Ce matin au Maroc
Exclusif. Les recettes fiscales du mois de juin 2013 ont accusé un retard de l’ordre de 700 millions de DH, dû au deuxième acompte provisionnel de l’IS. Comme en mars dernier, il s’agit de sociétés dont l’acompte provisionnel a baissé en raison d’un exercice 2012 inférieur aux prévisions. POLITIQUE C’est fait. Cinq ministres istiqlaliens sur six ont finalement présenté leur démission hier. Le récalcitrant est le ministre de l’Education nationale Mohamed Elouafa. Il marque ainsi sa désapprobation avec Hamid Chabat. Ce dernier lui avait consacré des attaques virulentes dans le cadre de plusieurs meetings. Qui remplacera Nizar Baraka? Le département de l’Economie et des Finances, stratégique pour les réformes, se cherche donc un titulaire. Le duo Baraka-ElAzami fonctionnait bien. Un nom est sur toutes les lèvres : Salaheddine Mezouar. Recomposition. Une recomposition du gouvernement aura lieu si l’on s’achemine vers une nouvelle coalition. Des ministres non istiqlaliens et qui n’ont pas donné satisfaction, partiraient, tandis que l’on parle d’ores et déjà de gouvernement plus resserré.
Qatar-Maroc, messages. Le Roi Mohammed VI a reçu mardi le directeur de cabinet du nouvel émir du Qatar, porteur d’un message au souverain. C’est le second message en 5 jours, le précédent ayant été transmis vendredi 5 juillet par l’ambassadeur de l’émirat.
Jeudi, première causerie religieuse. Elle sera donnée, comme le veut la tradition, par le ministre des Habous. Ahmed Toufiq parlera du «sentiment patriotique chez les Marocains». Elle aura lieu à Rabat.
Maroc-Espagne. En marge de la visite du roi Juan Carlos, les patronats espagnol (CEOE) et marocain (CGEM) signeront des accords de coopération. Le roi Juan Carlos arrive lundi.
EGYPTE.
Les Frères musulmans refusent d’entrer au gouvernement. Les Frères musulmans, dont est issu le président égyptien déchu Mohamed Morsi, ne "pactisent pas avec des putschistes" et rejettent l'offre d'entrer au nouveau gouvernement, a indiqué mercredi un porte-parole du mouvement islamiste."Nous ne pactisons pas avec des putschistes. Nous rejetons tout ce qui émane de ce coup" militaire, a déclaré à l'AFP Tareq al-Morsi, au sujet de l'offre formulée par le nouveau Premier ministre. Dans la nuit, un porte-parole de la présidence, Ahmed al-Muslimani, cité par l'agence officielle Mena, avait indiqué que Hazem Beblawi, désigné mardi soir, allait offrir "quelques postes" au sein du gouvernement de transition au Parti de la Liberté et de la Justice, le bras politique des Frères musulmans.
Cette position des Frères était prévisible. Refuser ou négocier leur participation au processus démocratique est la seule carte qui leur reste. Sans eux, le processus n’aurait aucune crédibilité. Sans consensus, il n’y aura pas de transition réussie.
Un premier ministre a été nommé. Hazem el-Beblaoui, figure connue et crédible de l’opposition, âgé de 76 ans, a été désigné premier ministre. Mohamed ElBaradei est vice-président chargé des relations internationales.
Dons du Golfe. L’Arabie saoudite, le Koweit et les Emirats ont annoncé l’octroi de plusieurs milliards de dollars de dons à l’Egypte. Selon les sources, ces dons s’élèvent à 8 à 15 milliards de dollars. La stabilité de l’Egypte n’a pas de prix. A moins que cela ne soit le départ des Frères musulmans.
Un commentaire de Gilles Kepel. Dans une tribune publiée par Le Monde, Gilles Kepel écrit notamment que «la victoire électorale des Frères musulmans en Egypte et d'Ennahda en Tunisie illustrait le conte de fées politique – seriné sur la chaîne qatarienne Al-Jazira – d'un avenir radieux du monde arabe où une fusion harmonieuse entre charia et démocratie garantirait la pérennité de la rente pétrolière aux monarchies du Golfe tout en faisant régner la paix sociale sous l'égide de gouvernants barbus flanqués de femmes voilées. Loin de l'adultération imposée par l'Occident, les sociétés musulmanes retrouveraient leur authenticité, aliénée depuis la colonisation».
«Ce sont les capacités des soulèvements arabes du début de cette décennie à produire un processus démocratique correspondant aux aspirations des populations révoltées que les événements d'Egypte remettent sur le métier. (…) La situation est calamiteuse. Depuis la Libye livrée à des chefs de milices qui se partagent le pays, jusqu'à la Syrie plongée dans l'atrocité quotidienne d'une guerre civile qui compte au moins 100 000 morts, en passant par le Yémen et Bahrein, le bilan des révoltes – étouffées, avortées, détournées – est déplorable».
Gilles Kepel aurait pu ajouter : révolutions confisquées.
Tunisie. Tamarroud (rébellion), calqué sur le modèle égyptien, revendique 1 million de signatures. Le mouvement spontané Tamarroud, calqué sur le modèle de celui qui a fait tomber le pouvoir de Morsi, revendique un million de signatures favorables à la chute du régime tunisien et à la dissolution de l’assemblée constituante, en une semaine.
Plusieurs partis d’opposition en Tunisie, qui tentent difficilement de s’unir, appellent à une dissolution de l’assemblée constituante et à des élections rapides. Dans ce pays, le mouvement islamiste Ennahdha est protégé par son alliance à deux partis laïcs (CPR et Ettakattol) et par les nombreuses concessions qu’il a faites à l’opposition. Mais nombreux sont les Tunisiens qui parlent néanmoins de révolution confisquée et considèrent le projet de constitution comme liberticide.
Liban, Fadhl Chaker encourt une condamnation à mort. L’ex célèbre chanteur palestino-libanais Fadhl Chaker encourt une condamnation à mort pour avoir pris part au meurtre de plusieurs soldats libanais.
Fadhl Chaker avait été converti et embrigadé par le célèbre cheikh jihadiste libanais El Assir qui l’a enrôlé. La semaine dernière, l’ex chanteur romantique est apparu sur une vidéo revendiquant avec un large sourire, d’avoir tué deux «porcs», allusion aux soldats libanais. Le procureur du tribunal militaire a requis contre lui la peine capitale.
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