Trésors humains vivants, manifestez-vous !
Les artisans, les artistes, les conteurs, les musiciens, tous les détenteurs du patrimoine culturel et traditionnel marocain sont concernés par ce projet de loi. Médias 24 fait le point sur cette disposition innovante avec le ministère de Culture.
Il ne reste qu’une dizaine de jours aux internautes pour poster leurs remarques relatives au projet de loi portant sur le système des trésors humains vivants. Le projet de législation est actuellement en ligne sur le site internet du Secrétariat général du gouvernement.
« Ce projet de loi s’inscrit dans une perspective de politique maghrébine sur la base de cinq études réalisées par l’Unesco. Il est le résultat de travaux d’une multitude d’intervenants, aussi bien marocains, maghrébins, qu’onusiens. Il vise à instaurer un mécanisme ayant trait à la protection des traditions orales, comme la halka », explique Abdelhakim Karman, conseiller des affaires juridique et de la communication auprès du ministre de la Culture.
Qui sont ces « trésors humains vivants » ? La disposition première de ce texte en gestation, énonce : « des personnes reconnues pour leur possession, à un très haut niveau, de connaissances et de savoirs, de compétences et de savoir?faire, relevant du patrimoine culturel immatériel ».
La création d’une Autorité gouvernementale pour la sélection des candidats
Afin de déterminer les profils qui tombent sous le coup de cette législation, le texte prévoit la création d’une commission nationale chargée de sélectionner des candidats au titre de Trésor humain vivant et de veiller à la mise en œuvre du système.
Une Autorité gouvernementale sera mise aussi en place. « Elle regroupera différents départements ministériels. Cette entité est le fruit d’une réflexion approfondie à travers les recommandations des experts », souligne Abdelhakim Karman.
Ainsi, l’Autorité gouvernementale se chargera de la mise en place du système des trésors humains vivants aux niveaux juridique, institutionnel et financier. Elle adoptera des mesures réglementaires nécessaires au bon déroulement du travail des instances de gestion du système. Et enfin, elle installera et gérera les mesures financières pour la promotion des trésors humains vivants. « Dans les prochaines semaines, nous aurons plus de précisions sur le plan du financement. Nous travaillerons sur la base des propositions des experts », explique notre interlocuteur.
Aux acteurs de la culture et des traditions, le législateur compte accorder une « émancipation et une pérennisation de leur savoir-faire », ajoute Abdelhakim Karman. Notre même source ministérielle précise qu’un mécanisme de financement des programmes de formation va être mis en place, afin d’assurer la relève et de soutenir les nouvelles générations.
Le chapitre sur l’apprenti : les conditions
En effet, le texte en question prévoit tout un chapitre sur l’apprenti comprenant 4 dispositions (de 19 à 22). On apprend que l’apprenti est choisi par le trésor vivant après accord de la commission. Sa durée d’apprentissage est de 3 ans au maximum, il est suivi et contrôlé par la commission et l’Autorité gouvernementale. L’article 21 stipule que « l’apprenti bénéficie d’incitations financières correspondant à son engagement en vue de l’acquisition d’un savoir et/ou d’un savoir?faire. Le nombre d’apprentis par trésor humain vivant peut varier d’un domaine à l’autre. Toutefois, les incitations financières ne peuvent bénéficier qu’à un nombre de trois apprentis maximum ». Et enfin, l’apprenti se doit de respecter son plan de formation, sinon il est déchu de ses droits. Des dispositions qui donneront un véritable coup de fouet à la créativité nationale.
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