Libre-échange Maroc-UE : les secteurs qui vont souffrir
Le bureau d’études chargé de la réalisation de l’étude d’impact explique que certaines branches, notamment dans les services, risquent de souffrir du démantèlement des barrières douanières. Les secteurs mobilisant des capitaux importants ou des ressources humaines très qualifiées sont en première ligne.
Médias24 a rencontré aujourd’hui Paul Baker, du cabinet Ecorys, en charge de l’étude d’impact économique, sociale et environnementale réalisée en amont le l’Accord de libre-échange complet et approfondi (Aleca) entre le Maroc et l’Union européenne.
Quel est l’objectif de cet atelier et quelles sont les attentes d’Ecorys vis-à-vis de cet atelier ?
L’objectif de l’atelier est de présenter les résultats de l’étude préliminaire aux représentants de la société civile marocaine et d’engager une discussion sur leurs réactions à ces résultats. Cela permettra d’identifier les thèmes qui ont une importance particulière et qui font l’objet de préoccupations pour la société civile et qui, à ce titre, feront l’objet de travaux plus approfondis dans la seconde phase de l’étude. Ces thèmes pourraient être aussi bien des secteurs économiques particuliers que des dimensions particulières, telle que la dimension sociale ou la dimension environnementale. C’est également l’occasion d’écouter les suggestions de la société civile, parmi lesquelles les organisations professionnelles, pour introduire dans l’analyse d’impact lors de la seconde phase de l’étude des éléments qui auraient pu être oubliés.
Se dégage-t-il déjà un consensus sur les thèmes qui seront approfondis et sur d’éventuels nouveaux éléments à introduire dans l’analyse ?
Non, il est encore trop tôt pour le dire. Les discussions ont été très riches jusqu’à présent, mais il s’est surtout agit pour l’instant pour chaque représentant de la société civile d’exprimer ses propres préoccupations. La suite des travaux permettra sans doute d’obtenir ce consensus.
Quels sont, selon vous les secteurs les plus sensibles pour le Maroc dans le cadre des négociations de l’Aleca ?
Le secteur des biens ne sera pas trop affecté par l’Aleca, dans la mesure où le démantèlement tarifaire a déjà été mis en place lors des accords précédents. L’accord approfondi, ne concerne, pour les biens, que la levée des barrières non tarifaires et la règlementation.
En revanche, le secteur des services cristallise les préoccupations. Mais les effets de l’Aleca ne seront pas les mêmes pour tous les types de services. En effet, pour les services dont la production est intensive en main d’œuvre, tels que les call centers, il ne devrait pas y avoir de difficultés majeures à l’entrée en vigueur de l’Aleca du fait de leur compétitivité par rapport aux fournisseurs européens. Mais les services intensifs en capital et en technologie vont connaître plus de difficultés, car les fournisseurs européens devraient être plus compétitifs. Cet aspect doit être pris en compte lors des négociations de l’accord.
La prochaine étape est la seconde phase de l’étude. Que faut-il en attendre de plus ? Fera-t-elle l’objet d’une présentation plus largement diffusée ?
Effectivement, le rapport final sera délivré d’ici octobre. En plus des analyses plus approfondies sur les thèmes qui auront été choisis à l’issu de cet atelier, l’étude fera également des recommandations en terme de mesures à mettre en œuvre pour atténuer les effets négatifs identifiés de l’entrée en vigueur des Aleca et pour tirer le bénéfice maximal des effets positifs. Ces recommandations auront également pour objectif de guider les négociations en informant les décideurs politiques.
Pour ce qui est de la dissémination des résultats de l’étude, elle sera publiée sur le site internet dédié à l’étude. Je ne peux pas vous dire aujourd’hui si elle fera l’objet d’une présentation plus large.
***
Médias24 continuera à suivre avec vigilance les résultats de ces études d’impact. Mais pour que ces études soient utiles, il faut non seulement que leurs résultats soient pris en compte dans les négociations, mais également qu’ils inspirent les politiques publiques dans les domaines concernées pour préparer les entreprises marocaines à ce regain d’ouverture et faire en sorte qu’elles soient prêtes à conquérir de nouveaux marchés.
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