Balayé par le vent d’est, le port de Tanger est fermé
Le port de Tanger-Ville, dont la principale activité commerciale depuis 24 mois est constitué des liaisons maritimes avec Tarifa, est paralysé depuis lundi soir à cause du fameux vent d’est, le chergui.
Depuis 4 jours le port de Tanger ressemble à un espace mort, sans activité. Là où d’habitude, l’activité consiste en 12 départs et 12 arrivées de car-ferries entre Tanger et Tarifa, en ce moment, c’est zéro départ et zéro arrivée.
Celui signifie qu’au lieu de voir en moyenne 500 véhicules et 5.000 passagers partir en Espagne par le port de Tanger-Ville le trafic est réduit à zéro. «Selon que les billets sont acquis en aller simple ou en aller retout et une fois les commissions et les taxes déduites, analyse un guichetier, la fourchette du manque à gagner va de 1 à 2 millions de DH». Au niveau des arrivées, la situation est identique en plus du fait que le millier de touristes qui arrive de Tarifa chaque jour en moyenne pour des excursions pour la journée devront attendre que le chergui retombe. Ces excursionnistes paient en moyenne 700 DH pour un billet Tarifa-Tanger-Tarifa, une visite guidée de Tanger et un déjeuner dans un restaurant typique de la médina. Si l’on estime qu’en moyenne un touriste va dépenser encore 500 DH en achats d’articles de bazars et de souvenirs, le manque à gagner est important. Les autocaristes, les bazars, les restaurants et les loueurs de promenades à dos de chameau sont les perdants des jours de chergui. Une journée de fermeture du port peut ainsi occasionner un manque à gagner de 1 à 2 millions de DH par jour pour tous ces professionnels.
1.000 visiteurs de moins par jour pendant la haute saison
Sur le port, les petits snacks, épiceries, tabacs et l’unique café du lieu tournent également au ralenti. L’épicier confirme à Médias 24 une évidence : «lorsqu’il n’y a pas de bateau, les gens ne sont pas là et ne viennent pas chez moi». Pour la journée du jeudi 27 juin, il déclare une recette de moins de 100 DH, «des dépenses des gens qui travaillent sur le port, des policiers, des douaniers».
Pour les compagnies maritimes, la situation n’est pas aussi noire qu’on pourrait le penser au premier abord puisque les deux compagnies qui relient Tarifa, FRS et Inter Line, disposent également de navires qui relient Tanger-Med à Algesiras. Mais au départ de Tanger-Med, la concurrence est plus importante avec 6 compagnies maritimes actives.
Au comptoir de FRS, on fait toutefois grise mine. Entre le chergui qui paralyse le port et la concurrence entre les deux compagnies «avec des prix qui ont parfois atteint 500 à 600 DH pour un aller simple pour une voiture et 4 passagers», un commercial craint que l’exploitation de la ligne ne se transforme en gouffre financier pour la société.
Seule consolation, nous apprend un professionnel du transport maritime, « lorsque le vent empêche les bateaux de prendre la mer, tant le port de Tarifa que celui de Tanger ne font pas payer les frais d’amarrage à quai».
Selon le site www.freemeteo.com, le vent d’Est qui souffle à plus 50 km/h avec des pointes à 75 km/h sur la zone de Tanger depuis le 24 juin est parti pour durer jusqu’au samedi 29 juin, avec une pointe à 45 km/h à la mi-journée. Pour le plus grand plaisir des surfeurs cette fois-ci.
À découvrir
à lire aussi
Article : ASMEX. Comment la succession de Sentissi a basculé dans une crise de gouvernance
Hassan Sentissi préside l'ASMEX depuis 2013. Son troisième mandat expire le 30 juin. Trois vice-présidents du bureau actuel ont déposé leur candidature, le conseil d'administration les a validées. Mais le président sortant a convoqué une assemblée générale extraordinaire pour le 22 juin, la veille du scrutin prévu au 23 juin, afin de modifier les statuts et redéfinir les conditions d'éligibilité. Une bataille de positions et d'arguments est engagée pour le contrôle de l'organisation patronale des exportateurs du Maroc. Récit et documents.
Article : Prévisions météo pour le lundi 08 juin 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 8 juin 2026, établies par la Direction générale de la météorologie : - Temps assez chaud à chaud […]
Article : Forum de Paris: Redouane Arrach expose les limites du modèle marocain des subventions aux intrants
Le soutien aux intrants a permis d’amortir les chocs sur l’agriculture, mais ses effets pervers apparaissent dans le maraîchage. Le ministère plaide pour des réponses plus ciblées afin de protéger la production sans créer de rente.
Article : La BP lance deux cartes digitales pour défendre son terrain face aux fintechs
La Banque Populaire enrichit son offre digitale avec le lancement de deux nouvelles cartes virtuelles, "L’Instant" et "La Virtuelle", accessibles directement via son application Pocket Bank. Explications.
Article : Gaz butane. Après la menace de grève, le gouvernement revalorise une partie des marges de distribution
Le gouvernement a revu à la hausse une partie des marges réglementées de la filière du gaz butane. La mesure intervient quelques semaines après la menace de grève des dépositaires, grossistes et distributeurs. Elle ne modifie pas le prix payé par les ménages mais augmente le coût réglementé de la distribution.
Article : Hiromi Uehara à Jazzablanca: enfin du jazz au Maroc !
Dans un contexte où le jazz semble de plus en plus relégué au second rang dans la programmation musicale des festivals marocains, la venue à Jazzablanca de Hiromi Uehara constitue une belle surprise pour les puristes du genre. Figure majeure du jazz contemporain, cette pianiste japonaise fait partie du cercle très fermé des sommités mondiales qui se sont produites ces dernières années au Maroc. Une grande première qui mérite d'être soulignée.