d’octobre dans lequel elle présente la situation des finances publiques du pays à glissement annuel. L’évolution sur l’année 2013 montre qu’après une pause en septembre, le déficit budgétaire de l’Etat est reparti à la hausse en octobre, rendant difficile le respect des engagements avec le FMI.
La baisse des recettes s’accentue…
Les recettes ordinaires, établies à 163 MMDH, sont en baisse de 1,7%, ce qui confirme la tendance à la baisse constatée depuis le mois dernier où elles étaient déjà en recul de 1,2%. Cette baisse est imputable à la baisse des recettes fiscales (-1,9%) qui s’est accentué légèrement par rapport au mois dernier (-1,6%) ainsi qu’à celle des recettes non fiscales (-1,3%), en stagnation le mois dernier (-0,1%).
L’accentuation de la baisse des recettes fiscales – qui atteignaient 141 MMDH à fin octobre – est due à une diminution plus importante des recettes douanières (-3,2% contre -2,2% en septembre) établies à 44,1 MMDH, du fait principalement d’une baisse plus importante des recettes de TVA à l’importation (-1,4% contre -0,6% en septembre) et des moindres performances pour la TIC sur les produits énergétiques (+2,5% contre +5,5% le mois dernier). Si les recettes de fiscalité domestique, établies à 89,1 MMDH, sont toujours en baisse (-1,4%), il y a toutefois une légère amélioration par rapport au mois dernier (-1,7%). Cette amélioration relative est due à une baisse moins importante des recettes de l’impôt sur les sociétés (-10,3% contre -12,2%). Il est à noter que sur les 3,6 MMDH de baisse d’IS – par rapport à octobre 2012 – 3,4 MMDH sont imputables à la baisse des versements de l’OCP.
Globalement par rapport à octobre 2012, les impôts directs sont en baisse de 3,6%, les droits de douanes en baisse de 17,9%, tandis que les impôts indirects sont en hausse de 0,8%.
Le taux de couverture des dépenses ordinaires par les recettes ordinaires est donc à fin octobre de 92%, contre 97% l’an dernier.
L’Etat doit donc recourir à l’emprunt pour couvrir une part plus importante de ses dépenses de fonctionnement.
… et la hausse des dépenses aussi !
Le taux d’engagement des dépenses s’élève à 72%, contre 75% à fin octobre 2012, pour un taux de paiement sur engagement de 85%, contre 86% l’an dernier.
Les dépenses émises au titre du budget général s’élèvent à 225,9 MMDH en hausse de 2,4% (contre 2,1% le mois dernier), dont 158,9 milliards pour les dépenses de fonctionnement (en hausse de 1,8% contre 2,2% le mois dernier), 36,2 milliards pour les dépenses d’investissement (en hausse de 10,9% contre 7,8% le mois dernier) et 30,8 milliards pour le paiement de la dette (en baisse de 3,9% comme le mois dernier). La hausse des dépenses de fonctionnement continue sa décélération tandis que celle des dépenses d’investissement s’accélère.
La hausse des dépenses de fonctionnement est soutenue par celle des dépenses de personnel (+3,6% à 83,1 MMDH), des autres biens et services (+11,6% à 36,2 MMDH) et des intérêts sur la dette (+15% à 19,1 MMDH), alors que les dépenses de compensation sont en baisse de 8% à 39 MMDH. Le déficit ordinaire s’établit donc à 14,5 MMDH contre 6 MMDH à fin octobre 2012.
Le solde des comptes spéciaux du trésor s’élève à 2,8 MMDH. Il est en baisse par rapport à octobre 2012 où il atteignait 6,6 MMDH, et par rapport au mois dernier (3,4 MMDH).
Résultat : la hausse du déficit budgétaire frise les 50% !
Le déficit budgétaire atteint ainsi 50,3 MMDH contre 34 MMDH un an avant. Après une légère baisse le mois dernier – de 43,5MMDH en août à 42,5 MMDH en septembre – le déficit budgétaire est donc reparti à la hausse.
Le besoin de financement de l’Etat, s’élevant à 50 MMDH, est satisfait par recours à l’endettement extérieur à hauteur de 6,3 MMDH et par recours à l’endettement intérieur à hauteur de 43,7 MMDH. La hausse du déficit par rapport à 2012 est financée essentiellement par l’endettement extérieur – qui était négatif en octobre 2012, montrant ainsi un désendettement de l’Etat – et dans une moindre mesure par une hausse de 2,7 MMDH de l’endettement intérieur.
Rappelons que selon le rapport de revue du programme du FMI de septembre 2013, les autorités se sont engagées à ne pas dépasser un déficit budgétaire de 5,5%, ce qui correspond selon les hypothèses de l’institution sur la croissance du PIB, à un déficit de 48,9 MMDH. Il semble donc difficile pour les autorités de respecter leurs engagements.
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